A P P EN D I C E
Le Petit Journal. — lü octobre I90U : ... Enfin, pour en finir avec les salles particulières, disons qu’il en est une consacrée à M. Paul Cézanne, et n’ajoutons rien.
La République Française. — /// octobre \9bU (de Bettex) : ... Je laisserai les admirateurs de Cézanne prononcer l’éloge de cette méthode, qui se résume à esquisser par plans des têtes faites pour charmer les jeunes spectateurs du théâtre de Guignol.
Il fallait être Goya pour peindre avec de la boue.
New-York Herald. — octobre 190tj : ... Cézanne a inventé une nature morte : des pommes vernies dans des compotiers mal équilibrés. On affirme qu’il reconstitue Chardin ; en tout cas, il aura imposé à la jeunesse l’emblématique petite poire pas mûre...
La Lanterne. — 15 octobre i9()lt (A. M.) : ... Cézanne, dont le nom, aux temps héroïques du réalisme, servit de prétexte à de si chaudes batailles. Hélas ! je crains bien que cette exposition ne mette fin à la querelle, en démontrant de façon péremptoire que Cézanne n’était qu’un lamentable raté. Peut-être avait-il des idées, mais il était bien incapable de les exprimer. 11 semble avoir ignore même les premiers éléments de son métier.
La Revue Illustrée. — 15 octobre i90U (Ponsonailiie) : ... J’étais en train d’admirer innocemment des pommes aux tons vigoureux lorsqu’un de mes amis très initié me voulut bien montrer que j’avais l’optique d’un clerc de notaire. Ce qui est merveilleux, c’est dans une ou deux esquisses de composition antique le volume géométral des bras, des jambes ; un volume plein d’imagination, m’affirmait l’adepte. M. Cézanne par là continue Phidias. Un portrait d’homme quelconque (que je croyais être celui d'un gazier endimanché) le rattache au Poussin. Pour moi, je veux bien, mais je manque d’éducation de l’œil.
L’Éclair. — 15 octobre 190^: ... J’ai peine à comprendre la salle consacrée aux peintures du peintre Cézanne à côté d’une salle consacrée à des œuvres du maître vénéré Puvis de Chavannes. Mettre sur le même pied, comme attractions, dans une exposition, deux personnalités si différentes l’une de l’autre (je suis poli), cela n’est pas de l’éclectisme, c’est du manque de tact.
L’Évéxement. — 18 octobre 190'i (Le Senne) : ... Cézanne donne l’impression d’un ouvrier puissammenhdoué mais de vision trouble, d’exécution non pas gauche, mais gauchie par quelque infirmité manuelle.
Le Monde Illustré. — *?2 octobre 190^t (Boi-
APPENDICE
sard) : ... Expression d’art telle qu’elle pourrait émaner de quelque artiste malgache...
La Revue Hebdomadaire. — 22 octobre 7904 (Péladan) ; ... lise produit un curieux phénomène. Le peintre oublie les maîtres et, selon son expression, regarde la vie. Le critique, au contraire, s’entoure de chefs-d’œuvre, et a chez lui une Pinacothèque formée d’épreuves de Braun. « Vous fréquentez trop rue Louis-le-Grand », me disait un des exposants en manière de conclusion à une dispute sur M. Cézanne. Qu’est-ce qu’un art qui soulfre tant de l’étude des chefs-d’œuvre et de la connaissance des maîtres ?
Encyclopédie Contemporaine. — 25 octobre 190't (Benedict) : ... M. Cézanne, avec sa peinture heurtée et son dessin problématique, reste un peintre que nous ne saurons jamais comprendre et les enthousiasmes qu’il a suscités dans la nouvelle école demeureront toujours pour nous une énigme.
La Petite Gironde. — Octobre I90h : ... M. Cézanne n’est pas un incompris ; c’est un incomplet. 11 y a plus de trente ans qu’on le connaît : il ne fallut pas trente ans aux méconnus devenus célèbres, à Millet, à Daubigny, à Théodore Rousseau, pour s’imposer et pour vaincre.
Les Débats. — U novembre 190Ù (Sariiadin) : ...Je ne saurais prendre aujourd’hui la défense de Cézanne.
L'impression est vraiment pénible de tous ces portraits maladroitement ébauchés, et qui sont comme le témoignage d’une fatale impuissance. Cette exhibition fait un tort considérable à un homme qui, s’il n’est point certainement un a chef d’école )) comme certains le voudraient, a du moins signé quelques natures mortes et paysages où l’on peut, en dépit de la maladresse d’exécution, apprécier des dons naïfs d’observateur et de coloriste.
La Revue Rleue. — 5 novembre i9()U (Bouter) : ... Ah ! Cézanne î Heureux les pauvres d’esprit, car le ciel de l’art est a eux !
Mais, en vérité, corrompus que nous sommes, pourquoi composer, dessiner et peindre? Pourquoi chercher à savoir quand il est si voluptueux de sentir? Pourquoi parler d’éducation, d’instruction, d’érudition, puisque Part est immédiat, impulsif, aphone et dément comme un sauvage ?
Le Clairon. — J3 novembre 190U (Norval) : ... Paul Cézanne, déconcertant, par de fâcheuses incohérences de dessin et d’indéniables qualités de peinture.
ai‘peni)k:e
L’Univers. — U/ novembre PJO'/ (Le Say) : ... Les œuvres de Paul Cézanne qui y sont rassemblées sont ce qu’on peut rêver de plus abracadabrant ; c’est faux, c’est brutal, c’est fou. Je le dis bien bas, car il est fort dangereux d’émettre une telle opinion en public ; le malheureux en sait quelque chose, qui fut, lors de la visite présidentielle, passé à tabac pour n’avoir pas montré un suffisant enthousiasme devant ce musée des liorreurs!
La Critique. — W novembre 190b (Ai^canter DE Braiim) : ... Dans une autre salle, triomphe Cézanne, ce disciple des Pissarro et des Monet...
La Revue Libre. — Novembre 190b (Horus) : ... Une regrettable erreur du catalogue place le peintre Cézanne avant Puvis, sous un dérisoire prétexte alphabétique.