‹ Paul CézanneChapitre 38 sur 65 · FECONDITE · texte numérisé non relu

FECONDITE

En 1890 apparait une des ceuvres capitales de Cézanne, Le jeune homme a la téte de mort. Avec un air d’étudiant et de philosophe, un jeune homme imberbe, penché sur une table qui contient ses livres et ses jeux montre un regard absent dans une figure bien construite ; il contemple en face un crane qui ressort, avec sa nudité, sur le fond somptueux d’un tapis persan. De cette époque date aussi un des portraits les plus connus du peintre, dans lequel il apparait, la téte entourée d’un linge blanc, mis comme un bonnet de nuit. A ce moment de sa vie, son crane s'est dénudé et seul, émerge, désordonné et mal soigné, le poil noir des tempes. La barbe blanchit aux extrémités, le nez avance fortement et réunit au sommet la courbe des sourcils, entre deux yeux qui regardent de cété, avec méfiance, audessus d’une bouche absente, cachée dans l’opulence de la moustache. Les épaules sont larges et votitées.

C'est d’un peu plus tard que datent les deux tableaux de Joueurs que tout le monde a fini par connaitre; celui du Fumeur est de 1896, avec sa double réplique; cette année-la, parait La Femme au chapelet, exemple de l'influence de Daumier.

Mais, ce qui est surtout a retenir de ces années, c’est la grande quantité d’étranges natures mortes qui, précisément par le caractére particulier du sujet, font le mieux ressortir les qualités du peintre et rendre ses défauts moins visibles. En 1906, lors de l’exposition du Salon d’Automne, Cézanne était considéré surtout comme un auteur de natures mortes.

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