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les pieds et les mains il avait dit : “ L'homme à qui appartient cette ceinture sera ainsi lié par les Juifs à Jérusalem, et livré aux mains des Gentils. ”’ Et tous ceux qui accompagnaient l’apôtre l'avaient alors supplié avec larmes de ne pas monter à Jérusalem. Mais Paul avait répondu :
“ Ne pleurez pas ainsi, vous me brisez le cœur. Pour le nom du Seigneur Jésus, je suis prêt à être lié et,à mourir dans Jérusalem. ”
Tous les frères de Jérusalem lui firent un cordial accueil ; et ils lui conseillèrent de faire le vœu de nazirat pour convaincre les Juifs qu’il n'était pas un contempteur de la Loi. Il y consentit, mais la prophétie d'Agabus ne tarda guère à‘s’accomplir.
Les Juifs d’Asie, l'ayant aperçu dans le temple, soulevèrent parmi le peuple une émeute violente. Ils se saisirent de lui, le traînèrent hors du temple, et s’apprêtaient à le tuer, lorsque le tribun romain, Lysias, accourut avec des soldats et l’arracha de leurs mains. Mais la foule immense criait : ‘“ Tuez-le ! tuez-le ! ”
Paul demanda au tribun la permission d’adresser la parole à cette tourbe hurlante. Et quand elle l’entendit parler la langue hébraïque, elle s’apaisa et l’écouta.
“ Mes frères et mes pères, leur dit-il très habilement, je suis juif né à Tarse, élevé en cette ville de Jérusalem, aux pieds de Gamaliel. J’ai
PAULINA 227 été comme vous un ardent zélateur de la. Loi, et c'est moi qui ai persécuté jusqu’à la mort ceux qui suivent la voie du Christ. ”
Après un pareil exorde on l’écouta volontiers, et il raconta le miraculeux appel de Jésus de Nazareth sur le chemin de Damas. Mais quand il en vint à parler de sa mission auprès des Gentils, les clameurs des Juifs recommencèrent : “ Tuezle, débarrassez la terre d’un tel être ! ”
Alors le tribun le fit entrer dans la forteresse, et ordonna qu’on le frappât de verges. Les exécuteurs l’avaient déjà lié avec des courroies lorsqu’il leur dit énergiquement : “ Vous n’avez pas le droit de flageller un citoyen romain. ”
Le tribun eut.peur, et contremanda la flagellation. Le lendemain il délivra Paul de ses chaînes, et il l’amena devant le Sanhédrin afin que ce grand conseil fit valoir ses griefs contre l'accusé. Paul protesta immédiatement de son innocence : “Mes frères, jusqu’à ce jour, je me suis conduit devant Dieu avec toute la droiture d’une bonne conscience. ”’
À ces mots, sur l’ordre du grand prêtre Ananie, un satellite le frappa sur la bouche. Paul se redressa et protesta : “Un tel outrage est contraire à la Loi. A ton tour Dieu te frappera, muraille blanchie. ”
Cette sanglante injure était bien méritée, et nous sommes bien tentés d’applaudir. Mais quand
on lui.reprocha de maudire le Grand-Prêtre, Paul s’excusa en disant : ‘“ J’ignorais que ce fût le Grand-Prêtre;”” et il trouva alors un moyen fort habile de diviser le Sanhédrin : ‘“ Je suis Pharisien, fils de Pharisien. C’est parce que je crois à la résurrection des morts que l’on me poursuit. ”?
La discussion s’engagea immédiatement entre les Pharisiens et les Saducéens qui ne croyaient pas à la résurrection. Et le débat devint si violent que les Pharisiens eux-mêmes prirent la défense de Paul : ‘“ Nous ne trouvons aucun mal en cet homme, dirent-ils. Et qui sait si un esprit ou un ange ne lui a point parlé ?”
Le tribun mit fin au tumulte en commandant aux soldats d’enlever Paul, et de le reconduire dans la forteresse Antonia. Le lendemain, les disciples découvrirent un complot contre la vie de Paul. Quarante juifs s'étaient ligués entre eux, et s'étaient engagés à s'emparer de l’apôtre quand on le conduirait devant le Sanhédrin, et à le tuer. Un neveu de Paul, fils de sa sœur, domiciliée à Jérusalem, en informa le tribun, et dès la nuit suivante Claude Lysias fit monter Paul à cheval et l’envoya au gouverneur Félix, à Césarée, avec une escorte de soixante-dix cavaliers et de deux cents lanciers. Et voilà comment Jésus de Nazareth continuait de protéger son apôtre et de l’inspirer.
Devant les Grands de Jérusalem, il parlait avec l’autorité d’un prophète et ceux qui le rencontrèrent pendant la nuit sur la route de Césarée avec sa nombreuse escorte le prirent sans doute pour le gouverneur Félix en personne, ou pour un officier supérieur des armées romaines.
Et maintenant, nous allons voir ces deux hommes en face l’un de l’autre, Paul et Félix.