ACTE DEUXIEME
A tes côtés je voulais vivre!
C’est Dieu qui nous sépare et se place entre nous !
PAUL, sqds l’écouter, avec passion.
J’apaiserai ta crainte au sein de la tempête.
Et je réchaufferai ton cœur contre mon cœur!..
Là-bas, dans ces palais où l’on te fera fête,
Joyeux de ton triomphe, heureux de ton bonheur,
Je serai ton esclave !..
ENSEMBLE
PAUL
Ah ! laisse-moi te suivre Sur le vaisseau qui va t’emporter loin de nous.
A tes côtés laisse-moi vivre Pour te voir, te servir et t’aimer à genoux !
Hélas ! que ne peux-tu me suivre,
Sur le vaisseau qui va m’emporter loin de vous !
A tes côtés je voulais vivre;
C’est Dieu qui nous sépare et se place entre nous ! —
Ma mère ordonne... moi, j’obéis!
Ah ! cruelle !
Ton cœur est d’accord avec elle!..
Mais je pars avant toi !.. puissent les Ilots vengeurs, Poussés par l’ouragan sur la plage déserte Lui rapporter mon corps inerte Et lui laisser d’éternelles douleurs !
VIRGINIE, éperdue.
Ali ! c’en est trop !.. ingrat ! c’est dans le moment même Où je pleure et ne peux m’arracher de ses bras Qu’il me frappe et me tue et ne devine pas Que je sacrifiais ma vie à ce que j’aime!
PAUL
Quoi?., que dis-tu?
Qu’en cédant à leurs vœux Je ne m’y résignais que pour toi!., j’en atteste Le ciel témoin de mes aveux !
PAUL, la prônant daus ses brus.
Uieu juste!., et tu pouvais me fuir!
Mon Paul ! — je reste
Je pars! je vis! je meurs! — je fais ce que tu veux!
Par le ciel qui m’entend! par l’air que je respire!
Par ce Dieu que je prends à témoin de ma foi!
Par tes larmes, par ton sourire,
Je jure de n’être qu’à toi !
PAUL
Ah! maintenant que le tonnerre gronde!
Que les Ilots en fureur mugissent!., rien au monde De toi ne peut me détacher !
De mes bras amoureux rien ne peut t’arracher!
TOUS DEUX, enlacés dans les bras l’un de P autre.
Par le ciel qui m’entend! par l’air que je respire,
Par ce Dieu que je prends à témoin de ma foi,
Par tes larmes, par ton sourire,
Je jure de n’être qu’à toi!..
A toi! toujours à toi!..
Virginie so dégage des bras de Paul et entre en courant daus la chambre de sa mère. — La nuit commence à tomber.