I. ÉA
C’est monsieur de Beaubourg?
11 sort d’ici.
PAUL
LÙA.
est lui-même.
PAUL
Comment ! vous l’avez donc re<;u ?
LÙA.
Parfaitement.
Croyez que, si je l’avais su.
Je vous eusse épargné ma présence mauss.ade.
Madame... .Me voilà quitte de l’ambassade.
Car, je n’en doute pas, vous avez consenti?
LKA.
.Mais... monsieur de Beaubourg est un très-beau parti.
«•AUL FORKSTIER.
l’Al'L.
Et puis ce mariage apportera, je pense, Un grand allégement à votre conscience.
Je ne vous comprends pas.
PAt'Ly ntrec un sourire
Aurais-je été troj) loin?
C’est sans intention , le ciel m'en est témoin.
l-liA.
J’ignore absolument ce que vous voulez dire.
l’AlL.
Pourquoi relevez-vous un mot que je retire?
LÉ A
Je ne relève rien, monsieur.
C’est plus prudent;
Car, si je m’e.vpliquais, — à mon corps défendant! — Peut-être auriez-vous lieu de n’étre pas ravie.
LÉ A
Mais insultez-moi donc! vous en mourez d’envie!
C’est vrai. — Beaubourg, madame, est votre amant.
LÉA
Plût au ciel qu’il le fût!
Hélas!
PAUL
Tenez, ne niez pas!
Rien ne vous servirait, mensonge on subterfuge.
ACTIC TROISltMi:.
LÉ A
Et de quel droit encor vous faites-vous mon juge? Lorsque j’aurais commis le crime le plus vil ,
A quel titre, monsieur, vous importerait-il?
PAUL
C’est fort habilement répondu; voire audace Ne va pas cependant jusqu’à répondre en face. Que ne m’accusez-vous de vous calomnier?
LÉ A
Et pourquoi, s’il vous plaît, descendrais-je à nier Votre estime à ce point vaut-elle que j’y tienne? Êtes-vous si certain d’avoir encor la mienne?
Qui de nous le premier a violé sa foi?
PAUL
Vous me le’ demandez? Assurément, c’est moi.
C’est moi qui, fatigué d’un amour trop fidèle. Vous ai cherché, madame, une absurde querelle; Moi qui, par les cheveux prenant l’occa.sion.
Sans un seul mot d’adieu ni d’explication.
Sans pitié, sans jeter un regard en arrière.
Ainsi qu’un contumax ai gagné la frontière...
C’est moi. — Votre mépris a mille fois raison ,
Car c’est une exécrable et lâche trahison.
LÉA
Et si ce n’eût été qu’une épreuve?
PAUL
,L'ne épreuve?
En vérité?... Pardieu! l’excuse n’est pas neuve!
LÉA
Interrogez plutôt celui qui l’exigea.
Votre père...
PAUL KÜRKSriER.
Comment! mon père a fait cela?
11 savait donc...?
Oui, tout; et dans sa clairvoyance,
De votre affection mesurant la consumce,
•M’adjurait de ne pas en attendre la fin.
Pour vous restituer à votre vrai destin.
Ail! que, si vous m’eussiez aimé comme naguère.
Vous auriez su répondre à ces raisons de père!
LKA.
.Mais la seule réponse à faire, — en vérité.
C’était votre douleur et sa fidélité.
L’avez-vous faite? — Après deux mois, pas davantage. Vous avez répondu par votre mariage.
P A U L ) brusquement.
Je payais une dette à mon père. — Au surplus. Madame, laissons là des débats superflus.
Je ne suis pas ici pour vous chercher querelle.
Votre conduite, en somme, est toute naturelle :
Vous en aviez assez de notre liaison.
Vous avez rencontré là-bas un bon garçon.
Et, comme il vous plaisait... Ah! misérable femme.
Tu n’as pas reculé devant cet acte infâme!
Rien ne te disait donc que tu prostituais Ce qu’adoraient encor mes souvenirs muets.
Le temple consacré par mon idolâtrie?
— Un autre entre ses bras, un autre!... l’a fiétiie!
Un étranger... que dis-je? un p.assant. Dieu vengeur! De sa beauté divine a pillé la pudeur!