DE NOZAY, LECTOURE, EMMANUEL
LECTOURE
Mais savez-voMs que c'est une chasse charinaule et toul-à-fait de bonne comi>agnie; moi aussi, j'ai des marais, des étangs cl des canards;
MAGASIJN THEATRAL
je demanderai à mon intendant où tout cela est. Emmanuel, voilà monsieur qui me dit une chose fort curieuse. Et prenez-vous beaucoup de canards de cette manière?
DE NOZAY
Immensément.
LECTOURE
Imaginez-vous que monsieur se met dans l'eau jusqu*au cou... à quelle époque?
DE NOZAY
Mais au mois de décembre ou de janvier.
LECTOURE
Se coiffe d'un potiron et se faufile dans les roseaux ; cela le change au point que les canards ne le reconnaissent pas, et se laissent approcher à portée, n'est-ce pas ?
DE NOZAY
Comme d'ici à vous.
LECTOURE
Et monsieur tu lue autant qu?il en veut?
DE NOZAY
Des douzaines.
LECTOURE
Cela doit faire grand plaisir à votre femme, si elle aime les canards.
DE NOZAY
Elle les adore.
Cela doit être une personne fort intéressante ?
DE NOZAY, s'inclinant.
Monsieur...
LECTOURE
Je vous assure que, de retour à Versailles , la première chose que je ferai sera de parler de cette chasse au petit lever , et je suis convaincu que sa majesté en fera faire l'essai dans la pièce d'eau des Suisses.
EMMANUEL, à demi-voix.
Pardon, baron, mais ce sont des voisius de campagne qu'il est impossible de ne pas recevoir dans une solennité comme celle-ci.
LECTOURE
Comment donc? mais vous auriez eu grand tort de m'en priver, il entre de droit dans la dot de ma future épouse , et j'aurais été désespéré de ne pas faire sa connaissance.
LAFFEUiLLE, annonçant.
Monsieur de La Jarry I
LECTOURE, à M. de Nozay.
Un compagnon de chasse ?
DE NOZAY
Non, c'est un voyageur.