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ORIGINE DES PARTIS — LE PURITANISME

Pour trouver l'origine du premier parti politique, il faut remonter dans l'histoire d'Angleterre jusque sous le règne de la reine Elisabeth, au lendemain de la Réforme.

A cette époque, le parlement existait déjà en Angleterre, non pas avec tous les pouvoirs et toutes les prérogatives qu'il possède aujourd'hui, mais enfin il était implanté à perpétuelle demeure comme institution, et le peuple par sa chambre élective avait droit de contrôle sur les deniers de l'État.

Le premier parti politique est né d'une querelle religieuse, non pas entre catholiques et protestants, mais entre les membres de l'église anglaise nouvellement réformée.

Tout en se séparant de l'Église de Rome, l'Église d'Angleterre avait conservé, pour les fins de son culte, certaines pratiques et coutumes en usage chez les catholiques. Quelques prières étaient restées intactes dans le Rituel, on faisait le signe de la croix au baptême, on portait le surplis et on faisait la génuflexion. Les églises protestantes du continent, notamment celles de Hollande et d'Allemagne n'avaient pas conservé ces usages. Sous l'influence du protestantisme hollandais, il se forma, en Angleterre, un groupe de protestants qui s'insurgea contre la conservation de ce qu'on appelait des vestiges du papisme. Ces prosélytes s'étaient donné pour mission de purifier le protestantisme. De là leur nom de Puritains.

Il serait trop long de faire l'histoire du Puritanisme en Angleterre. Il suffira de retenir quels ont été les principaux caractères distinctifs de ce mouvement important qui fut le berceau du premier parti.

Il y avait plusieurs catégories de Puritains en Angleterre. Il y avait d'abord les Puritains proprement dits qui ne voulaient pas autre chose que de réformer le culte. Ils admettaient F Église d'État et acceptaient la forme épiscopalienne. Il y avait aussi les Presbytériens. Ceux-là, tout en admettant l'Église d'État, voulaient qu'elle eût la forme presbytérienne. De plus ils voulaient limiter l'autorité de l'Église aux affaires religieuses seulement. Le principal apôtre de cette doctrine était John Knox. Enfin, il y avait un troisième groupe qui comprenait les Indépendants, les Séparatistes, les Non-Conformistes et les Brownites. Tous ces gens-là étaient entièrement opposés à une Église d'État. C'est à ce dernier groupe qu'appartenaient les fameux Pilgrims, qui, en 1620, quittèrent l'Angleterre à bord du Mayflower. Après s'être dirigés vers la Hollande, ils firent voile vers l'Amérique et vinrent atterrir à Plymouth Rock, où ils fondèrent une colonie avec une Église indépendante qui, pendant un quart de siècle, attira une nombreuse immigration puritaine sur les côtes du Massachusetts.

Dans le but d'exercer une plus grande influence, les Puritains décidèrent d'envahir le Parlement. De ce moment on s'appliqua à augmenter le nombre des adeptes. Aux revendications en matière religieuse on joignit les revendications populaires contre l'abus de l'autorité. Les Puritains deviennent les champions du peuple et le premier, parti politique a vu le jour. Sandys, Coke, Elliott, Selden et Pym sont les premiers

porte-parole de la première loyale opposition de Sa Majesté.

Les Puritains remportèrent leur premier succès au Parlement en obtenant l'abolition de la prérogative royale concernant l'octroi des monopoles. La reine Elisabeth, au lieu de s'adresser aux représentants du peuple, quand elle avait besoin d'argent pour ses petites dépenses, avait adopté le moyen détourné de vendre aux commerçants des privilèges exclusifs qu'elle octroyait au moyen de lettres patentes sous le sceau royal. La création de ces monopoles avait pour effet de faire augmenter le prix des denrées et des autres objets de première nécessité et le bon peuple, en fin de compte, payait et payait grassement. Les Puritains, du premier coup, se créèrent ainsi une grande popularité, en empêchant leur souveraine d'exploiter, à son profit personnel et aux dépens du peuple, ce que les Américains appelleraient aujourd'hui une (( side line ». Quant à cette bonne reine Elisabeth, elle restera incontestablement la patronne des politiciens qui équilibrent les budgets en vendant une partie du domaine national.

Le puritanisme continue sous Charles 1er, mais ce ne sont plus à proprement parler des partis politiques qui sont en présence, ce sont des factions armées de pied en cap. C'est la guerre civile. D'un côté il y avait les Cavaliers, défenseurs des prérogatives royales, de l'autre les Têtes-Rondes, « Roundhcads, » défenseurs des droits du peuple.

Sous Charles II, on retrouve encore les mêmes partis avec les mêmes lignes de démarcation, mais les noms sont changés. C'est d'un côté le « Court Party », de l'autre, le « Country Party ».

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