LA FIN
Nous arrivons a la fin de cette vie héroique : Cézanne travaille toujours. Il sort presque quotidiennement pour peindre ses paysages d’aprés nature. En octobre 1906, il est assez malade; une pluie d’automne le surprend a la campagne, au labeur; pendant deux heures il l’a supportée; mais peu apres, en revenant a la maison, il s‘évanouit. Pourtant, le jour suivant, il va peindre de nouveau; il descend au jardin pour continuer une étude de paysan qu'il a en train; au milieu de la séance une syncope le prend; il ne s’en releve plus; il meurt quelques jours apres, le 22 octobre 1906. Il laissait sur son chevalet une version, toujours incomplete, des Baigneuses, auxquelles il n'avait jamais cessé de penser et qu'il essayait depuis la premiére année de son séjour a Paris.
| Si on examine ce tableau, dans la version de 1905, on y remarque un effort tres pénible. La couleur, pour sa part, s'est assombrie, rendant plus profonde la maniére de celui qui, dans ses premiers temps pouvait nous faire penser a Véronese; ily a maintenant dans ces tableaux quelques ombres mystérieuses, a la Rembrandt.
CEZANNE DANS SON GQ2UVRE
Par l’effet de ses conditions particulieres de production, de publication et de vente, l’ceuvre de Cézanne devait rester d’un acces fort difficile. Ce n’est que depuis peu qu'elle nous a été révélée a peu prés complétement. Celui que le roman et la légende nous représentaient comme presque stérile a été, chose qui paraissait la moins croyable jusqu’au moment ou il fallut se rendre a l’évidence, un artiste
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fécond. Les inventaires actuels de sa production ne comprennent guére moins de cing cents tableaux. Ce chiffre ne fait qu’augmenter dans ces derniers temps, apres les recherches les plus récentes. Et nous ne comptons pas les dessins, les aquarelles et pas mal d’esquisses. Cing cents tableaux en cinquante ans de vie, quelle révélation d'un labeur formidable!