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XIV. Bérénice et Titus (page

Leurs amours appartiennent à l’histoire, et quand Titus vainqueur revint de Jérusalem à Rome il l’emmena avec lui, et l’installa dans son palais du Palatin.

Il promit même de l’épouser. Mais, devenu empereur, 1 comprit que ce mariage était impossible, et il eut le courage de rompre et de la renvoyer de Rome. Suétone dit qu’il la TENVOYa invitus invitam, c’est-à-dire malgré lui et malgré elle

Corneille et Racine firent chacun une tragédie sur ce sujet. Celle de Racine fut un succès, mais celle de Corneille tomba. Au dénoûment de la première, Titus dit à Bérénice : ‘© En quelque extrémité que vous m’ayez réduit ;

Ma gloire inexorable à toute heure me suit :

Sans cesse elle présente à mon âme étonnée

L'empire incompatible avec votre hyménée.”’ Et Bérénice lui répond :

“ Adieu, seigneur, régnez : Je ne vous verrai plus.”

Bérénice mourut misérablement en l’an 73, à l’âge de 45 ans.

XV. La diffusion du christianisme et le miracle de son établissement. (page 367).

La rapidité et l’étendue extraordinaires de cette diffusion sont attestées :

1° Par Tacite qui affirme qu’au temps de Néron il y avait

à Rome une immense multitude, ingens multitudo, de chrétiens.

2° Par saint Paul qui déclare :

a) dans l’Epitre aux Romains n1, 18, “ que la foi a été prêchée dans le monde entier. ”

b) Dans l’Epttre aux Colossiens 11, 23, ‘“ Que l'Evangile a été prêchée à toute créature qui est sous le ciel. ”

3° Par Eusèbe : Démonstration Evangéliqueliv. rr1,pp.113,114.

Il y a des historiens qui s’efforcent d'expliquer naturellement l'établissement du christianisme. Mais tous ceux qui étudient cette histoire de bonne foi ne peuvent s'empêcher d’y voir l'intervention du surnaturel.

Qu'il y ait eu alors un certain nombre d’esprits d'élite qui sentaient le besoin d’une religion nouvelle, c’est ‘possible. Mais ce besoin n’aurait pu que donner naissance à un grand nombre de religions différentes. Car il est dans !a nature humaine que les meilleurs esprits ne s’entendent jamais complètement, et qu’ils diffèrent d'opinion en toutes choses. Voyez par exemple ce qui arrive chez les peuples chrétiens qui se sont séparés de l’Eglise catholique.

Pour maintenir l'unité il faut une autorité unique et infaillible, or, la constitution et le maintien d’une pareille autorité sont humainement impossibles.

C’est pourquoi elle n’existe que dans l'Eglise catholique qui a reçu pour cela une assistance surnaturelle.

Dira-t-on que la vérité chrétienne a triomphé par sa seule force ? Mais alors pourquoi y a-t-il aujourd’hui encore tant d’esprits éminents qui la rejettent ?

Et quels moyens d’influence possédaient les premiers missionnaires de l'Evangile ? La puissance ? L'argent ? Les armes ? Le monde ? Les lois et les tribunaux ? Non, tout cela leur manquait — Que dis-je ? Tout ccla était contre eux.

Et cependant, ni les empereurs, ni les rois, ni les chefs militaires et leurs armées, m les hommes d’Etat, ni les parlements, ni les savants, ni les philosophes, ni les hommes de lettres n’ont pu empêcher la diffusion de la foi chrétienne ni ébranler la stabilité deses institutions. Quelles forces avaitelle à son service ? — Nulle autre que le sacrifice et la prière. Est-ce humain ou est-ce divin ?

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Les obstacles étaient invincibles, d’après les vues humaines ; les ennemis étaient innombrables à l'extérieur et à l’intérieur ; les impies, les hérétiaues, les schismatiques coalisés ensemble, les puissances du monde et celles de l'enfer réunies dans une lutte perpétuelle contre l'Eglise et son Christ, voilà quelles ont été les forces hostiles qui ont été vaincues.

Ce n’est pas tout. Le monde a dit aux hommes : venez à moi, et je vous donnerai les biens de la terre, les plaisirs de la chair, et la satisfaction de vos passions.— Le christianisme leur a dit : je vous promets le bonheur après la mort, mais pendant la vie je vous prescris la mortification des sens, le détachement des richesses, la pénitence et les sacrifices. Et le christianisme a vaincu le monde !

C’est le plus grand des miracles ! !!

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