SCÈNE Vlll
PAUL, avec joie, courant vers Virginie.
Virginie !
J'ai retrouvé ton cœur !.. j’ai reconnu ta voix !..
On me trompe !.. on te calomnie !
Nous nous aimons comme autrefois!..
VIRGINIE, avec embarras.
Oui, j’ai tremblé pour toi tout à l’heure!., et pour elle!
Ah! s’il est vrai... pourquoi veux-tu partir, cruelle?..
Hélas!., loiu de vous tous on m’exile!., ou m’appelle!
PAUL, avec amertume, après im silence.
Je comprends!.. La richesse a de puissants attraits !
Par elle à vos regrets Vous saurez bientôt vous soustraire!
Vous trouverez à qui donner ce nom de frère Qui ne m'appartient plus !.. vous pourrez le choisir Digue de vous par la naissance,
Par des biens que mon cœur ne saurait vous offrir!
Et seul je connaîtrai les tourments de l’absence !
Virginie courbe la tète sans répondre et se détourne pour cacher se» larmes.
Mais sans parler de moi, pourrez-vous sans trembler Quitter cette maison si chère ?
Où retrouverez-vous les baisers d’une mère?
Pour être plus heureuse où voulez-vous aller?
Dieu !.. je sens mon cœur chanceler!..
PAUL, avec un acceut douloureux et passionné.
Ah ! puisque tu nous fuis ! puisque tu veux connaître D'autres pays que ceux ou le ciel t’a fait naître,
Puisque tu cherches d’autres biens Que ceux de mes travaux , d’autres soins que les miens , Laisse-moi, laisse-moi te suivre Sur le vaisseau qui va t’emporter loin de nous !
A tes côtés laisse-moi vivre Pour te voir, te servir et t’aimer à genoux!
Hélas! que ne peux-tu me suivre Sur le vaisseau qui va m’emporter loin de vous !