I. — Juvence. (Voy. ci-dessus p
Juvence naquit en Espagne, d'une illustre famille et embrassa l'état ecclésiastique sous Constantin. Il fit des essais poétiques sur des sujets de l'Ancien et du Nouveau Testament
* Ouvrage de critique, Berlin, i82b,
69ft PAl'ROLOGIE.
dans un temps où ces sortes de travaux, de même que l'art plastique, étaient en défaveur dans l'Eglise, ce qui faisait dire à saint Jérôme « qu'il ne craignit point de faire passer sous les lois du mètre la majesté de l'Evangile. » Il ne reste que deux de ses poésies :
Liber in Getiesim, où Juvence conserve la division des 50 chapitres, qu'il traduit en 1414 vers hexamètres d'un tour souvent heureux. Il débute ainsi :
Principio Dominus cœlum terranique locavit; Namque oral informis lluctusque abscondita tellus, ïmmensusque Deus super œquora vasta meabat, Duni chaos et uigvse fuscabant cuucta tenebrœ. Has dum sidereo disjunxit cardine fatur : Lux fiat, et Iseto nituerunt omnia mundo ; Cumque Deus primi complesset facta diei Condidit albeutem nebulis nascentibus axem, Accipit immensus errantia littora pontus Multipliées rapiens validis cum tractibus amiies.
L'Histoire évangélique en quatre livres, beaucoup moins importante, peut être considérée comme la première épopée chrétienne. Ici, comme pour la fienèse, Juvence suit exactement le texte des Evangiles selon l'ordre clu^onologique, et s'applique à présenter sous une forme digne de la sublimité du sujet les vérités qu'ils renferment. La beauté poétique éclate dès le début :
lininoi'tale niliil iiiuudi compage tenetur;
i\on oi'bis, non régna hominum, uun aurca Roma
Non mare, non tellus, non ignea sidéra cœli.
Nam statuit genitor rerum irrevocabile tempus
Uuo cunctum torrens rapiet flamma ultima niundum.
Nam milii carmen erunt Christi vitalia gesta
Divinum populis falsi sine crimine donum.
Il est sm"tout intéressant de voir comment il caractérise les sources où il a puisé, les quatre Evangiles :
Virtutum instituit Matthœus tramite mores Et bene vivendi justo dédit ordine leges, Infremuit ore pio Mardis simiiisque leoni hisonat œternae pandens mysteria vitse.
Lucas uberius describit pi'œlia Christi, Jure sacer vitulus, quia juxta mœnia fertur.