‹ Paul Bert au TonkinChapitre 30 sur 46 · VI. Pakhoï · texte numérisé non relu

VI. Pakhoï

De Pakhoï, sur le golfe du Tonkin, on rejoint la rivière de- Canton, aux environs de Suin Tchéou en 10 jours.

a) (par eau) de Pakhoi à Oulin,4 jours . 10 jours.

b) (par terre) de Oulin à la rivière du Canton 6 jours.

Hanoï, le 29 juillet 1886.

Monsieur le Directeur du Petit Journal,

Je ne crois pas vous être désagréable en vous donnant une nouvelle preuve de l’influence de votre large publicité.

Dans votre numéro du 4 juin, où vous reproduisiez une partie de la réponse de M. Paul Bert aux délégués du commerce d’Hanoï, vous publiiez également une lettre, datée de Hué, le 20 avril 1886, dont l’effet sur vos lecteurs a été immédiat.

Votre correspondant déplorait que le commerce fût ici aux mains des étrangers, surtout des Chinois. Sa lettre était publiée par le Petit Journal, le 3 juin. Dans les jours suivants, partait pour le Tonkin à l’adresse du Résilient général une avalanche de lettres lui demandant sur la possibilité de fonder ici des établissements commerciaux les renseignements les plus circonstanciés : ces lettres visaient toutes votre article.

Ceux qui veulent ainsi venir sont des gens ou bien

PIÈCES JUSTIFICATIVES 367

sans capitaux ou possédant un modeste avoir qu'ils espèrent au moins décupler.. Le plus riche d'eux tous a 20 mille francs. Il est bien sûr que 20,000 francs sont une somme, et qu'ils ont coûté cher surtout à économiser. Mais ce n’est peut-être pas ici une somme suffisante pour aller loin ni haut, et je vous demande le secours de votre publicité pour renseigner d’une façon très exacte les gens d’initiative, de courage, qui viennent ici conquérir pour notre pays l’influence à laquelle il a légitimement droit.

Ils s’imaginent trouver au Tonkin le pendant de l’Algérie. Rien n’est plus inexact. Le Tonkin est un pays très peuplé, et peuplé de gens extrêmement travailleurs et industrieux. Ceux qui arrivent avec de gros capitaux et qui utilisent à leur profit l’intelligence et l’habileté de ces travailleurs, annamites et chinois, ceux-là ont en 'main un puissant instrument de fortune. Ceux qui veulent au contraire entrer en concurrence avec les Annamites comme travailleurs, avec les Chinois comme commerçants au détail, ceux-là s’engagent dans une lutte où ils sont à peu près sûrs d’être battus. Ils n’ont ni la santé, ni les besoins minimes, ni la patience des uns, ni le génie commercial et la modération dans le gain des autres.

Il n’y a que deux sortes de Français qui peuvent réussir ici. 1° les gros capitalistes, à la condition qu’ils ne veuillent pas faire trop produire à leurs capitaux, car on ne travaillera plus ici, comme en d’autres pays d’Asie, à 36 O/o de bénéfice par an : 2° les artisans, exerçant des professions encore mal connues des Asiatiques : mécaniciens, fondeurs, contre-maîtres de certaines industries. Mais pour ceux-là, l’heure n’est même pas encore venue.

Dites donc bien à vos lecteurs que le commerce français doit être représenté ici, comme l'est en Orient le commerce étranger, par lesgrosses et puissantes maisons ; et que ce sont celles-ci qui, après avoir déblayé la voie, appelleront à elles, à titre d’employés, de contre-maîtres, de directeurs de succursales etc. tous ceux qui aujourd’hui de-

mandent à venir pour fonder des maisons à leur propre compte

ARRÊTÉ RELA.TJF A L’OUVERTURE d’üNE EXPOSITION GÉNÉRALE A HANOÏ LE 15 JANVIER 1837.

Le Résident général de la République française en An nam et au Tonkin, membre de l’Institut.

Considérant qu’il y a un intérêt à la fois industriel, commercial et politique, à ce que les produits naturels et ouvrés de lTndo-Cbine française et les produits d’origine française utilisables au Tonkin, soient rassemblés le plus tôt possible et dans le plus grand nombre possible sous les yeux des populations annamites et des colons français ;

Arrête :

Article premier. — Une Exposition des produits :

1° Du Tonkin de l’Annam et de la Cochinchine ;

2° De la France ;

3e Des colonies françaises et des pays soumis au Protectorat delà France, s’ouvrira à Hanoï le 15 janvier 1887.

La durée de l’Exposition sera, au moins, de un mois pour les produits non vivants et de huit jours pour les animaux.

Art. 2. — Un Jury spécial sera chargé de statuer sur les récompenses à distribuer.

La distribution des récompenses aura lieu le lendemain de la fermeture.

Art. 3. — Les demandes d’admission devront être adressées :

Pour la France : au Ministère des affaires étrangères, avant le 15 octobre ;

Pour les colonies et pays soumis au Protectorat, au siège du gouverneur, avant le 1er novembre;

Pour le Tonkin et l’An nam, au Résident supérieur à Hanoï, le 15 novembre.

Art. 4. — La demande de l’exposant devra comprendre ses nom, prénoms et profession, son domicile et le siège de son établissement, l’espèce des articles à exposer, leur nombre, leur cube approximatif d’encombrement et leur poids.

Art. 5. — Les objets exposés seront transportés gratuitement des ports d’embarquement jusqu’à Hanoï.

Art. G. — Les exposants n’auront rien à payer pour la place qu’ils occuperont.

Art. 7. — Tous les soins seront pris par l’Administration pour préserver les objets exposés. Mais elle n'est pas responsable des détériorations et pertes occasionnées par les transports, le vol et l’incendie.

Art. 8. — Les exposants sont autorisés à vendre, mais non à enlever leurs produits, avant la clôture définitive de l’Exposition.

Hanoï, le 10 septembre 1886.

Hanoï, le 12 août 1886.

Le Journal des Débats a publié, à la date du 25 juin, relativement à une adjudication pour un service de correspondances fluviales, qui devait avoir lieu le 20 juillet dernier, une note blâmant le choix île cette date comme prématurée, puisqu’elle empêchait les industriels français de prendre part à l’adjudication et, accusant l’administration ou de routine ou d’insouciance coupable à l’égard des intérêts français.

L’administration du Protectorat ne peut accepter en cette circonstance ni l’un ni l’autre reproche, pour les raisons suivantes :

Les intérêts français sont représentés au Tonkin par

des maisons considérables, à même de 'satisfaire, snr tous les points, au programme tracé par le cahier des charges de r adjudication. Ces maisons sont notamment les suivantes : Roques, Ulysse Pila, Claparède, Denis

frères de Bordeaux, les Messageries maritimes, les Chantiers de la Loire, la Banque maritime, la Banque de l’Indo-Chine.

Les intérêts du Protectorat exigeaient que cette adjudication eût lieu à très courte échéance. C’est, en effet, l’administration qui fait encore actuellement, à ses frais, le service de la poste, du transport des voyageurs, des troupes, du matériel, etc. Le tarif et la subvention payés à l’industrie privée pour faire le même service devaient amener une grosse réduction sur les dépenses.

Enfin, il avait paru équitable, au moins pour cette première adjudication, d’offrir des avantages aux maisons françaises qui avaient eu confiance dès le premier jour dans le Tonkin et y avaient fondé de grands établissements. Il convient d'ajouter que pouvaient seulement intervenir sérieusement dans cette adjudication les maisons ayant déjà au Tonkin des intérêts et un établissement ; car l’adjudicataire est chargé de faire face immédiatement à un service provisoire. Il aurait été à craindre, en attendant trop longtemps, que des spéculateurs sans consistance l’emportassent à l’adjudication, au grand détriment du Protectorat, qui, dix mois après, n’aurait pas eu son service prêt, ou des actionnaires, dont la déconvenue aurait singulièrement nui à la réputation du Tonkin, réputation qu’il faut ménager ou, pour mieux dire, refaire.

Décision créant un comité permanent agricole,

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