LES POÈTES LATINS. — JCVENCUS
tion : « Quand on recherche la cause du singulier effet produit par ces vieux chants chrétiens, on éprouve une étrange surprise : ce n'est rien moins que la nouveauté des pensées qui ici nous émeut, et là nous ébranle puissamment. Ces hymnes sont généralement sobres dépensées; plusieurs ne sont que le récit solennel d'une histoire connue, des prières et des supplications ordinaires. Elles roulent presque toutes sur le même sujet. Ce qui envahit notre âme, ce sont rarement des sensations délicates et nouvelles , ces hymnes ne visant ni à la délicatesse, ni à la nouveauté. Qu'est-ce donc qui nous ébranle? La simplicité et la vérité. Nous y entendons la langue d'une même confession, d'un même cœur et d'une même foi. La plupart sont disposées de telle façon qu'on peut les chanter tous les jours, ou bien elles se rattachent aux fêtes de l'année. Quand ces fêtes reviennent, la confession chrétienne revient aussi par un reflux éternel. » Ecoutons maintenant ce que dit Guillaume de Schleger de ces « hymnes populaires et accessibles à toutes les intelligences : Les anciennes hymnes d'Eglise, surtout chez les catholiques, où l'allégorie et la mystique sont de la dernière hardiesse, étaient et sont encore éminemment populaires, tandis que les nouvelles qu'on leur a substituées, sont sans images et sans élan ; ces hymnes, qu'on dit rationnelles et claires comme de l'eau, ne sont ni claires ni rationnelles. Et pourquoi? Parce qu'il n'y a rien dans lem' dégoûtante uniformité qui éveille l'attention, rien qui frappe soudainement l'esprit, ni rien qui le transporte au milieu de ce qu'il ne pourrait apprendre par l'enseignement journalier '. »
§ 97. I*oèt«s latins les pins importants.
Voy. Bsehr, Die christlichen Dichter and Geschichtschreiber Rorns, 2' éd., (larls., dS62, et Ebert, Geschichte der lateinisch-christlïchen Literatur; Kayser, Zur Geschichte und Erklœrung der Kirchenhymnen, etc.