‹ Paul Forestier comedie en quatre actes, en versChapitre 25 sur 85 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

CAHlLLEf ftUint te ransi^oir.

Après trois mois! ces maris, quels tyrans!

FOBESTIEB.

Trois septembre, oui.

Trois mois !

l'AEL.

Silence dans les rangs.

CAMILLE

Pas parler?

PAUL

Non... je tiens cette bouche vermeille.

CAMILLE

.Mais écouter? je peux?... Tu ne tiens pas l’oreille"?

PAUL

Tu peux.

CAUILLE, A Forestier.

Racontez-moi des nouvelles, papa.

FOBESTIEB.

Lesquelles ?

CAMILLE

Comment va le procès de Léa?

FOBESTIEB.

Il va... mais sa fortune y court grosse aventure.

L’héritier du mari nous fait une ouverture

Qui vaut mieux, selon moi, qu’un procès incertain.

Et pour en conférer je l’attends ce matin.

PAUL

Et Léa? Tu ne peux rien conclure sans elle.

FOBESTIEB.

.Ma dernière dépêche en hâte la rappelle.

CAMILLE) s4 levaBl.

Mais d’un moment à l’autre alors on va la voir?

Quel plaisir! qu’en dis-tu, Paul?

PAUL

Qu’il faut te rasseoir.

CAMILLE

Ce flegme !

PAUL

Son retour n’a rien qui me remue.

CAMILLE

Pauvre tante! cinq mois que nous ne l’avons vue!

PAUL

Elle ne manquait pas à mon bonheur.

Eh bien,

Tant pis pour vous, monsieur : elle manquait au mien.

FORESTIEB.

Je le croyais complet?

CAMILLE

•Non ! je n’avais personne

A qui le raconter.

Bien répondu, mignonne ;

Mais crois-tu que ce soit un récit très -pressant Lorsque son deuil de veuve est encor si récent?

CAMILLE

Son mari, disait- on...

FORESTIE R.

Elle avait à s’en plaindre ;

Mais tout ressentiment par la mort doit s’éteindre.

>ie lui raconte rien, crois-moi : les bonnes gens N’étalent pas leur lu.\e aux yeux des indigents.

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