A%ARD
Certes.
PAUL
Je me le rappelle, mon père, quoique je n^eusse que quatre ans, lorsque je le vis pour la dernière fois.
AGHÀRD.
C'était un beau jeune homme comme vous, et justement de votre Age...
PAUL
Gomment se nommait-il?
ACHARD
Le comte de Morlaix.
C'est un noble nom parmi les noms de la Bretagne; et ma mère ?
ACHARD
Votre mèrel la marquise d'Auray.
PAUL, bondissant Qu'est-ce que tu dis ?
ACHARD
La vérité.
PAUL
Sur Dieu t
ACHARD
Sur Dieu I
PAUL
Alors Emmanuel est mon frère et Margueiit^ ma sœur. ^
ACHARD
Les connaissez-vous déjà T
PAUL
Tu avais bien raison , vieillard , Dieu peut ce qu'il veut , et ce qu'il fait est écrit long-temps à l'avance dans sa sagesse.
Il tombe sur une chaise et appuie sa tête dans ses maim . ACHARD.
Votre père et la marquise étaient fiancés l'un à l'autre dès leur jeunesse, je ne sais quelle haine divisa leur famille et les sépara... Le comte de Morlaix partit pour Saint-Domingue, où son père possédait une habitation; je l'accompagnai, j'étais le fils de celui qui l'avait nourri... J'avais reçu la même éducation que lui; il m'appelait son frère, et moi seul me souvenais de la distance que la naissance avait mise entre nous.
PAUL
Brave homme t. ..
ACHARD
Au bout de deux ans, il revint et retrouva celle qu'il aimait mariée à un autre; mais le marquis, appelé à Paris par la charge qu'il occupait près du roi Louis XV, avaii été forcé de laisser sa jeune femme trop souffrante pour 1»^ suivre dans ce vieux cbftteau d'Auray, dont vous apeicevez d'iM
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les tourelles, i^aul lève lentement la tête, et fait signe qu'il les voit. ) Quant à moi, pendant ce voyage, mon père était mort, et m'avait laissé cette petite maison aveJtt.es terres qui l'entourent ; j'en pris possession.