ACTE ntEMIEll
ÎS
C’est notre lot, à nous, que l’abnégation!
Pour l’homme, il ne saurait en être question!.,.
fouestieh.
Le vieillard qui vous parle ici de sacrifice
En a, jusqu’à la lie, épuisé le calice
Pour ce même garçon que nous aimons tous deux...
Mais que j’aime bien plus et, j’ajoute, bien mieux.
LÉA
Plus et rniem, dites-vous? Ah! je vous en défie!
FOBESTIEB.
Je mesure l’amour à ce qu’il sacrifie!
J’ai renoncé, — de là mes premiers cheveux blancs, — iNon aux plaisirs toujours menacés et tremblants De cette liaison qui rougit et se cache,
Mais aux félicités sans nuage et sans tache D’une union bénie au grand jour, à l’autel.
Avec un cœur profond et pur comme le ciel ,
La mère de Camille, enfin, votre cousine.
L K A ) «'inclinant.
L'ne sainte, en effet, ... noble et douce Pauline!
Mais je cherche qüel mal eût fait à votre fils?...
FOBESTIER.
Ah! les cœurs des enfants ont d’étranges replis Paul avait en silence appris cette nouvelle,
Mais le chagrin couvait dans sa jeune cervelle;
11 était taciturne, il perdait l’appétit;
Puis la fièvre survint, le délire le prit...
l u soir, je le veillais avec ma pauvre amie, b’ans comprendre son mal, inquiet pour sa \ie.
Quand tournant tout à coup ses yeux hagards vers moi : n Eh bien, quand chasses-tu ma mère de chez toi? «
l’AlL FORESTIKR.
J’eus le cœur traversé par un éclair rapide;
La place que j’olTrais, pour lui n’était pas vide!
J’allais répudier le souvenir vivant Qu’il entourait encor d’un culte si fervent,
J’allais me séparer de lui sur cette tombe...
— Ah! les cruels combats où le plus fort succombe!
Mais Pauline, voyant mon courage faiblir,
Épousa mon devoir et me le fit remplir.
LÉ A t la ItH* baasp.
Vous pouvez, en elTet, parler de sacrifice.
De récompense aussi, madame, et de justice!
Quand je vivrais cent ans, non! je n’oubllrais pas De quel élan mon fils se jeta dans mes bras.
Si vous pouviez savoir quelle âcre jouissance.
C’est de voir ceux qu’on aime heureux par sa souffrance!
LÉA
S'il devait être heureux par la mienne, ahl croyez Que j’irais de ce pas la mettre sous ses pieds.
Ne parlons plus de moi, monsieur, je m’abandonne.
Je suis v.aincue et prête à tout ce qu’on m’ordonne;
.Mais, si ce n’est plus moi que je défends, c’est lui.
Ne soufirira-t-il pas de me perdre?...
Aujourd’hui,
Certes; mais je suis sûr que, vous ayant pleurée.
Son deuil ne sera pas d’éternelle durée.
LÉ.\
Lst-ce donc pour cela qu’il ne revenait pas ?
D’une explication fuyait-il l’embarras?
Soyez franc ; il vous a chargé de la rupture !