Fernand Gregh. La Fenêtre ouverte
2. Adolphe Retté. Le Symbolisme, anecdoctet et souvenirs. Messeiu, éditeur.
naïve et spontanée. Sans elle nous n'aurions pas les admirables poèmes catholiques, les seuls vers vraiment beaux, dont la littérature religieuse puisse s'enorgueillir. M. Doumic n'a vu dans la conversion de Verlaine « qu'une forme de l'énervement, qu'un cas de sensualité triste » et M. Max Nordau (1) l'a mise sur le compte de sa dégénérescence. Il suffit de relire Sagesse pour conclure à l'absurdité de ces appréciations, a Sans doute Verlaine est un malade, et dans sa vie et dans son œuvre il y a bien des pages souillées : elles sont précisément une déchéance de l'idéal mystique, elles n'en sont ni la cause ni l'effet. La religion pose au contraire un rayon de clarté dans cette âme et de beauté dans son œuvre. Cette meilleure part de luimême, cette chapelle offusquée par des masures mal famées, il faut la dégager de ses en tours pour la sauver de l'oubli (2). » En vérité, c'est grâce à la religion que Verlaine trouva les seules vraie joies de son existence et c'est grâce aux indicibles accents qu'elle lui inspira
i. Max Nordau. Dégénérescence, t. H, p. 56o.
a. J. Pacheu. De Dante à^Verlaine. Librairie Pion, 1897.
bîbu
— IOG —
qu'il est assuré de vivre dans la mémoire des hommes, grand et digne malgré tout puisqu'il a pleuré et s'est repenti.