CHOIX D'UNE CARRIÈRE
opposition très ferme dans la volonté de son père, qui ne parait pas avoir eu pour les fonctions que remplit le critique toute la considération qu'elles méritent.
A celte époque, il faut le reconnaître, la partie littéraire des journaux n'avait pas l'importance et la diversité que lui ont données, depuis, des écrivains de la valeur de Sainte-Beuve, de Théophile Gautier, de M. Renan et de M. Taine. Jules Janin, aux Débats, était le prince fort brillant de critiques, aujourd'hui fort oubliés, qui, n'ont jamais eu une bien grande situation dans les lettres.
Le comte de Saint-Victor dut pourtant céder à la volonté obstinée de son fds, qui était encore à Saint- Point, mais que les événements politiques allaient ramener à Paris. En effet, le département du Loiret ayant perdu, le 20 mai 1849, au lendemain de l'élection, un de ses huit représentants à l'Assemblée législative, M. Ro^er, une élection partielle dut être faite. Louis de Cormenin, arrivé le neuvième sur la liste précédente, avec 15000 voix, et qui avait toutes les chances pour être nommé, ne voulut pas se trouver en compétition avec Lamartine et il se désista spontanément. Lamartine fut élu, revint à Paris pour prendre séance, le 28 mai 1849, et Paul de Saint-Victor rentra avec lui.
I. Débuts dans le journalisme. — Liaison avec M. Barbey d'Aurevilly. — Maurice de Guérin. — III. Rentrée de Lamartine dans la vie publique; il devient directeur politique du Pays. — Arthur de la Guéronnière. — l'aul de Saint-Victor chargé, au Pays, de la critique littéraire et dramatique.
Ici commence pour Paul de Saint-Victor l'initiation, parfois si dure, à la vie littéraire. Il fallait qu'il trouvât immédiatement des ressources
dans son travail, car il n'avait pas de fortune. Les débuts delà carrière dans laquelle il entrait vaillamment sont toujours difficiles; ils l'ont été surtout à la suite de la Révolution de [SiS, qui avait porté