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LES MISSIONS D'OCCIDENT

L'apôtre des Nations crut alors que le temps était venu pour lui d'accomplir le dessein qu'il avait formé dès son premier séjour à Corinthe de poursuivre ses missions apostoliques jusqu’en Espagne. L'Espagne était alors considérée comme l'extrémité occidentale du monde, et c'était le rêve gigantesque de saint Paul de porter l’Evangile jusqu'aux colonnes d’Hercule.

Il prit avec lui Torquatus, Aquila, Trophime d’Ephèse, et Sergius Paulus. L'ancien proconsul de Chypre habitait alors le mont Aventin.

Là s'était formé un groupe de chrétiens parmi lesquels se trouvait une grande dame romaine, appelée Pomponia Graecina. C’est à cette dame que Sergius recommanda tout spécialement sa femme et sa fille.

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Priscilla et Aquila habitaient le même endroit et une partie de leur résidence avait été érigée en église.

Tous les Chrétiens formaient pour ainsi dire une seule famille unie par la même croyance en Jésus-Christ.

Avant le départ pour l'Espagne, Sergius Paulus fut ordonné prêtre ; Chryséis et lui ayant fait vœu de vivre désormais dans la continence, comme frère et sœur.

Les cinq missionnaires prirent passage À bord d'un petit vaisseau phénicien qui descendit le Tibre jusqu’à la mer, et qui les transporta, après une navigation plus ou moins mouvementée, jusqu’au port de Marseille.

Cette ville était déjà en grande partie chrétienne. C'était Lazare et ses sœurs Marthe et Marie qui avaient converti cette population à la religion du Christ. On l’appelait alors Massalia et Lazare en était le premier évêque.

Paul et se compagnons furent les hôtes du ressuscité de Béthanie, l’ancien ami du Sauveur, et Paul y prêcha la foi nouvelle.

De Marseille, les missionnaires se rendirent en barque jusqu'aux bouches du Rhône, et ils remontèrent le cours de ce beau fleuve jusqu’à Arlésium.

C'était déjà une ville ancienne, très importante Par son commerce, ses chantiers de construction et sa population qui dépassait cent milie âmes.

Jules César y avait fait construire douze galères à trois rangs de rames pour conquérir Marseille qui s’était rangée du côté de Pompée. C'’étaient . les grands vaisseaux de guerre de ce temps-là.

Arlésium prit le nom de Julia tant que César en fut le maître ; mais elle reprit plus tard son nom primitif. Au moyen âge elle fut la capitale du petit royaume d’Arles.

C'était une belle ville romaine possédant un amphithéâtre, le plus vaste de la Gaule, un théâtre, un cirque orné d’un obélisque, un forum et une vaste nécropole nommée les Champs Elysées.

Arles possédait aussi des aqueducs, et des remparts construits par les Romains.

De tous ces monuments, il ne reste plus que des ruines très imposantes et très bellék, qui attirent encore aujourd’hui les touristes du monde entier, dans la vieille ville française.

Nos trois missionnaires y firent un séjour de plusieurs semaines et leur prédication y fut tellement fructueuse que Paul y fonda une église dont Trophime fut le premier évêque.

Aujourd’hui encore, après dix-neuf siècles, le souvenir de saint Trophime y est resté vivant, et la cathédrale qui porte son nom est une des églises les plus remarquables de France. Son grand portail est un vrai chef-d'œuvre de l’art chrétien au XIT° siècle, et la figure de saint Trophime y app:raît sculptée dans la pierre.

À côté de l’église s'ouvre le cloître de Saint- Trophime qui est une merveille d'architecture et de sculpture.

À partir d’Arlésium, Paul et Sergius traversèrent, toute la Gaule méridionale jusqu’à Narbonne.

Là encore, ils jetèrent la semence évangélique qui y germa miraculeusement. Le nombre des chrétiens s’accrût tellement que Paul y établit une nouvelle église dont Sergius Paulus prit la direction comme évêque.

C’est après cela que Paul pénétra jusqu’en Espagne par le littoral. Dans tous les centres qu’il traversa, il fit entendre sa p-:lication aux populations étonnées et ravies. Enfin, il poursuivit sa course apostolique jusqu’à Saragosse où de nombreux chrétiens l’attendaient. Car dans cette ville était venu avant lui Jacques, surnommé le majeur, fils de Zébédée et frère de Jean l’Evangéliste.

Selon la tradition que les Espagnols regardent comme de l’histoire, Jacques y serait arrivé en l’an 38, et il y aurait fondé une église chrétienne. En l’an 42, il retourna à Jérusalem où il fut arrêté et mis à mort par Hérode Agrippa. Quelques disciples qu’il avait amenés d’Espagne avec lui y rapportèrent son corps dont les restes sont en- Core en grande vénération à Compostelle.

On comprend à quel point Paul fut intéressé par les souvenirs du grand apôtre ; et il passa

quelques mois à Saragosse, édifiant, consolant et confirmant les Espagnols chrétiens dans leur foi. Son rêve apostolique était achevé. Sans doute, l'horizon s’élargissait encore devant lui, mais le champ d’action était trop vaste pour un seul homme.

D'ailleurs, les églises d'Orient le rappelaient, et il sentait qu’elles avaient vraiment grand besoin de le revoir, elles qui avaient été les premières aimées.

Il se décida donc à revenir sur ses pas. Il repassa par Narbonne où il y revit son cher ami Sergius Paulus.

La séparation fut doulourense. Jamais deux cœurs ne s'étaient sentis si bien faits l’un pour l’autre. Jamais deux intelligences plus élevées et plus nobles ne s'étaient rencontrées sur le chemin lumineux de la vérité éternelle.

C’est en pleurant qu’ils se dirent adieu, Sergius recommanda sa femme et sa fille à son ami Aquila.

Paul promit qu’il ne les laisserait pas orphelines, et qu’il leur ouvrirait les portes du ciel où ils se retrouveraient tous un jour.

Le séjour de Paul à Rome dura quelques mois qui furent consacrés à consolider les églises chrétiennes ; et il partit alors pour l'Orient en passant par la Crète.

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