TRÉSOR D’ANN AM
Valeur . — La commission d’inventaire, dans son procès-verbal du 10 septembre 1885 a reconnu :
1,312 k. 610 barres d’or.
35,780 piastres en trade-dollars.
50,102 k. 949 d’argent en barres, taëls ou derhi-taëls, réduits à 50,004 k.402 par suite du vol d'une caisse d’argent commis dans la nuit du 7 avril.
D’après les calculs établis à la direction du mouvement général des fonds, le produit d’un kilog. d’argent pur, converti en piastres au taux de 4 ir. 20, déduction faite des frais de fabrication, étant de 169 f. 78 ; le stock d’argent représenterait :
Pour l’argent en barres 8,499,934 f. 17
Pour les piastres 150,276
Ensemble 8,650,2 lOf. 17
Quant à l’or, il n’est pas possible, faute de renseignements précis sur les cours, d’en estimer exactement la valeur. En l’évaluant, par rapport à l’argent, sur la base du rapport légal de 1 à 15 1/2, on peut affirmer que les 1,312 k. 61 d’or rendraient au moins 3,454,251 fr. 35. Ainsi le Trésor conservé à la citadelle de Hué représente sensiblement une valeur de 12,104,461 fr. 52.
Affectation. — Ce Trésor appartient au roi, et je ne vois pas de raison pour ne pas le lui restituer, lui en donner la garde et la responsabilité, et pour continuer ce système misérable qui contraint le roi à tendre la
main tous les mois pour recevoir une parcelle de son Trésor.
Mais ici encore les choses ne vont pas tout simplement. D’abord, le roi est débiteur vis à vis de nous des sommes dépensées jusqu’à ce jour pour l’armée annamite. Il a pris, de plus, personnellement auprès de moi l’engagement de continuer à entretenir, pendant deux ans au moins, les bataillons de chasseurs annamites, et de faire faire, à ses frais, certains travaux d’utilité publique considérables, comme la route de Hué à Tourane et l’achèvement de la grande ligne télégraphique longeant la mer.
J’estime que ces divers engagements exigeront une somme qui correspond sensiblement à la moitié de la valeur du Trésor, valeur sur laquelle les estimations varient d’ailleurs d’une façon assez singulière. Il convient de meitre à part la moitié de ce Trésor, qui continuera à constituer notre gage, et avec lequel nous accomplirons la tâche qui nous incombe.
Cette moitié du trésor sera immédiatement envoyée en France, et une valeur correspondante en piastres reviendra dans l’Annam. Ces piastres devront être frappées en portant sur une face soit l’effigie, soit plutôt le chiffre du roi, et sur l’autre un dragon ou quelque emblème analogue.
Vous ne manquerez pas de représenter au Comat deux choses : la première, c’est qu’il convient d’établir une sorte de budget et des règles de comptabilité : en second lieu, que ce Trésor est dans des caisses où il court des risques, et qu’il serait préférable de le monnayer lui aussi, au moins en grande partie, et de le déposer dans les caisses publiques françaises où lin intérêt sérieux, de 3 0/o au moins, lui serait servi. Mais je vous engage à beaucoup de précautions sur ce dernier point, de peur d’éveiller certaines défiances du Comat.
PIÈCES JUSTIFICATIVES
AA