‹ Paul CézanneChapitre 25 sur 65 · CEZANNE, MALADE DES YEUX · texte numérisé non relu

CEZANNE, MALADE DES YEUX

Enfin, pour compléter ce chapitre, il importe d’accueillir le bruit qui courut en ce temps-la, et qui subsista encore plus tard, selon lequel l’artiste souffrait d’une déformation optique, d’une maladie visuelle, seule explication de ces formes bizarres qui apparaissaient a l’entendement du public comme de formidables inepties. Cette opinion était tres répandue. Huysmans lui-méme I’a recueillie; bien plus, dans son livre Certains, il parle des « rétines malades » de notre peintre. Nous pouvons signaler a ce propos que la méme stupidité, et pour le méme motif, a été lancée contre le Gréco. On lui a attribué un astigmatisme, qui expliquerait, dit-on, l'allongement caractéristique de ses figures. II est inutile d’en dire plus pour se convaincre de l'inanité de semblables opinions. Le simple bon sens suffit pour nous persuader que l’ceil qui déformerait dans un certain sens le modéle que copie la main, déformerait également, et dans le méme sens et dans la méme proportion, la copie

exécutée par cette main; par conséquent, l’aberration serait compensée, et la copie et le modéle apparaitraient, dans ce cas, de la méme maniére a des yeux qui ne seraient pas malades.

Page 1