ACTE TUEMIEU
L'aioliCf üe Paul Forrsti<^r. Le jour vient <lu fond i gAuche. Porte au fond b droite; porte» latérales. Ine gmode toile fur un chevalet devant le vitrage.
SC km: PHEMlfeRK.
P A U L, en train de peindre h son chevalet nu fond , U .N V 1 H U X D 0 U E S T 1 Q C 11 range rmelier, snr le devant. Après un allenee, Pnul se lève brusquement.
PAU!
Laisse là ton plumeau, Kirmin; va voir en bas Si je n’ai pas de lettre, et ne lanterne pas.
te domestique sort. Paul seul, arpentant In sci'ne avec agilatiuu.
Trois jours sans me donner un signe d'existence!
Jadis sa bouderie avait moins de constance,
Et, prompte à s’accuser d’un tort même incertain.
Elle était la première à me tendre la main!
— Aujourd’hui que la faute est tout entière d’elle.
Que son caprice a seul causé notre querelle.
Qu'à me blesser elle a paru se divertir.
Elle attend fièrement mon humble repentir!
Certes, je ne crois pas me créer de fantômes En voyant là pour moi de funestes symptômes:
l'AÜL FOKESTIEH.
Ce procédé nouveau, cette étrange rigueur Est-ce coquetterie, ou fatigue du cœur?
Notre bonheur pour elle aurait-il moins de charmes.
Et pour l’assaisonner lui faudrait-il mes larmes?
Ou plutôt, lasse enfin de ce trop long amour, Espèie-t-elle ainsi me lasser à mon tour.
Cherchant à dénouer ce qu'elle n’ose rompre?
— Chère union que rien ne devait interrompre!...
Mais, s’il en est ainsi, pourquoi m’avoir laissé Remplir mon pauvre cœur de ce rêve insensé?
Que ne me disiez-vous : « Ce n’est qu’une aventure I... »
— Non! je la calomnie et je lui fais injure!
Non! notre liaison n’est pas pour elle un jeu;
Elle sait que je suis son époux devant Dieu,
Et je la haïrais de s’ôtre abandonnée
Sans croire à tout jamais fixer sa destinée.
Que signifie alors ce silence?...
LE UüUESTIQUE, posant une lettre sur un guréidon prî;s de la porte du fond.
Voilà.
PAUL| prenant la leitre.
Il sort.
Enfin! j’étais bien sûr... Ce n’est pas de Léa!...
Il froisse la lettre et la Jette nu loin.
Ah! femme sans pitié, femme comme les autres! Juste ciel! quels orgueils féroces que les vôtres!
Le dernier mot pour vous, en fait de voluptés.
Ce sont nos désespoirs, nos pleurs, nos lâchetés... Eh bien, vous n’aurez pas, madame, cette joie :
Non, non, je n’irai pas vous offrir votre proie!
Je t’attends, dusses-tu ne jamais revenir ;
Et, s’il faut m’arracher jusqu’à ton souvenir.
Je me l’arracherai tout vivant des entrailles.
Sans te laisser rien voir des douleurs que tu railles.