‹ Paul Forestier comedie en quatre actes, en versChapitre 23 sur 85 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

Non, madame; j’agis de mon chef, je le jure.

LÉ.»

Alors, où prenez-vous que Paul ait moins d’amour?

Moi, je vous dis qu’il m’aime autant qu’au premier jour. Et qu’à nous Séparer votre fausse prudence Le mène au désespoir, non à la délivrance !

Encore un coup , ce n’est pas moi que je défends !

Mais je suis et serai sa vie encor longtemps;

Dans un an, dans deux ans, vous en auriez la preuve...

Il ne me faudrait pas une si longue épreuve.

• I.ÉA.

En voulez-vous faire une, et, s'il en sort vainqueur,

.Me reconnaîtrez-vous quelques 'droits sur son cœur?

Oui... si vous acceptez une épreuve réelle.

LÉA

Ah! quelle qu’elle soit je l’accepte et l’appelle. Votre consentement à mon pauvre bonheur.

Ce serait mon pardon et presque mon honneur !

Que faut-il que je fasse ? En vos mains je me livre.

Partez...

Oui!.

LÉA

De façon qu’il ne puisse vous suivre.

Qu’il ne puisse trouver la trace de vos pas.

Sans lui dire adieu...

LÉA

Quoi !...

l'.UL FORESTIER..

FORESTlEn.

Vous ne partiriez pas.

LÉA

Que va-t-il supposer, mon Dieu ! que va-t-il croire ?

FORESTIEn.

Rien, je n’en doute pas, qui soit à votre gloire;

Mais notre épreuve est là; sans un malentendu Comment pourrait-il croire à son bonheur perdu ?

S’il n’y croit pas, comment pourrons-nous reconnaître Quelle place occupait ce bonheur dans son être?

C’est seulement alors qu’il se change en douleur Qu'on peut djun sentiment juger la profondeur.

LÉA

Mais combien durerait l’exil? quand reviendrais-je?

' FOBESTIEH.

Je vous rappellerais.

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