‹ Paulet Virginie [microforme]Chapitre 2 sur 11 · LI · texte numérisé non relu

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plusieurs années dans la plus grande détresse. On en jugera par ce peu de mots trouvés dans une de ses lettres: “Tont ce que j’ai aimé s’est éloigné de moi; je me porte mal !...Je n’ai plus ni linge ni habits; mes courses à pied ont achevé de les user.” C’est dans cet obscur réduit qu’il composa les Etudes de la nature. Les trois premiers volumes lui firent une brillante réputation. L'auteur reçut plusieurs pensions de la Cour, et fut nommé intendant du jardin des Plantes par Louis XVI.

Quatre ans plus tard, en 1788, il publia Paul et Virginie, livre admirable, qui réunit le charme du style à l'intérêt du roman, et qui mit le comble à sa gloire. On raconte que l’auteur, décourigé par l'accueil peu flatteur que Buflon, Thom:s et autres littérateurs célèbres avaient fait à son manuscrit, était résolu de le jeter au feu, quand le peintre Vernet, son disciple, arriva chez ui. Vernet, trouvant son ami tout afilivé, lui en demanda la raison: Bernardin la ui avoua naïvement, et consentit à lui lire son ouvrage. Dès les premières pages, Vernet fut transporté d’admiration; et, sans lui laisser achever sa lecture, il s’écria avec enthousiasme : ‘Mon ami, vous avez fait un chef-d'œuvre l”? Le

ublic confirma bientôt ce jugement. Paul et

irginie fut traduit dans toutes les langues, et l'auteur, exposé si longtemps à la tempête, pouvait désormais com pter sur un sort plus heureux. Mais le moment n'était pas encore arrivé; un orage pe terrible était sur le point d’éclater. Cette révolution qu’il avait prévue lui fit perdre sa place et toute sa fortune; toutefois il eut ln presses de se tenir à l'écart, et de refuser tous es postes qui lui furent offerts, Par cotte sage conduite il échappa à la hache révolutionnaire, qui fittomber tant de têtes sans épargner leg talents,

Bonaparte releva la fortune de Bernardin, et lui donna la croix d'honneur : Joseph, roi d’Espagne, y ajouta une pension de six mille francs.

es gratifications lui permirent d'acheter une maison de Campagne dans le village d'Eragny, à vingt-huit kilomètres de Paris, où il mourut en paix, le 21 janvier 1814,

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