‹ Paul-Louis Courier: A Selection from the WorksChapitre 34 sur 74 · AVERTISSEMENT SUR · texte numérisé non relu

AVERTISSEMENT SUR

cependant Paul -Louis fait un paquet d'une centaine

130 d'exemplaires qu'il emporte. Un quart d'heure après, l'imprimerie était pleine de sbires. Ce sont les gendarmes du pays.

Ayant ce qu'il voulait à peu près, Paul-Louis écrivit encore au préfet une dernière lettre : « Monsieur, j'ai

135 trompé l'imprimeur Lino. Je lui ai fait accroire qu'il travaillait pour vous ; je lui ai parlé en* votre nom et comme chargé de vos ordres. Je l'ai hâté en l'assurant que vous attendiez impatiemment le résultat de son travail ; enfin tous les moyens que j'ai pu imaginer, je

140 les ai mis en œuvre pour abuser cet homme, qui, pensant vous servir, ignorait ce qu'il faisait. Après une telle déclaration, je vous crois, monsieur, trop raisonnable poiu* vous en prendre à lui, et non pas à moi seul, de la publication de mon factum littéraire. Je ne vous prie

145 plus que de vouloir bien l'adresser avec cette lettre au ministre, curieux de savoir à quoi je m'occupe et qui je suis.»

Le pauvre Lino fut arrêté, interrogé, réprimandé et renvoyé. Le préfet n'adressa au ministre ni lettre ni

150 brochure ; mais bientôt après il reçut une verte semonce de ses maîtres. Laisser imprimer, publier la plainte d'un homme maltraité, quelle bévue pour un préfet ! L'espèce de supercherie dont il avait été la dupe ne l'excusait pas aux yeux d'un gouvernement fort. Il était responsable,

155 la plainte avait paru ; c'était sa faute à lui, gagé précisément pour empêcher cela. Il en faillit perdre sa place, et c'eût été dommage vraiment ; il ne serait pas ce qu'il est (conseiller d'Etat) aujourd'hui s'il eût cessé alors de servir les dynasties.

160 Paul-Louis, depuis ce temps, vécut à Rome tranquille, n'entendant plus parler de préfet ni de ministre. Sa lettre fit du bruit, en Italie surtout. Les Lombards se

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