‹ Paul Jones, drame et cinq actesChapitre 1 sur 40 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

LE COMTE EMMANUEL, rentrant au château, en costume de voyage; son domestique le suit et pose une paire de pistolets sur la table, JASMIN, LAFFEUILLE, trois Valets.

EMMANUEL, s' étendant dans un fauteuil.

Jasmin, un écu de six livres au postillon qui ne

m*a versé que deux fois en me ramenant de Van-

nes ici. Quels chemins!.. Sur mon âme, il faudra que je consulte le tabellion pour avoir de lui s'il n'y aurait pas dans les archives de la famille quelque vieux droit de corvée qu'on pourrait faire revivre... (A un domestique qui porte une livrée du temps de Louis XV et qui lui fait des saints.) C'est bien, Lafféuille, c'est bien, je suis enchanté de le revoir.

Nota. Les personnages sont place's au the'âlre comme en tête de chaque sccne, Icpremiernomme tient la droite de l'acteur

MAGASIN THEATRAL

LAFFEUILLE.

Et moi donc, monseigneur 1

Oui, je comprends, cela veut dire...

LAFFEUILLE.

Que toutes les bénédictions du ciel...

EMMANUEL

Te descendent dans le gosier... c'est trop juste; voilà po.jr boire [apercevant trois autres domestiques) tout seul; puis voilà pour boire avec les autres, .lasmin, prévenez M"^ la marquise que je suis arrivé, et lui demandez ses ordres de ma part, soit qu'elle me permette de monter chez le marquis, soit qu'elle veuille descendre. Quant à vous, mes vénérables, comme je ne veux pas priver mes ancêtres de vos services, allez chacun à vos affaires. {Ils sortent; Laffeuille va pour les suivre.) Laffeuille, rien de nouveau en mon absence? — Mon père?

LAFFEUILLE.

Toujours dans la même position; ni mieux ni pire.

EMMANUEL

Et sa raison?

LAFFEUILLE.

Ça va, ça vient, à ce qu'on nous dit du moins, car vous savez qu'il ne veut voir personne que M™e Iggtoarquise.

EMMANUEL

Oui

i, pM ^éme nous, je le sais ; et ma sœur î

x^r «/^'LAFFEUILLE.

Toujouç^ triste. Ah! c'est une bénédiction, comme eUéiple^rel pauvre jeune damel elle ne sort du châ^aaque pour aller voirie vieil Achard.

EMMANUEL

Touj(virs dans sa petite maison du parc ?

LAFFEUILLE.

Ah 1 mon Dieu 1 il n'en bouge que pour aller s'asseoir sous le grand chêne, vous savez? puis il reste là des heures entières. On dirait qu'il prie,

EMMANUEL

Singulier vieillard ! et c'est toujours toi que Mme la marquise charge de veiller à ce qu'il ne lui manque rien ?

LAFFEUILLE.

Oui, monseigneur; mais bonjour, bonsoir, merci, Laffeuille, voilà tout.

EMMANUEL

C'est bieni [Laffeuille va pour sortir.) Laffeuille, tournez les canons de ces pistolets contre le mur, %ous savez quelle peur ma mère a de ces armes.

LAFFEUILLE.

Voilà M"»e la marquise.

EMMANUEL

Laissez-nous !

La marquise entre lentement par la porte tlu fond ; Laffeuille sort.

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