X QUELQUES LETTRES
la naissance merveilleuse de VEglise. Nous voyons le christianisme dans la personne du grand apôtre Paul de Tarse, aux prises, avec le judaïsme et le paganisme coalisés. Vous faites revivre sous nos yeux cette lutte décisive de la droiture contre le préjugé, de la vertu contre la passion, de la vérité contre Verreur, du Dieu de Nazareth contre les dieux de V Olympe. La figure de saint Paul nous apparaît dans une série de tableaux où se peint toute la force divine, toute Vhéroïque grandeur de ce faiseur de tentes. L'Apôtre prêche, souffre et meurt ; mais dans son sang, et dans celui d'intrépides martyrs que sa parole et son exemple ont conquis à Dieu, la religion chrétienne puise une incomparable fécondité.
Voilà ce que nous montre en un style si élégant Paulina, et j'en conclus que l'auteur, fidèle aux plus nobles traditions de sa plume, a bien mérité, cette fois encore, des Lettres Chrétiennes.
Veuillez agréer, cher Monsieur, avec mes félicitations, l'hommage de mes sentiments respectueusement dévoués.
Louis-Ad. Paquet.
Lettre de L'Abbé Sylvio Corbeil.
Principal de VEcole Normale de Hull. Hull, P. Q. 2 avril 1918.
A Sir A. B. Routhier
Rue d^Auteuil, Québec.
Au sortir de la lecture de votre " roman des temps apostoliques " je viens vmis dire mon contentement.
Au cours de ma vie, fat lu infiniment d^ ouvrages littéraires. Vépopée, plus que tout autre genre, m''a donné d^ exquises jouissances ; et c^est une vraie jouissance d^art que je viens de goûter en lisant Paulina.
A mon avis, c'est un poème épique que vous publiez : Le héros et Vœuvi'e que vous chantez dans votre prose harmonieuse, je veux dire saint Paul et rétablissement du Royaume de Dieu parmi les Gentils, sont un sujet plus grandiose qu£ ceux de TEneide et de ^Iliade.
Homère et Virgile ont dû enchérir même sur les légendes nationales pour donner à leurs héros et à leurs actions des proportions surhumaines. Mais vous, vous avez raconté, avec la probité de Vhisioire, des personnages et des événements dont la juste grandeur a suffi à votre muse, ou plutôt à votre génie, que V enthousiasme sacré exalte, pour porter votre âme et la nôtre plus haut que la région du sublime en littérature, je veux dire jusque dans les hauteurs du merveilleux chrétien.