REPRISE DE LA SÉANCE
M. Lamaeche : Monsieur l'Orateur, au moment où la Chambre suspendait sa séance à six heures, je cherchais à démontrer que nulle tentative d'abolir la langue française, petit à petit ou autrement, ne se pouvait justifier par le motif que la langue elle-même est inacceptable; que, de plus, son abolition ne pouvait être sollicitée par le motif qu'elle est un obstacle à la politique de ce pays et que Ton ne pouvait non plus invoquer cette politique pour chercher à rendre plus parfait notre système d'enseiment.
L'assimilation est-elle, dans quelque pays du monde et dans celui-ci en particulier, favorable à la bonne entente ? Le droit international n'a pas été codifié, mais ses règles se trouvent dans différents auteurs, dans les comptes rendus de diverses conférences, dans les réunions des grands hommes de différents pays qui de fois à autre se groupent autour d'une même table pour discuter sans prévention les causes des difficultés internationales et les moyens de les prévenir. Le dernier mouvement dans ce sens s'est fait à la Haye, et il a été inauguré non avant, mais depuis la guerre.
J'ai reçu, en ma qualité de secrétaire de la section canadienne de l'Union interparlementaire, plusieurs
documents de grande importance. Le dernier que j ai reçu est intitulé :
Paix Durable Commentaires officiels sur le minimum dis concessions.
Je crois que certaines explications sont nécessaires pour indiquer à cette Chambre quel est l'objet de cette association. Depuis le commencement de la guerre, plusieurs articles sur la paix ont paru dans les journaux, et dans les parlements des nations belligérantes et des nations neutres des discours sur la paix ont été prononcés. Nous avons aussi lu les rapports de discussions portant sur ce que devra être le traité de paix. Les membres de cette association se recrutent parmi les représentants de la plupart des nations civilisées de l'univers. Je vais vous dire quelles nationalités sont représentées, officiellement ou autrement, dans le conseil international de cette association. Ce sont les États-Unis d'Amérique, l'Allemagne, la Russie, l'Autriche, la Belgique, le Brésil, le Canada, le Danemark, l'Espagne, la France, la Grande- Bretagne, la Grèce, le Guatemala, Haïti, la Hongrie, l'Italie, le Mexique, la Norvège, les Pays-Bas, le Portugal, la Roumanie, la Suède, la Suisse, la Turquie, l'Uruguay et le Venezuela. Il me faut traduire, parce que ce document est écrit en français, dans la langue diplomatique internationale. Les délégués se sont réunis et ont élaboré ce que l'on nomme le « Programme Minimum » contenant cinq différentes propositions. L'avis qu'ils émettent, c'est que si le traité qui sera signé à la fin de la guerre doit établir une paix durable et non une paix temporaire, et quelles qu'en soient les différentes clauses, au moins
ces cinq conditions devront y être incorporées. Quel est le premier article? Je traduis :
^ « Les États garantissent aux nationalités comprises dans les limites de leurs territoires, l'égalité civile, la liberté religieuse et le libre usage de leur langue. »
Et le libre usage de leur langue. Dans l'esprit de ces grands hommes, dans l'esprit de ces patriotes sans préjugés venus de différents pays, le libre usage de leur langue devra être une source de paix, d'harmonie et de bonheur parmi les nations et les nationalités diverses composant ces nations. Ils croient aussi que l'absence de ces garanties, ou l'inobservation de ces garanties serait une source d'ennuis, de discorde et de guerre.
Devons-nous, ici, en ce pays, nous montrer sourds à ces appels ? J'ai été heureux cet après-midi d'entendre un des orateurs qui m'ont précédé citer certains extraits montrant que l'Angleterre et la France avaient fait des propositions pour l'adoption de l'anglais et du français dans les deux pays le plus tôt possible. Cette idée est tout simplement en harmonie avec les vues de cette conférence qui représente toutes les nationalités et tous les pays civilisés. Si cela est vrai de toute minorité nationale en quelque pays que ce soit, je crois qu'ici au Canada nous aurions amplement raison d'adopter ce principe de loi internationale, qui est appliqué depuis quelques années.
Nous avons encore d'autres raisons, car ici au Canada, non seulement cela serait dans l'intérêt de la paix et de l'harmonie, non seulement cela serait de nature à prévenir la discorde et les dissentiments, mais ce serait la meilleure manière pour la majorité anglaise de montrer que, non seulement elle gouverne le pays, mais qu'elle sait apprécier la valeur des éléments ethniques qui
le constituent. Par là même, la majorité anglaise se trouverait aussi bien mieux en harmonie avec toutes les majorités anglaises de tout l'empire britannique.
Après avoir prêté l'oreille à ces arguments, présentés à cette Chambre avec modération et soumis à l'opinion publique de ce pays, je crois que la province d'Ontario devrait hésiter avant de persister à vouloir faire exception dans l'empire britannique; je crois qu'elle se rangera volontiers du côté de ce principe de loi internationale, de droit naturel et d'équité britannique, et qu'elle fera sa part pour maintenir l'harmonie en ce pays, ainsi que nous avons toujours fait dans la province de Québec.
Si j'ai touché à tous ces sujets, si j'ai soumis toutes ces raisons, je ne désire pas que personne puisse croire que nous, Canadiens français, sommes d'avis que ce règlement 17 est le coup fatal porté à notre langue en ce pays, que notre langue va disparaître ainsi que notre existence nationale. Je suis convaincu que la langue française ne disparaîtra jamais de ce pays. Pourquoi cela? Si nombreuses que soient les lois promulguées par les législatures provinciales, et si nombreux que soient les règlements édictés, je prétends que vous ne pouvez pas faire d'un Français un Anglais par le moyen de lois quelconques.
Je prétends que vous ne pouvez pas étouffer toute une race par des lois et que vous ne pouvez pas bâillonner les générations de l'avenir en édictant des règlements sur l'éducation. Et pourquoi cela? Tout simplement parce que la nature est plus forte que la volonté de l'homme. Il s'agit ici d'une loi naturelle. Nous suivons la loi de la nature, même quand nous n'y pensons pas; même ce travail s'accomplit, sans que nous y mettions le moindre effort.
Ayant lu notre histoire et appris qu'à la conquête il n'y avait dans ce pays que 60,000 citoyens de langue française, et se rappelant les nombreux efforts tentés pour faire disparaître la langue française de nos lois et de nos habitudes, qui peut dire avec quelque semblant de bon sens, maintenant que nous sommes un peuple de deux millions et demi, qu'un règlement mettrait en danger notre existence nationale?
Monsieur l'Orateur, personne ne croit cela. Mais ce règlement rend moins heureuse l'existence de nombre de citoyens ayant le culte de la loi en ce pays, et lorsque vous brisez le bonheur d'une partie de la population vous brisez celui de la nation toute entière, et vous blessez le patriotisme. Je crois que plus on met d'obstacles à l'expansion d'une nation ou à la conservation de son identité, plus on en assure la perpétuation. C'est ce que prouve l'histoire de la plupart des nations où a surgi cette question. En voulez-vous un exemple? Il y a des siècles, des descendants de la même souche, des hommes d'origine française, vinrent dans le Nouveau- Monde. Un groupe s'en alla vers ce qu'on appelle aujourd'hui le Canada; l'autre vers ce qui s'appelle aujourd'hui la Nouvelle-Orléans. Ces deux groupes furent entourés plus tard par une population anglosaxonne et tous deux eurent à faire face aux mêmes dangers d'assimilation. Et quel a été le résultat? A la Nouvelle-Orléans la langue et la nationalité françaises des premiers colons français ont virtuellement disparu.
D'un autre côté, en ce pays, la langue française et le caractère français des premiers colons sont plus forts et plus robustes qu'ils ne l'étaient à l'époque de la fondation de ce pays. Quelle en est la raison? C'est que les colons de la Nouvelle-Orléans n'eurent aucun obstacle
à surmonter, et que notre vie nationale a trouvé la nourriture qui lui a donné sa robustesse et sa force. Depuis Tépoque de la conquête, la langue française ne s'est conservée que parce que ceux qui la possédaient et l'aimaient ont combattu de toutes leurs forces pour la conserver intacte chez eux et chez leurs enfants.
Quelques-uns de nos amis de l'Ontario disent que l'anglais devrait être connu de tout le monde au pays et je partage entièrement cette opinion. Laissez-moi en quelques mots exposer notre attitude à l'égard des langues anglaise et française. Nous considérons une éducation française comme un devoir, et l'acquisition de la langue anglaise comme une nécessité. Nous ne nous déroberons pas à ce devoir; nous resterons français. Mais nous comprenons la nécessité de la connaissance de l'anglais dans toutes les carrières de la vie L'ignorance de cette langue serait un sérieux obstacle dans la course vers le succès matériel de la vie non seulement en ce pays, mais sur tout le continent d'Amérique. Nous voulons que chacun de nos enfants connaisse autant que possible la belle langue anglaise. Mais nous voulons aussi que le pays en général sache qu'à n'importe quel prix nous apprendrons et continuerons d'apprendre la langue héritée de nos pères et mères. Un orateur a dit hier : « En matière d'éducation, ne touchez pas à Ontario; ne touchez pas au Manitoba ! » Cela est juste. Mais la législature devrait aussi conserver sans entraves les droits des sujets d'un pays britannique, quelle que soit leur origine Nous qui parlons la langue française et la considérons comme un trésor, de l'Atlantique au Pacifique, disons à tous que la possession de cette langue n'est pas limitée par des frontières matérielles ou
légales. Nous qui sommes Canadiens français disons aussi : Ne touchez pas à la langue française.
On a souvent dit que cette question avait été soulevée dans un but politique. Je n'ai pas mission ici de me faire l'interprète d'autrui; je parle en mon seul nom. Je considérerais comme un crime de mêler à de mesquines questions politiques une cause qui pour tout Canadien français est sacrée. D'après le ton élevé des discours prononcés hier et aujourd'hui, je ne crois pas que quelqu'un dans cette Chambre ait eu l'idée d'exploiter cette question dans un but politique. Personnellement, j'ai été pris à partie par certains journaux que je respecte dans la province d'Ontario, et dont la principale qualité paraît être la grande imagination de leurs éditeurs. Ils ont dit que j'avais une résolution toute prête à présenter à la Chambre et que j'avais fait cela, parce que le chef de l'opposition avait été forcé par un groupe de ses partisans de s'abstenir d'en proposer une, et que j'allais parler comme l'agent du chef de l'opposition et comme l'agent du parti libéral. Laissez-moi vous dire, monsieur l'Orateur, que je ne suis pas plus l'agent du parti libéral que je ne suis une des pièces de la machine tory. Je suis indépendant dans cette Chambre, parce que telles sont mes convictions et que tel était mon programme, lorsque j'ai brigué les suffrages de mes électeurs. J'ai été élu député sous la condition que je jugerais chaque question d'après sa valeur et que je voterais en faveur de toute motion, bill ou mesure présentés par le parti libéral s'ils étaient bons et contre toute motion, bill ou mesure présentés par le parti conservateur, si je les considérais mauvais. La petite place que j'occupe dans cette Chambre à titre de représentant du comté de Nicolet m'appartient. Mon vote aussi m'appartient et je me
servirai des deux comme il me plaira, sans consulter qui que ce soit. Mes juges seront mes commettants, mes compatriotes et le peuple canadien.
J'ai confiance en leur équité, quelle que soit l'interprétation qu'on donne ce soir de mes paroles dans cette assemblée. Mais si, d'un côté, je suis indépendant, de l'autre côté, quand je défends ou combats une motion, une mesure ou un projet de loi que l'un ou l'autre parti présente à la Chambre, je ne crains pas de tendre une main loyale à l'homme public qui a le courage de se lever pour prendre la défense de sa race et de sa langue, comme je la retire dès que je m'aperçois qu'on est disposé à trahir sa nationalité et la langue de ses pères. Voilà mon attitude, voilà ma politique.
En terminant, je me permettrai en toute franchise et sincérité de m'adresser d'abord à mes compatriotes des deux partis politiques pour les inviter à prouver par leurs votes, sinon par leurs discours, leur sympathie pour ceux de leur race qui souffrent. Ces jours derniers, je recevais une lettre, qu'on ne saurait lire sans une vive émotion, d'un de nos collègues que la maladie malheureusement empêche de se rendre ici, l'honorable député de Joliette (M. Guilbault). Notre pauvre ami ne peut plus se servir de ses membres, mais son grand cœur est assez fort pour traîner son corps impotent jusque dans cette enceinte pour y voter en faveur de la proposition de mon honorable ami de Kamouraska. Il me prie dans sa lettre de prendre les mesures nécessaires pour le faire transporter au milieu de nous, même au péril de sa vie. Je me suis rendu à son chevet à l'hôpital pour le dissuader de son projet, mais il a fallu lui promettre de me faire son interprète auprès de la députation pour dire
qu'il est de tout cœur en faveur de cette proposition qu'il aurait voulu par son vote aider à faire adopter.
Si je signale la chose, monsieur l'Orateur, c'est que je veux proposer cet exemple aux autres de mes compatriotes de la Chambre, surtout à ceux qui se sentent faiblir.
C'est un exemple à imiter. Quand un homme dont les forces trahissent la volonté a le courage de demander de se faire transporter ici pour voter pour la motion, ceux qui sont robustes ne sauraient faire moins.
Depuis hier, la rumeur circule que la grande objection qu'ont les adhérents du ministère à voter en faveur de la proposition vient de la manière dont elle a été présentée. Parce qu'elle prend la forme d'un amendement à la motion de former la Chambre en comité des subsides, on craint d'y voir une proposition de blâme contre le Gouvernement. Quant à moi, même s'il en était ainsi, je préférerais voter contre tous les gouvernements plutôt que contre la langue française. Mais l'objection n'est pas valable, et ceux qui s'y intéressent trouveront les autorités citées dans les Débats du 13 mars 1900, page 1824, et les Débats du 21 mars 1893, à la page 2401.
Je tiens aussi à faire appel à tous les généreux députés de langue anglaise, conservateurs et libéraux, de toutes les provinces du Canada, les invitant à faire preuve d'un esprit large à l'égard de la minorité française en donnant leur appui à cette motion. Je m'adresse surtout aux députés de langue anglaise qui doivent leur élection à une majorité canadienne-française.
Dans quelques mois, nous célébrerons le cinquantième anniversaire de la Confédération. L'incendie a détruit l'édifice qu'on avait construit pour y ins-
taller les représentants de la nation; n'agissons pas de façon à ce que le pays ait à déplorer en même temps, en face de l'univers, la destruction des principes que posèrent les pères de la Confédération.
(Débats des Communes, édition française, 11 mai 1916.)
True Canadian Naîionalism
Au cinquantenaire de la Confédération canadienne, en 1917 y Lamarche publia dans le Canadian Courier de Toronto, V article suivant.
Canadian Nationalism is, in my opinion, the most adéquate expression of sound patriotism on the part of any Canadian born citizen.
It should also prove to be the most acceptable idéal for the man who has made this land the native country of his sons and daughters.
It consists in putting the ultimate interests of Canada over and above ail others, even when they conflict with those of the Empire.
Canadian Nationalism is at the antipodes of Imperialism and moves in an opposite direction.
Its object is to défend the established principles of Canadian self Government, and to acquire from time to time an ever increasing autonomy.
It must be free from racialism and from religions sectarianism; therefore, it must, in the light of the Constitution, demand equal treatment for ail races and creeds.
Nationalism must not be confined to one province or to any particular section of the country. As its name implies, it must be nation wide.
In true Canadian Nationalism lies that common idéal which will insure for générations to corne an everlasting national unity.
Such was the spirit which prevailed in the minds of the Fathers of Confédération in 1867.
Let us not pass this Jubilee year without giving this subject a serious and patriotic considération.
The Free American and the Canadian Flunkey
En 1917, au temps où le parlement canadien débattait le projet de loi Borden pour rétablissement du service mili taire obligatoire, le New York Post publia une série de lettres et ' d'entrevues d1 anticonscriptionnistes canadiens. Paul-Émile Lamarche donna l'entrevue suivante, préparée par lui, au Post qui la publia le 23 juillet 1917. Le Devoir la reproduisit le 28 juillet.
The French Canadians hâve been brought before the Bar of public opinion in America.
The slurs and insults which are being directed at them and which hâve unfortunately found space in many important publications across the border, apparently form part of an organized anti-French campaign launched for purely political purposes.
The American public is not very much concerned wTith our family affairs; but since our neighbours hâve been asked to pass judgment over the French Canadian and to brand him as a rebel or a coward, I am sure that before rendering their verdict, they will welcome the opportunity of hearing both sides.
The efforts made recently to influence and préjudice public opinion every where against the Irish éléments of the British Isles hâve not met with success; if my compatriots are given a fair hearing, the présent campaign will hâve the same fate.
The entry of the United States into the war opens a new and very interesting aspect of the situation.
French Canadians do not ail réside in Canada. There are over one million of them in the United States, ail proud to call themselves Americans.
It cannot be seriously contended that ail the good ones hâve left this country and that only the bad hâve remained. They ail corne from the same stock. Nearly ail the French families of Québec hâve one or more relatives in the United States.
How is it that we hâve not heard from any of the numerous Franco-American groups a single protest against the entry of the United States in the war or against registration for sélective conscription, whereas their Canadian relatives are admittedly opposed to the enactment of the compuîsory service Bill now before Parliament ?
One must first consider that the Président of the United States and ail the Members of Congress are, in the full sensé of the word, the représentatives of the American nation, having secured in the regular course a direct mandate from the electors for the ordinary constitutional period which is to terminate in 1921.
Hère, in Canada, the constitutional life of Parliament came to an end on the 2nd of October 1916.
The représentatives of the people, instead of going before their electors for a renewal of their mandate, voted themselves an additional term of one year, not provided for by the Constitution; and at the request of the Canadian Parliament that abnormal process was ratified by the Parliament of Westminster.
Hence, the fédéral governing body that is presently putting the conscription bill on the statute book is virtually composed of nominees of the Impérial Parliament over which the electors of this country hâve no control whatever.
The Solicitor General, in the name of the Government, has also announced drastic législation to facilitate the enf or cernent of compulsory service. It amounts to a complète muzzling of the press and a systematic gag on free speech. The new law, notwithstanding the constitution, trespasses on the exclusive domain of Provincial législatures by declaring that writs of prohibition, injunction, mandamus, certiorari shall not apply. Moreover Habeas Corpus is also set aside.
In the name of liberty, Magna Charta becomes a « scrap of paper ».
Those who do not only use the word « Democracy, » but who sincerely believe in the principles it implies and in the practical application of those principles, protest against curtailing the liberty of the subject and ignoring constitutional rights. Such miscarriage of justice on the part of a fictitious aggregate cannot bear the label of Democracy.
There are also many Canadians who still draw a line between war for the defence of Canada and war for the defence of the British Empire.
Ever since we hâve been under British rule, the law of the land has consecrated the principle that the Government could resort to compulsory service only for the defence of Canada and not for the defence oe^f t
British Empire. Such has always been the law and such is the law to-day.
This is the reason why a new law has to be passed for compulsory overseas' service. Our Militia Act does not permit conscription for the présent European war.
We believe that such a departure from our traditions and previous législation must hâve the approval of the people of Canada, and we advocate proceeding by way of a référendum, such as proposed by sir Wilfrid Laurier, the leader of the opposition.
There are no French Canadians in Australia; still public opinion has obtained a référendum and the people of the antipodes hâve pronounced against conscription, and they do not hâve conscription. Australians are not referred to as rebels or cowards. Are there any privileged classes in the British Empire?
There is also another point of view. Mr. Woodrow Wilson declared war on Germany, only after having exhausted ail peaceable means and taken, notwithstanding severe criticism, ail the time necessary to make the American case a strong one before the World and before History. He made it also very plain, as was his duty, that the United States were entering war in order to protect their honour and their interests.
From that moment, Americans were called upon, not to participate in the war, as we say hère, but to make war as a sovereign nation, From that moment also, each elector of the United States assumed through its représentatives the direction and the conduct of the war. In the same manner he shall hâve his say when the Treaty of Peace is signed. His représentatives then
and there, may even discuss questions of great importance, not only for his country but for Canada as well.
Not so with us. We are called upon to participate in the war. Our soldiers are merged in the English army while paid, fed and equipped by the Canadian Treasury.
As to the end of the war, as to the conditions of peace, we will hâve nothing to say, either directly or through représentatives of our own, nominated by us. Everything of interest to Canada during or after the war will be decided by the British Government or its représentatives.
In other words, we are partners for the losses, but not for the profits, nor for direction.
Political status and national dignity call for sacrifices in proportion to responsibility.
The idéal proposed to the flunkey is différent from that of the full fledged citizen of a sovereign nation.
The French Canadian is Canadian before and above everything. Imperialism has affected him less than any other group in Canada. This explains why he appears isolated for the présent; but conditions will change. He realizes however that he has great difficulties to face and strong préjudices to conquer, but he is determined to remain on the map.
It is to be hoped however that ill feeling will subside and that présent animosities will make room for more friendly relations.
Le parti politique
Voici le texte d'une conférence donnée sur le parti politique, son origine, son évolution, son rôle, par Paul- Emile Lamarche, dans la salle des conférences, à la bibliothèque Saint-Sulpice, à Montréal, le 27 septembre 1917.