‹ Paul Forestier comedie en quatre actes, en versChapitre 72 sur 85 · ACTE QUATRIEME · texte numérisé non relu

ACTE QUATRIEME

Et que je la saurai contre vous protéger Comme je le ferais contre un gendre étranger.

Ah! vous voulez, monsieur, pour vous croire excusable, De votre cruauté me rendre responsable?

J’accepte... et vous verrez envers qui je le suis,

Et, quand j’ai des devoirs, comment je les poursuis.

PAUL

Ma résolution est égale à la vôtre :

Poussez celle que j’aime entre les bras d’un autre.

Car je crois vous comprendre, et je vous avertis Que, si vous l’emportez, vous n’avez plus de fils.

FORESTIKR.

Ah! parbleu! tuez-vous! moi, je vous le conseille; Mais pas le lendemain du déshonneur, la veille! Sachez, si votre but était de m’effrayer,

<)ue j’aime mieux vous voir mort que banqueroutier!

Monsieur !

PAUL

Banqueroutier, oui, monsieur, sans nul doute. Ne méditez-vous pas la pire banqueroute,

Celle de la pitié, de la foi, du serment?

Vous dérobez-vous pas à tout impudemment?

tjue vais-je lui répondre à cette jeune femme A qui vous emportez l’épargne de son âme.

Qui n’a rien réservé d’elle en dehors de aous.

Et pour qui l’univers se borne à son époux?

PAUL

Pardon, monsieur, pardon! vous êtes trop modeste. Ne lui restez-vous pas tout comme elle vous reste? Pour elle, vous et moi, cet hymen a voulu Moins en faire ma femme encor que votre bru;

l’.UL FOKKSTIEH.

'.li

A vos combinaisons si je portais atteinte.

Vous auriez un sujet légitime de plainte;

Mais loin de là : prenant ma propre liberté,

J’achève entre elle et vous cette paternité,

Kt, comme vous disiez tout à l’heure, Camille Du rang de simple bru passe à celui de fille.

KOnrSTIER.

Kilo peut en mourir; en avez-vous douté?

l’AVL.

Üh ! monsieur, je n’ai pas cette fatuité :

C’est une enfant qu’on a trop tôt émancipée ;

Elle avait moins besoin d’époux que de poupée;

Vous la consolerez avec quelques bijoux.

rOllESTI EU.

Vous êtes simplement atroce, savez-vous?

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