‹ Paul Forestier comedie en quatre actes, en versChapitre 4 sur 85 · FAL'L, MICHEL FORESTIER · texte numérisé non relu

FAL'L, MICHEL FORESTIER

FOR FSTIER.

Bonjour, Paul.

PAÜt..

Bonjour, père.

FOneSTIER, l'eiamlmint.

Oh ! oh ! l’œil éclatant,

La lèvre frémissante et le nez palpitant...

Qu’as-tu, donc?

Je n’ai rien... Seulement je travaille.

Et, depuis ce matin, je ne fais rien qui vaille.

FORESTIFR) s'ApproFhfint du t«b1e«u.

Voyons donc. — Un peu mou, ce Milon, un peu mou... Roidis-moi donc ces bras et gonfle-moi ce cou; Autrement, de son chêne il n’aura que l’écorce.

Il faut rendre l’elTort, tu ne rends que la force.

PAUL

Ah ! père, je n’aurai jamais celte vigueur Qui t’a fait surnommer Michel-Ange.

PORESTIKR.

Blagueur!

Je m’appelle .Michel, et quand on ajoute Ange,

C’est qu’on croit me gratter où cela me démange.

— Quoi qu’il en soit, jeune homme, écoute le barbon; • Le conseil du sculpteur pour le peintre est très-bon. L’étroite parenté de ces arts qu’on divise Des maîtres d’autrefois était si bien comprise.

PAUL FOHESTIKH.

Qu’ils ne pratiquaient pas l’un sans l’autre. A présent Que le double fardeau nous serait trop pesant, Mettons-nous deux, mon fils, pour le porter ensemble. Et serrons-nous la main aussitôt qu’elle tremble.

La tienne n’a jamais tremblé, j’en suis certain.

FOn KSTI K n.

Qu’en sals-tn?

Vieux dompteur du marbre et de l’airain.

Je comprends à céder que tu les habitues:

Ton âme est d’un métal plus dur que tes statues.

— Nous prouvons tous les deux, chacun à notre plan. Combien le caractère a de part au talent.

Ta nature naïve, énergique et carrée.

Répand sa certitude en tout ce qu’elle crée;

La mienne, violente et débile à la fois.

Dans mon œuvre inégale éclate en vingt endroits...

FünESTii':R.

Au lieu de chercher noise à ta franche nature.

Du bon Pygmalion médite l'aventure.

Ce qu'enseignaient les Grecs sous ce mythe charmant. Notre argot d’atelier l’enseigne plus crûment ,

Et l’on peut parier, quand une œuvre est ratée.

Que l’auteur n’aimait pas assez sa Galatée.

Mon cher, on ne sert pas deux maîtres à la fois;

A ton âge, sentant qu’il fallait faire un choix.

J’avais aux voluptés déclaré le divorce ,

J’étais chaste, et c’est lâ le secret de ma force.

La recette n’est pas .sans quelque austérité.

ACTI-; PREMIKIl.

FOBËSTIER.

Non, car le mariage est une chasteté.

Je n’entends pas bannir les tendresses humaines; Seulement, je les veux profondes et sereines;

Je veux qu’au travailleur servant de réconfort,

Au lieu d’étre un orage, elles lui soient un port.

Laisse aux gens de loisir, laisse aux cervelles creuses Les plaisirs énervants et les amours fiévreuses...

PAU

Mais où prends-tu que moi...?

FO RKSTI EB.

Parbleu! c’est bien obscur Je ne sais pas comment tu vis, mais j’en suis sûr :

Je n’ai qu’à consulter ici la moindre toile Pour que ton existence à mes yeux se dévoile.

Lorsque l’on voit Samson tondu, qu’est-il besoin D’en demander plus long? Dalila n’est pas loin.

Gageons que ce matin... Tu rougis? plus de doute.

— Il est temps, mon ami, que tu changes de route :

Le désordre au talent est mauvais compagnon.

Encor s’il t’apportait du bonheur! Mais non!

Non !

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