XII QUELQUES LETTRES
Toutefois, dans ce poème de Paulina vous avez mêlé à Vhisioire assez de fiction pour qu'on puisse le ranger paimi les romans. Ce double domaine de V histoire et de la fiction vous a permis d'y buriner des personnages représentatifs de V humanité en face de ceux de V Evangile ; et votre imagination très riche, créatrice de grâce et de beauté, a su y faire évoluer les péripéties d'un drame saisissant, tour à tour humain et divin.
Tout le long du volume, j'ai savouré le charme des couleurs locales, qui font voir les choses et les âmes antiques dans leur éclat propre, et j'ai admiré en même temps les aspects psychologiques de ces âmes qui ont évolué autour de saint Paul et qui furent rebelles ou dociles à son apostolat.
La couleur locale s'étend également aux éléments pittoresques du poème, et fait ressortir la vérité des descriptions.
Comme Lamartine et Chateaubriand vous avez visité les lieux décrits dans Paulina et dans le Centurion, et vous en avez esquissé les dessins de particulière beauté avec un grand bonheur d'observation.
Enfin, vous avez su, mieux que les auteurs de Ben- Hur et de Quo-Vadis, faire briller sur tout ce qu'il y a d'humain et de terrestre dans vos romans des reflets de la splendeur de Dieu.
Cet autre élément de couleur et de vérité est indispensable dans un poème qui célèbre l'établissement du Royaume de Dieu, et saint Paul, l'homme du troisième ciel.
Et voilà ce qui fait la beauté de vos deux romans : Dans le Centurion je vois le Dieu de la Rédemption descendant parmi nous, et se reflétant dans les âmes