H AVANT -PROPOS
sioiis et des vanités aux petits devoirs continus et réguliers, beaucoup plus que dans la prétendue émancipation du cœur, qui n'est souvent que le prétexte des appétits sensuels de gens sans cœur.
J'aurais voulu prouver qu'en mettant en présence trois femmes d'esprit, mais obstinément attachées à des voies différentes, j'avais, de propos délibéré, laissé le beau rôle a la mère de famille, à l'épouse résignée, et que Pauline Foucault, honnête et pervertie,mal instruite et mal dirigée dans ses débuts, était le produit et le reproche de l'éducation incomplète donnée aux femmes de ce temps-ci.
J'aurais voulu aussi défendre la moralité de mon livre contre les scrupules d'une certaine critique, qui aime mieux les grosses indécences sous-entendues que les vérités saines, dégagées d'une anatomie un peu brutale.
Mais, en y réfléchissant mieux, je renonce a ces précautions. En voyant à quelles conditions les succès s'obtiennent, j'aime mieux abandonner au hasard des lecteurs les chances de ce livre. J'en demande pardon à ceux qu'il offusquera. Ceux qui veulent des crudités pourront me reprocher tout à leur aise de manquer de vigueur et de ne pas aller assez loin dans l'analyse de ce monde suspect et stupide, qui est l'objet de la convoitise et de l'émulation des honnêtes gens et des gens d'esprit.
Bien loin d'avoir à m' excuser de mettre. sous les yeux de mes lectrices les confidences de M°* de Saint- Ovide, j'aurais plutôt à me défendre du reproche de