CHAPITRE XXVIII
Hector avait raison. Une prostration complète, un anc^an* tissement absolu de toutes les forces , de toute la volonté succéda aux élans magnanimes de M"*® de Villemoran. Il ne lui resta plus que le sentiment de sa défaite. Le parfum de la reconnaissance s'évapora promptement de son cœur et de ses lèvres. Non pas qu'elle fût oublieuse, mais si elle ne réagit pas contre le mouvement de piété qui avait dicté sa lettre d*eflPusion à M'** Desprets, elle se contint, et elle no renouvela plus des preuves de soumission qui attestaient ses mécomptes.
Elle tomba dans une langueur, dans un dégoût du monde et d'elle-même qui fut un autre sujet d'alarmes pour Hector. Elle ferma ses livres, et ferma son salon, ne voulut plus voir personne, ne voulut plus lire, ne voulut plus penser. Elle restait étendue tout le jour dans un fauteuil , regardant va* guement devant elle, ne s'ennuyant pas de l'ennui, mais souffrant du moindre bruit qui l'enlevait à sa torpeur. Quand Hector l'interrogeait doucement, elle croyait le rassurer en lui disant :
« Je m'habitue au repos. Je suis mieux, beaucoup mieux. Attends encore un peu, et je serai tout à fait guérie.
Elle redoutait le moindre eifort; elle avait peur de reprendre ses tortures, en reprenant du courage, et elle désespérait de tout et d'elle-même, pour n'avoir pas à recommencer cette ascension quotidienne qui amenait toujours une chute.
— C'est fini, se disait-elle tout bas; je n'aime plus, je nC hais plus, je vis, ou plutôt je suis morte.
Comme les vieux amis de la baronne de Villemoran, M. de Saint-Paares et l'abbé Legros, un peu perdus et oubliés quelque temps auparavant, dans la foule qui traversait le salon de Pauline, hésitaient maintenant à revenir, craignant de se faire trop visibles dans cette solitude, elle les encouragea , elle les invita ; elle prit une sorte de plaisir à les avoir de chaque côté d'elle, pendant des heures entières.
Le bon M. de Saint-Paares s'accommodait parfaitement de ce rôle. Il entrait, baisait la main, s'asseyait avec toutes les précautions pour sa personne , qu'il aurait eues pour de la porcelaine, tirait invariablement sa montre pour vérifier la marche de la pendule , croisait ses mains sur son petit ventre, et commençait une sieste entremêlée de marmottements, dont quelques soupirs sans cause et sans but marquaient les diverses parties, les strophes, pour ainsi dire.
Quant à l'abbé Legros, sa docilité était la mênfie. Son exactitude à venir ne se démentait pas. Mais il s'en fallait beaucoup qu'il se résignât au rôle de pendant que la fantaisie de Pauline lui assignait à un angle du salon. Le vicaire de Saint-Philippe s'était mis dans l'esprit d'entreprendre la conversion de M"*** de Villemoran. Tant qu'elle avait discuté , bataillé contre lui , Pauline l'avait fort intimidé , et il n'eût pas osé lui parler de Dieu, de peur de la pousser ù
l'athéisme. — Elle était capable de tout pour le faire enrager, disait-il avec une naïve fierté.
Mais l'état de langueur de M"*® de Villcmoran lui parut favorable à ses tentatives. Il voulait la surprendre, l'enlacer, la lier doucement, sans qu'elle s'en ajierçût : il comptait sur sa distraction , beaucoup plus que sur sa soumission.
— Une fois dans le bercail, se disait-il en caressant «on rabat, nous l'y retiendrons ! — Et sans croire sa conscience offensée par ces projets de pieuse et douce coquetterie, l'abbé s'avançait, s'insinuait. Il avait même une sorte d'habileté supérieure dont il n'eût peut-être pas fallu lui attri • buer tout le mérite, et qui était l'habileté de la profession. Estimant qu'il serait toujours temps de faire intervenir les raisonnements après coup, il essayait des tentations sensuelles, si j'ose ainsi dire. Il racontait les belles cérémonies, les chanteurs d'opéra, la somptuosité des offices en l'honneur des pauvres ; il tâchait de rapporter de l'odeur d'encens et de la répandre dans l'atmosphère du salon ; il interrogeait timidement Pauline et lui demandait son avis sur telle et telle fête ; il voulait qu'elle prît goût à de délicieuses petites intrigues pour changer un prêtre de paroisse, ou un ornement, un tableau de sa place habituelle; et malgré la frivolité de tous ces bavardages, à force de murmure, de bourdonnement à l'oreille, il ne désespérait pas de parvenir à son but.
Pauline quelquefois souriait faiblement à ces tentatives ; elle disait à l'abbé ;
— Peut-on devenir dévote tout à coup, et ne plus cesser de l'être?
Le vicaire faisait un petit bond dans son fauteuil.
— Dévote ! dévote I disait-il, ce n'est pas là un parti qu'on puisse prendre, un beau matin, si le cœur n'est pas soumis.
— Ah ! ne me parlez pas de mon cœur, vous réveilleriez mon esprit, lui répliquait Pauline d'un air dolent. Je ne veux pas réfléchir, je ne veux pas vous entendre; rendez-moi dévote, et que cela soit fini !
L'abbé se sentait fort embarrassé devant cette plaintive ironie. Il avait honte de ses petits pièges et répondait alors:
— Si vous vouliez, madame, avec un peu d'attention, vous seriez bientôt convaincue.
— Eh bien, prêchez, mon bon abbé; je vous écoute î EtPauHne, étouffant un petit bâillement, se plaçait dans son
fauteuil, de façon à ne guère entendre, et lui disait de parler.
Mais le vicaire redoutait toujours ces provocations; quand il ne pouvait pas les fuir en prenant son chapeau, et en partant, il s'excusait en disant :
•— Il faudrait être un Bossuet, ou tout au moins un Lacordaire, pour ambitionner la gloire de vous convaincre, madame. Vous êtes trop savante pour un pauvre ignorant comme moi.
— Comment voulez-vous donc que je me convertisse, si vous ne m'instruisez pas ?
— Ce n*est pas de lumière que vous avoz besoin, répliquait assez subtilement l'abbé, c'est d'amour. Aimez l'Église d'abord, je vous l'expliquerai ensuite.
Pauline remuait la tête avec un sourire.
— Ils parlent tous d'amour, même les prêtres ! Ah ! c'est bien assez de tomber du haut de l'amour des hommes, sans s'exposer à tomber encore du haut de l'amour de Dieu ; on se briserait. J'aimerais mieux croire au petit dieu Gupidon
' de M. de Saint-Paares : voyez quelle béatitude, quel repos il donne!
Et M«i» de Villemoran montrait devant elle son vieil ami, dont la tête se balançait sur un rhythme qui dissimulait à l'occasion les intermittences de veille et de sommeil.
-— Monsieur de Saint-Paarcs, disait Pauline, à quelle déesse débitez-vous tout bas vos oraisons ?
M. de Saint-Paares s'efforçait héroïquement de se redresser et paraissait confus; quant à Tabbé, il prenait quelquefois la plaisanterie en riant; quelquefois aussi, il affectait de s'en montrer blessé. Sa susceptibilité dépendait du degré de force que Pauline avait mis à débiter sa raillerie ; quand il trouvait qu'elle avait la conscience de, ses malices, le. vicaire voulait l'en faire rejientir. Quand, au contraire, il voyait que Pauline cédait à un instinct plus fort que sa douleur, en se moquant ainsi, il se bornait à soupirer et à changer de conversation.
L'abbé Legros n'était pas un niais. C'était un honnête et bon prêtre qui n'avait pas de foudre dans les mains, quand il montait en chaire ; qui n'avait pas d'auréole, quand il parlait dans l'intimité du confessionnal ; il ne prétendait pas aux prodiges, mais il remplissait son ministère avec prudence et avec tact. Raisonnable, poli, un peu froid, il sentait très-bien le mal dont souffrait Pauline ; mais il comprenait que pour la guérir il eût fallu du génie; et c'est pourquoi il voulait recourir à Dieu.
Ses manœuvres innocentes peuvent paraître indignes d'une proie comme M*"* de Villemoran. Pourtant, il ne faut pas trop s^en moquer. Quand on ne ravit pas les consciences^ on peut quelquefois parvenir à les lasser. Des divers moyens de persuader, l'habitude n'est pas le plus rapide, à coup sûr ; mais c'est un des plus infaillibles.
bans le désœuvrement absolu qu'elle recherchait maintenant, dans cette captivité morne qu'elle s'imposait, Pauline n'était pas fâchée d'entendre un peu et de taquiner, par instants, ce bon abbé. Et puis , il portait le silence et la paix dans les plis de sa robe. Quand il lui arrivait d'être sérieuse et de prendre tout au sérieux, W^^ de Villemoran
36Q PAULjlNË FOUCAULT
se. (Ji^ait 4uapi:cs tout il serait bien. c|^sicaW:e pour die de trouver dans la religion^ et mémçi dansr lespmtiques journall^re^Y 1^ g^éfiwn oa.la mort inlellâctuelle. dent aie avait l^cspi,^^ ]^la n'avait [pl\i$. le droit :(i&e'irien dédaigner deSi .co^sQla^ipijis. .ordinaires ; ei si .elk •éttiii déddée.à ce pas fairçj. u^c i^imreUC) pour essayer d'un iremède.huniain.ou divii^, d'urv^ distraction, quelconque, elle pouvait s-oceuper, sans 3c (jl^r^pger, san^ quittei: son attitude^ des propos de l'alj^bé LegjTO^, l^e; ,ses petites croisaidesoC'étàit un jeu ; c-é* taijt, unçxqssojttrcje, . ,/ -
I^, v^cairç ^yail; donc la.foon&oienoe de son utilité.: ii en** traïf Qt x\ se mettais dans le pi^ogrâmme^de la vie quoti» dien^Q ; il jpég^geait ^a parpidac,i:etise perfiuadàÂtxquë les absolutions étaient devenues moins ioibligatoirea parpi i les pénitent^. çtlf^s péniietttes.du dehons. ILquitteit la rue de Cou£çeUef ^q.p9oi«3 po^ai^e^ .et Pauiine le netenaltipres^e toujpjur9,,à.}}heiM:p4ivdt»«r>,i i- ' •' •
Quant à Hector, il avait prévu cet > état d'^épaiBementvil ne ijaii^ait.ii'i^id'osteasihle.potir lie oombattre^ Sans affûter dejai^&^r J^a^lipe, à .la. solitude,, il: .n'aimait pas à rôsiér long]jfmp3!arve!C. 0lli9f Uo:oertain eitibasrrasj'UH' brouillIiRl mon),^ cfntce^eujic, et 1&^< sé>p«ufi^iU>;lU • n'osaimlse • palrler; Qu^^|[*ai(2nt''ils pu^e .dii^? .Le» paroles d'aknour eussent été des.pOjÇqspifges^. presque: des paroles saoriléfçes.. PauHse ne soi^gje^^iP^s ^J^.pn-vaukloir>dBisaùiinterventi(Hi';> piaîs elle gardait le sentiment pénible d'uajugcmenDiponlié sur 'Clle par;.sqp jps^ri),,et, d!uneiiabsQlutioniqui<l'acG&bktt'<eomihe>ii&
châtiment,.
Hector avait piis un marbre sur ses rôves et sur son amour. Son roman était fini ; la dernière page en ^iait ar« racbéc. Mais le» désespoir n'était pas la seule alternative qui put rester à son cœur vide d'espérance. Il recommençait :1a vie. de sa jeunesse. Il avait prononeé des vœux au
bénéfice. de sa mère; il les renouvelait pour sa femme ; il se consacrait de. nouveau à un devoir.
Sa plus grande, sa seule inquiétude était le soin qu'il devait prendre de Pauline. Comment veiller efficacement sur elle? Gomment la prémunir? Parce qu'elle était brisée, ce n'était pas une raison pour qu'elle n'essayât pas de remonter vers les sommets d'où elle était descendue. Comment la retenir à terre, sans la contraindre, sans la froisser? Gomment empocher le retour de ces faux éclairs de poésie et de gloire qui l'avaient éblouie et entraînée ? Comment la faire vivre, en lui laissant la même conscience de sa valeur, et en changeant la nature de celte valeur morale? Le problème était difficile, peut-être même insoluble ; mais la plus petite, la plus faible chance ne devait pas être dédaignée, et suffisait à tenter le dévouement d'Hector.
Il voyait bien, il jugeait les manoeuvres de l'abbé Le^fôs^; "' et sans espérer qu'elles amenassent un résteltât; M.^ de Vîllemoran les encourageait.
— Qui sait I se disait-il. Si cette ardeur endormie dans le doute se réveillait dans la foi, elle trouverait peut-'être dans l'extase chrétienne l'infini qui lui a manqué I Les illusions de la prière se renouvellent, sans s'épuiser. L'éter- •nité qu'on aspire, dans ces adorations dégagées de regrets terrestres , console et dispense de la vie mortelle. Puisqu'elle n'a plus rien à prétendre ici-bas, mieux vaudrait pour elle le suicide en Dieu.
Mais Hector no se croyait pas autorisé par sa raison à aider autrement que par des souhaits spéculatifs les tentatives de l'abbé. Il savait que, pour des esprits de la force et de l'indépendance de celui de Pauline , une conversion suppose souvent une mutilation. Pauline ne pouvait pas entrer dans l'Église, comme elle était entrée dans le monde ; il fallait qu'elle se courbât, qu'elle s^avouât vaincue. Cet aveu
était une déchéance dont oUe pouvait emporter, même jusqu'au pied de la croix, la souffrance confuse, le regret amer; et Hector se tut reproché de la guérir en ramoindiissant.
Quinze jours après le» derniers événements que nous avons racontés, M. de YiUemoran vint dans la chambre de sa femme, s'assit à côté d'elle, lui prit les mains, qu'il pressa doucement dans les siennes, et lui dit :
•^ Pauline, nous allons quitter Paris ; je viens te deman* der si ce projet te contrarie f si tu veux que je Tajourne jusqu'au printemps prochain?
-^ Puisque lu as décidé , répondit Pauline , pourquoi m'interroger ? Je ne veux pas déranger tes projets. Est-ce que nous allons voyager encore ? Prends garde ! les voyages nous sont funestes.
— Netua ne voyagerons pas, nous nous reposerons ; j'û acheté une jolie maison dans la vallée de Montmorency. J*ai voulu réaliser un vœu que tu as formulé jadis devant moi; seulement, je ne t'ai pas donné une ferme rustique; mais dans un coin du jardin, que les gens du pays appellent un parc, je pourrai t'en bâtir une.
**-^ Quand partons-nous ?
•*- Dans quelques jours. Mais si tu redoutes l'automne, rhivormêroe, dis-^le franchement... J'ai l'intention de passer l'hiver hors de Paris. Ce n'est pas le froid qui nous fait peur? oe n'est pas le monde qui nous attire. Nous aurons toute une installation, dos projets, des constructions à surveiller...
--« Passons-y l'hiver, toutes les saisons ! dit Pauline avec un faible sourire ; je me trouverai là-bas aussi bien qu'ici.
— Tu te trouveras mieux, reprit avec une apparente naïveté M. de Villemoran, qui ne voulut pas faire attention à l'ironie de cotte réponse, et qui feignit de s'y tromper; je te promets un autonme plein de fleurs !
— Tu veux m'embaumcr, dit Pauline.
— le veux te guérir, repartit Hector.
— Voilà un mot auquel je ne crois plus, mon ami. Corn-» bion de fois ne me l'a-t-on pas fait briller comme une pro^ messe, comme un appât. On ne m'en a jamais offert d'autres pour me conduire. Il paraît que j'ai toujours eu besoin d'êtro guérie. Hélas I quel malheur, avec cela, que je me porie bien ! Gomme une maladie rebelle mettrait tout le monde d'accord ! Vous auriez raison tous de me soigner, et j'aurais moins de scrupule à m'avouer malade... Sans comptep que la malade pourrait peut-être d(?barrasser les médecins»
— Pauline, Pauline, tu n'es pas généreuse envers eeux qui t'aimont î
-— C'est que je suis pauvre, mon ami ; je n'id- plus rien à leur donner que la liberté... Nous emmènerons M. de Saint-Paares^ n'est-ce pas? il me manquerait; d'aille^irs, le laitage lui fera du bien. Quant à l'abbé, le voilà détearrassé de sa cliente... à moins qu'il ne nous suive ! 5
— Ainsi, dit Hector, tu ne me reprocheras pas de t'avoir fait quitter Paris? i.i
— Moi, te reprocher quelque chose î à quel titre? de quel droit? N'es-tu pas infaillible? N'as4a pa& toujours raison? Et cette idée même qui t'est venue de me conduire à te campagne, n' est-elle pas une inspiration salutaire? Oui, paartoas^ quittons Paris, vends cet hôtel ; j'y ai gâté les souvenirs que ton enfance y avait laissés. Je te promets de m'étudier, afin de ne pas assoml^rir la maison que tu m'as choisie làrrbasi Et puis, Talr des champs purifie ; celui de Paris corrompt. Ah ! partons tout de suite ; il me semble déjà que je respire l'odeur des foins 1
Et Pauline se levait de son fauteuil et marchait dans sa chambre. Quand elle eut fait un tour, elle revint en face d'Hector, appuya ses deux mains sur le bras de son mari, et dit en le regardant et en secouant la tôle :
. r- Je sais. Won pourqaoi «ôus- m'avons' pas- eu (î'eflfànts ; c'iîçt qu0; jo ix'é tais , .qwe la- ferairte^ cft que itoi ' «seul avài* le cœur et les vertus de la mère ! Tu me traites aveciuki leétê-
.(<eni(3iia,l (j[eboiit<S,quo l'ingr^ititucje ne 'lasse paSiCe que j'ai voulu, tu me l'as donnd» Co n'est pas ' de l(»i faute si je n'ai pa$,3!U4u^ s^mf' detes hienfadlts/CBtle'ratPâ'ité'à'lft tîam- P^gpe» c-ie6l;€ina0iF6 unnouveaiujrôve'detapiiiKJi'j^GSsayerài de m'en rendre digoe: tuim'aideras^ maia âmir âurt^ikifc, "pas *de Ifvire^, in^s.de jamnatixl ijc veuxi ouhUfirî ' et i quand je serai devenue tout à fait ignorante, j© me iwelttrài à Fécole ,tîbQ?.,lft,(Curé dn village., . .mm - .
— Jlif^is npus ne ^i^rons .pas absolumcht senlsy <4it•Ueo*- ^qr^4'a^mds..uncî vipâte. . • -. i ! . ■ '
— Une visite I -, i ■ ' '. ■ , .,,E|t,Çft^Une ri^leivanla têfo* amec utte aorte rfianxiélé.
— Oui, une visite cérémanieusej Wf. Desprets m'ahnoniec que jï^ojtre-filljîiul fto v^ej^xl ^'enmideine. pas nous tjotaïaHre. ^Qflifi>ems,l*^pv<eirra,i . ,]• . ■ . i ■. ■ • .'.■•■. .':."!■ ^
. ; 1 TTr ^p! 3ïp veux pjas le voir, i diit Pauline leniirissoaiiftiii; ' , , P,ui?,,qiieiquo!çhQSi^ s'ouvrit vcfc fondit dans son icœilr;-des .la,i;W3iIu'|(fJle,i\'^vai|; pjjusiisentipsi (depuis quioze» jours tov livrent à sa paupière. • iM-oiv/. -'(!■•:!•>, -h» ' ^-MTT'TM^pflg^^l^ 4optfc, Tïfurmurja-lflçUej©n joignant leëinftins, tu me tends tous les pièges I Oui, je veux, qu'il rVienpe, je y^i^ L;qm^r^s^Çir,J,(?,,y0UJf,J'^4ftp)^;!.,yois4U! hïm,' j«- ne . .^u^^,R^i ^péçj^tet Çp,qïii, .TO Raflqi^^, l,q,.l]a^)triGwv<iwjHéIaslI .pQ^rq^qi/a^t,r|iJxïuç;^puf lç5,tBouv,ioi]^,|]|0^r.riav<>ir? , ..
L!idOe d'uiji départ pi^oclia^^, d*ui;i ipouyeirieot dans sa vie, qui n'était pas un, .nipuyei?ient dû à soij jnijtiî^tivîi^ peiispn- . j^çlje,, , ^))l^. Tfr^^^X qWPtoo . CQpfî^Boe , H . Ml^^; de; Villemoran ; elle parut secouer l'engourdissement,. 1q suaire- qui pesait ^ur elle. Çlle ratifia tous les projets, tputes les dispositions d'Hector. On décida facilement M, de Saint-Paares à
se. idi^ôr i&ransporter avec tes anires tneubics' dû 'saton. Qiuuni, à, , l'abbé LegroB^ il fut triste tout le' joar, '.mais il dh le,lewJomaia •*- .1 .-; •>■.!■ i ' ■ ■ !■ • ' •!' • "' ' ■ •! j' ■'^•■' ' : -^ La ..CQursie sera un peu ptu3 longue ;' maiS' j'a'i!A*ai' lie jterpp? de lireinM)n.!bFé¥iaire en routôi ' ' ' . .. < • .11 •. ■ , Trr Nf QUbUes pas^ dit Pauline, cpievous avez chaf ge d'âtfid. je-.fHrenais goût < à to?i«ermon&, monsieiir l'abbé; qttltl^.b jftvrs diO'pkis^' «et }© m'avouais repentante. ' '
. . , -trn Ne i*pourraiit^-ian f as irctardeir/de quinze jourfe le déjiaf l? demandai .1« hm vicaire,' • ■ ' " ' ' '" '
— Impossible. D'ailleurs nous prcmdrons ifois semaines à la , iQampagfte!;- oda •fera'-durer' 'lo'piasir plus ionglemlfe.- -
— Oh 1 il ne faut pas mettre de coquetterie 'ttVéé Ife «lioh Dieu, reprit l'abbé Legros. . ; / • 1 j -
— .Vousfsatez.J dit'MmQ'deVîUèmôrftil^'à^ l« = 'étttnpâ^ne, OQr^Ot la tétô unpislu fflus^iurej.. • - " ' ' —
. . rrr Mais -ooi a^loi ccbuti piias isim}^)^; ■ rétorqua le Vîeslîrei' ! • Quand Pauline avait demandé à Hectofr- le' ttômrdrt'pâys qu'ilB!»liaM!stlilabiteri, isonîmari lui«ivâitdési|^éMéilttignon. M^— C'est. 'pBesqoèuit'ndm 'de paisioraie,!dil-éU6;' c*est' un village deilaoart^ du" Tendrtî, ou ùtt i[>&ysag6 de Flôflhiï'; nous verrons Némorin I ! - 1 in !
.. !-?— Ohl noa; c'est- ÙTrô «vuUëe' peu{)lée de • ^épirtiërisles, répliqua Hectpr. . . , 1 , ; "
' -*t To ds raison de èouffler sur toutes mes folids, 'pbiir lesidlsperser'^ie^étéîiirtr^. Qu'tmportdle nom, quiïripôrte le pays! ic'«(Stîdtt"diel;' (féSt'dô l'herbe 'Vèrt'é','c*élèt' dd Ta terre,' pour y inafcher et pour y dormir... €ortimetit les pépiniéristes arriBiiigent*-îls leur cimetlëre? ' ' ' '
■i*-» Pauline; dit grâvetnenl Hector, il ne faut pas jouer avec nos douleurs. ■
-*• Ce n'est pas mol, mon ami, qui les prends le moins au sérieux, je te le juï'e.
Vers la fin de septembre, à la veille de la saison qui rappelle tous les oisifs disperse^ sous les ombrages, M. et M"* de Villemoran quittCrcnt Paris, pour aller s'installer dans leur maison de campagne. Hector avait voulu louer Thôtel de la rue de Courcelles; mais Pauline, qui avait donné Un jour le conseil de le vendre et qui n'eût pas 6X6 fâchée rie le voir démolir, Pauline s*opi)osa de tout son pouvoir à ce qu'elle appelait une profanation.
— Tu es assez riche, mon ami, dit-elle à M. de Villemoran, pour garder, comme un sanctuaire fermé, cette maison, qui te reverra peut-être quelque jour. Quant à moi , si îes champs me guérissent, je veux pouvoir venir librement méditer dans la petite chambre où j'ai conçu l'ambition d'ôtre ta femme, et prier dans ce jardin où lu m'as dit que tu m'aimais. Ne permettons pas qu'on effarouche tous ces souvenirs blottis. Veillons sur eux avec soin. Ta mcVe espérait que nous ne l'aurions jamais quittée, cette maison qu'elle avait fait bîltir. Puisque tu consens à l'abandonner pour moi, j'exige que tu y laisses la part la meilleure de notre destinée. Soit que tu échoues, soit que tu réussisses dans la tâche que ton dévouement te conseille, ménage-toi ici , pour m'y ramener en triomphe, ou pour y venir pleurer seul, une douce retraite. J'ai cueilli quelques fleurs du jardin, c'est assez pour moi ; mais les pierres sont pour toi des témoins qu'il ne faut pas offenser.
Hector fut ému de cette demande.
— Merci , dît-il , je garde la maison , nous y rentrerons bientôt.
Quand Pauline dut quitter l'hôtel , elle s'aperçut que ses paroles d'intercession n'étaient point un vain simulacre d*al- |endrisscnient, une fornmle contrainte et polie pour adoucir le sacrifice que lui faisait Hector; elle ressentit un déchirement véritable, elle éjïrouva comme un remords; elle se
demanda si ce n'était pas par sa faute que cette maison devenait vide : elle se rappela Tofistination qu'elle avait mise à poursuivre sa chimère orgueilleuse, son amour, plus encore que l'ambition d'être une femme riche et titrée. Elle se souvint du calme de ces belles soirées d'hiver, quand la baronne causait au coin du feu, avec le bon M. de Saint- Paares, un peu moins silencieux qu'aujourd'hui; quand Hector travaillait; quand tout le monde faisait sa tâche; quand elle-même avait un devoir à remplir.
Elle embrassa d'un rapide coup d'œil ce tableau paisible, et elle le compara au vide, au néant que son ardeur inquiète avait mis à la place. Alors elle eut de nouvelles larmes.
— Si du moins, se dit-elle, cette douleur que j'éprouve devait me conseiller et m'inspirer une œuvre de réparation I Mais non; je ne sais que porter malheur; je nuis à la joie des autres , et je ne sais pas donner une heure de repos à ceux dont j'ai pris la vie.
Comme elle allait monter en voiture, elle entendit un gros soupir poussé derrière elle : c'était le bon, l'inofFensif M. de Saint-Paares qui avait aussi sa minute de mélancolie.
— Hélas! murmurait le pauvre homme, je ne reviendrai plus ici!... Adieu, baronne!
Ce n'était pas la maison qu'il saluait ; c'était le fantôme de sa vieille amie, auquel il n'avait jamais cessé un seul jour de tenir compagnie, et qu'il avait peur de ne plus retrouver là-bas.
L'abbé Legros assistait au départ; il serra la main d'Hector, promit une visite prochaine à M™" de Villemoran, et, après les avoir vus monter en voiture, il descendit lentement la rue de Gourcclles, entra à Saint-Philippe, et dit la messe pour le salut de ses amis, comme s'ils devaient courir des périls en allant de Paris à la vallée de Montmorency, où nous, les retrouverons.
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