CHAPITRE XXIX
' Là îrtàîSôh de M. de' Vilïemoran (^tait placée dans un nid •de vet^durè, au pidd du colbàu, l3ien aii-dessous de cette terrasse, au bord de laquelle ïé pbëte des Çontemplaiioris
Vest sôiw'ént accoudi^, iet dont iî a dît :
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Qui joint Montlignon à Saint-Leif, , :'..•,. -.• , Une terrasse qui s'incline ,
' ' ' ^'' Entre un bois' soinbrè et le ciel Wéu?
^ Le bois sombre . fenpait , l'hpri/.pD^ d*uu ^.t^é» \e , ciel .hleu 'donnît^t aux pelouses d^, copieur^, vjBftes.pljus. vive»;, e|t,dei' vaut les fenôtrçs du ^aloa, ]a.>'î^|iéôj,^^:4^r(0ulaUiu8qu'^ Engbien, dont le lac brillait au fond du tableau comi^etje miroir de cette cpquetterie. Qu,^ncl le temps était pur^.on apercevait, dan^ un pH d^s cotpau?v,^}iplqiïe chope dc,J|)f,Vr meux et, de yaguequi.^^it Paris,^pt ^if .mili|ej^4^ iQMJ; cpj ain^s de ^uxaist^ns, ce gyanxi porch^^ QMy<^r|t .fxax ]e yidcn^t sous lequel rien ne passe, Tare de. triomphe. dci l'Etoile.
La -maison était belle, mais elle était surtout graôieu$e el bonne. Les habitations ont .pn caractère, une ai(n,able ou une mauvaise humeur. Il est des miirs qu'on ne peut, jamffii? faire sourire; il en est d'autrçs qui exhalent la gaieté;. M. de Yillemoran avait choisi une maison élégante saiis
fatuité, d'une sérénité douce. Les fleurs s'y plaisaient partout ; une harmonie mettait toujours d'accord les murailles et les verdures qu'on appliquait contre elles. Le salon et la salle à manger étaient au rez-de-chaussée ; la chambre de Pauline dominait la vallée ; un petit ruisseau, dont on abusait au passage, f^ait^u;ae ^|^^ (1^ fq^t,lac microscopique au bas d'une pelouse en terrasse ; les clôtures en haies vives se confondaient avec les verdures extérieures, si bien que tout le paysage semblait continuer le parc. A gauche, en angle, le village de Montlignon avec son petit clocher, ses maisoi^s propres, et cet aii^, ^p.dim^cf)^ ^niue^ Jij^ fç^mpagne, sans rusticité, d^s environ^ ,çle;!p^ri^,gar4et,<?uj9ui;^, comme une raijleric de la civilisatipn^ au iirijli(}u4e la.natuf^.
Telle était la retraite charnianj-e que Jk|[i.dp,yil]ç;npj^ïi avait choisie, avec le tact d'un artiste et les précautions d'un amant. Sa bonté, son ilëvouémetit lui révélait la poésie et lui tenait lieu d'amour.
Pauline apprt^çia , les délicatesses d^ cetXe. ^oJitude ; elle comprit toute l'intelligence dévouée de cette acquisition. JJ '^■Si'j'fti èn!côre (Jud^ùe choàé à' atteiidhe'''de ce monde, je'déiisTâtttèndr^' Ici: Tout est cohjuré contre hioi^ et 'l^abtlè tëgfôi 'serait' content ; je 'su!is m^talîéé au'^miliéii' d^iin cah-
•tiqriè.' '■■ •■ •^-'"^' '" '■'■ '•' • ' •' -'"' ''■ -;'
' Petidatit les prettiierè jours, M™^ de VîUémoraii visita le jà!Miri;''lé'ïyairb, Id ttiàlèoii;' lëà àlerttoui^si saris èmpressemietit ^ mk 'ù6rt'cft^lè(mië,'àvéé'îi^cîii'îosîtd'réiiny^^^ 'àmè
<ïui*e'réWiTre fef^'t së'm^riage: Elle' céM' a r attrait ^efe naturié; ' tout ' eri à\^ïrt iri'^tinrctivemcnt peur de s''y ab^n-
L'ûU^6mnè?'donhàit aux a'rbres ces émotions, si j'osè dire ainsi, qui né r(?sident que dans les nuances, et qui ne sont pas daris les couleurs vives et tranchées, des reflets jaunes et roux, ces perspectives que les brouillards bleiiissent, ces
bruissements plus sonores des feuilles à demi sdcbées, ces palpitations des longs peupliers, dont les fli^ches semblent, à un certain moment, des perchoirs de papillons dorés, toute cette vie qui déborde avant de tarir, celte plainte, mêlée de sourire, de la nature qui va jouer la comédie de la mort ; tout enchantait peu à peu et consolait Pauline.
C'était une inspiration de grand médecin d'avoir inauguré cette maison à l'entrée de l'automne. La crudité de Tété, l'insolence pudique du printemps eussent effarouché M™® de Villemoran; mais ce demi-deuil qui commençait, cet abandon du paysage, était une invitation pénétrante et insensible. Les rosiers n'avaient plus d'illusion ; les prairies étaient fauchées; les bois étaient coupés; tout murmurait Télégie mélancolique de la résignation. Encore an mois, et novembre allait souffler sur les derniers rêves égarés dans la vallée, disperser les dernières feuilles, mettre les premiers cheveux blancs à cette vieillesse immortelle, qui n'est qu'une jeunesse, interrompue pour renaître.
Par un phénomène bizarre, la reconnaissance et l'émotion ne ramenaient point Pauline à son mari. Elle le bénissait ; mais quelque chose se révoltait en elle, quand elle voulait faire un effort pour lui traduire cette bénédiction dans un mot affectueux. Elle lui savait gré de cette gâterie universelle. Quand elle cueillait une fleur ou un fruit, le parfum et la saveur lui semblaient un bienfait d'Hector. Mais l'amour, l'amour ardent et fou qu'elle avait cru sentir en elle autre-» fois, ne se réveillait plus ; comme il ne pouvait plus trouver les âprelés, les amertumes dont il s'alimentait, il gisait tout au fond d'elle-même, impuissant, abattu et bien réellement mort.
Ainsi qu'on Tavait promis, le filleul, le petit Hector, fut envoyé avec une nourrice. M. Dcsprcts avait été nommé député, l\ s'installait prochainement à Paris. Il avait hftte de
participer aux dernières luttes ; il se fût reproché de voir tomber, sans son petit coup d'épaule, un pouvoir qui avait eu toutes ses tendresses. Marie, en envoyant son enfant, annonçait ou proposait sa visite.
Pauline voulut jouer k la maternité avec le petit Hector, Elle courut à lui, l'embrassa de bonne foi, lui trouva bien les charmes qu'elle avait prédits. Mais, quand elle l'eut porté pendant une heure, elle se sentit fatiguée. Elle regretta que ce délicieux poupon ne lui rendît pas d'une façon intelligible ses caresses et ne sût pas encore balbutier un mot distinct.
— Je l'aimerai bien, quand il parlera, se dit-elle en le caressant.
Elle avait cru qu'une source allait jaillir de son cœur. Elle qui eût souffert tous les martyres pour devenir mère ; elle qui avait pleuré l'absence d'enfants, et qui s'était dévouée à celui-là, elle s'imaginait que l'amour maternel peut s'improviser, se substituer. Mais, en dépit de son efîort, elle ne dépassait pas la région d'une bienveillance de marraine. Cet enfant ne lui tenait pas au cœur par ces liens énergiques qui ne sont jamais rompus. C'était d'ailleurs l'enfant de Marie, non pas d'une rivale, car la pauvre Pauline n^a-r vait même plus de jalousie, mais d'une femme qui savait 8*arranger de la vie ordinaire, et dont le bonheur, assujetti par un effort de volonté, lui donnait une leçon qu'elle ressentait, sans vouloir l'accepter.
Peu à peu, à mesure que l'influence de la campagne se faisait apprécier, M"**' de Villemoran reprenait des forces, mais reprenait ses inquiétudes. L'énergie de cette nature indomptable se retrempait sans se niodilicr. Quand le yent devint plus vif dans la vallée, Pauline fut provoquée et surexcitée ; elle demanda à Hector de lui acheter un cheval ; et si elle était lasse de tourner autour de ses gazons et de ses charmilles que le gîvre blanchissait, elle parcourait
la èampagne ati galop ou âu pas, Se teftiaht souverit, malgré le froid et la bise, près d'une heure, immobile à regarder du côté de Paris,' à altetïdrc, sans rien espi^er, à fouetler l'air dtf sacirkvadiev à jcier an vent des éoupîrs ^ui fee peN dalettt'daùs des tnots entrecoupés.
fâle n'avait plus voulu de livres ni de journaux, et, fidèle à'sa parole, elle n'en denfrandait pas à Hector; iliais quelquefois, duns ses longues promenades soîifaires, elle s'arrèt«dt à' queJquti auberg'e, et pendant que son bheval mangeait l'avoine, elle prenait le journal décacheté fet éali par les habitués de l'endroit, et lisait avidement lès débats dé la chambre, lesr notl^^lles, les articles. Elle appelait, en sourrâttt, cesf lectares fariivtîs'des itifidélités. . ■
Pendant rhivèT','Heclor eut tpeur d'avoir été téméraire ou orne) en essayant de 'cet exîl. L^enmii, nbn plus l'ennui qui' résalto-dle ïa fatigue, ■de' Tépuîsemeiit; niais Feiram tle îa captivité qui met du'^^féa dans les prunelies", Pehnnî qui affani^e lei.codur et qtïî le fait se torturer dans dès asplratîohs ardetae», TeKlnui reparut; • ' i - . ; i .
L'abbé Legros, qui avait tenu toutes ses promesses, et qui ' veôait'i-éguiièrement' de Ptfris 'touteslës'foîs qiié sb'h'saînt miftistôpe ' tai ipermtïttait le tôyage, Uàbbô Legroà apportait * des nouvelles. Si étranger que le boii vicaire' fût àui intrigÉiès;ll en itraVeràalt peut^fetrë quelqiies-ilnes ^fônk* sortir'de la sacristie; et Pauline l'interrogeait avec une aviditfi qu'elle di^àimUtaîÉj ^6ur qîi'ort"iiie' rëftj!sât"pfàs''(aei^'sàli^îhire'.'Qae disait-on? que faisait-on à Paris? 'I ' ' ' 'i = -""
Quand il aviit réiwindu, le prêtre questionnait avec amitié à -son itoiit; iï'fcvenalt" ftsottseitoon,'l'c!'ïSromèttant'icourt elle- faisant 'lotijciurti ^con^plimènteur et caressant; c'était fet façoAde'pre^ôqù^r riiumllité. Panlitie écoutait cinij minutes, laissait parler 'pendant un quart d^heure, et finissait parinlerrompr© l'honU^liè '"par quelque denrande si' étrangère aux
intérêts du ciel;. q^q le hpn yicaire spcouait Ija.tôjLe et se re-. coxmaissait vaincu, , , • . ;; .,
Alors, l'abbé JLpgros quittait sa pénitQnte en(}uipfiie,^t,fain sait un petit .toiir. (Je. pii:on?ena4e.,aveCi.M, <le ;^int-P^^res.; Le vieux comte se préteçd^it .ra.je|Upi,;: c'.étai^ siiiijipl^ipqflt, l'air vif de la, valléeq^i Xîpns9^dait.spn,-esti0pp^c. y.jSÎqyfasiait ^ur ^es horizops qu'il ne, Aiqy^U pjus.gpèrp.; H-i^tait na^vi des. feux pétillants qu.'pn lui.alluinait dajas, sa iKli^mbreji.qt.jl, a,vai.t tous les.spirs .uue.plfi,çe à.p^'ei^dre dapsu^ petit wbist qu'Hpctoravait trouvé rppyçn.fi'ûrg^niçef,,, ., ...
Vers la fin. de jpovent^bre, III"'® Desprets.aj^nouQa s^ visHei: elle yenait cbercjier son iijs,; (^lle avait, à sParis^ un pi^dn^^ terre pour la durée, dp la.,s,es^pp^ Pp»q^pir.reg|aF(la PauUa<^T
av.ec une profonde, a^VfPltîiOPi.flUf^ad,' il liul ^<" part;ide pelle visite ;in^is M"" d,p Villei^çr^iji, ps^rut- en<jl>ax^téei; .c'était uf^e .qlis;ti:fi;C.tiqn>.v.ï^e éf^iptio^ih^ciute^une jp^rn^ç djont, ell^ n!^fir^it.pa5,i^4isUibufirs^ul«,l£;§. heures., j, , , , - ..
; ]>^n»e i)f^sprp,t$, ai^riva^p^^ ^uriai)|^,.pl\i,Si})elleique.jaînaisK. Le froid de la route avait ajouté à sft,be^^té;,uA.épl.at,jwvé-:
• Tr-^Vp^s \oulp?;.jionp.q!UiQja;ça€|ui;ç, 4^<,jftlQUSie? luj,i,diit Pai;il,ioe,.;^prp8 l'avoir, étroitement pmJ>fîi^fiéQ' qt;!^ la.ieiwtT . dui^^ftjt Rêvant *up^,gj§ic^*.,l .• .,;.. ;.:,,:, ,^ . .r . -j ,■ ,, •,■ ;
.77- îf p. paripii^s plqs dp ppla, , d}t : M^ric^, , pu )m^ p^riops^en
,,TT Ol^,!iO'jç^.ui^e plaji.^ntpr;p,ir^ir|fr,Pftulip^j aiVi^ .(empressement, je ne suis plus^jçilo^uçpv ,,. lii^,.! .u,,,. ' j,û ti,,
Marie fut presque jLeptj^e dp ^i oonsçilJipr,4e,lp rçdiejvpnir, la jalousie yalant mipux que l'ijidiÇérepce./ M?'' Dpfiprets;. admira l'installation à l^uelle le géflie d'Hqctqr avait présidé; elle jugea, avec la sagacitié d'une.fpmiwpiexpériment<éey,: des avantages et (}es coqup^terijes de U mmpon. . . , ,
•:- Tout, pei^ Qst très-rbeauj-diti-plle ^M^f: f^ yiH.cn^orani..i
sa
Il faut s'entOter pour soufiFrir ici. La douleur serait un bîasphcnic ; et Ton dirait que l'hiver même n'est dans cette vallée qu'une agacerie du printemps.
— Oui, c'est une bonne et agréable maison de santé, répondit Pauline; mais les gens bien portants comme vous n'en ont pas besoin ; ils peuvent vivre à Paris.
— Est-ce que vous regretteriez Paris, ma cbère Pauline?
— Moi! je ne regrette rien : regretter, c'est presque comme si l'on espérait ! Mais je ne sais pas assez de jardinage et je ne suis pas poëte pour vivre de plantations et de contemplations. Paris est mon village, à moi; il est juste que j'y tienne un peu ; mais je n'y tiens guère.
La journée fut douce pour tout le monde. M*"** Desprels promit de revenir avec toute la famille, au printemps.
— J'amènerai M. Desprets, dit-elle à Pauline avec un sourire qui faisait allusion au passé, si les travaux législatifs lui permettent les joies frivoles de l'amitié et de la famille.
— C'est donc décidément un grand ambitieux?
— Ah ! ma chère, nous prétendons arriver à tout. Vous n^avez pas lu son discours?
— Je ne lis plus les journaux.
— Vous avez perdu ; il a eu un véritable succès.
— Je ne croyais pas que M. Desprets fût éloquent, dit M™* de Villemoran avec une ironie sans méchanceté.
— Coquette ! C'est que les députés sont moins difficiles que vous, reprit vaillamment Marie, qui, ayant toutes les puretés, avait tous les courages.
— Et vous, que pensez- vous de cette éloquence-là? demanda Pauline avec une pointe de persiflage.
— Moi, je n'ai pas d'opinion, je ne m'y connais pas, d* ailleurs ; j'enregistre nos succès, cela me suffit. •i-Eh bien! vous nous apporterez des lauriers au printemps.
Quand M™* Desprets fut partie, Pauline ne put s'empècber de dire à son mari :
-* Si tu avais voulu, Hector, tu serais aujourd'hui un ddputé bien autrement puissant, un homme politique d'une bien autre portée qne M. Desprets !
— Qu'en sais- tu? Je n'ai pas même son éloquence,
— Ce qui te manque, ce n'est pas la conviction politique, Texpérience, le courage; c'est un amour qui t'inspire l'ambition. Je ne suis que ta femme. Je n'ai pas d'influence sur ton esprit; je n'en ai plus sur ton cœur.
Hector pouvait répondre :
— A qui la faute?
Il se contint et répondit :
— Je n'ai pas de dédain pour l'ambition politique. Se mêler aux grandes luttes, c'est toujours une grande tûche ; mais j'aurais pu tenter cette carrière pour satisfaire tes désirs de gloire, sans parvenir à te contenter. Tu le sais, nous n'avons pas les mômes façons de comprendre les hommes et
*ïes ehoses de ce temps-'Ci.
C'était la première allusion qui était faite aux discussion^ irritantes d'autrefois et à la sympathie de Pauline pour M. Philippe Loignon,
Pauline rougit et garda le silence. Elle ne pensait plus ou croyait ne plus penser à Philippe ; elle trouvait peu généreux et peu prudent à son mari de provoquer ce souvenir.
Malgré la retraite dans laquelle on vivait, les rumeurs lointaines de la politique, incomplètes et écourtées, parvenaient à Montlignon. Pauline saisissait et gardait avec avidité ces bruits, ces commentaires. Elle s'étonnait elle-même de s'intéresser à ces débats stériles, à ces querelles d'influence.
— Que m'importe? se disait-elle souvent.
Elle n'osait pas avouer qu'au fond de son anxiété il y avait
376 PAULIPiE FOUCAULT
un désir de savoir ce que faisait, co-qw pcnsftit.cetlio.ittnie étrange, ce journaUste, dont l'esprit,, ci» toucbant lewen, .lui ^vait laissé une cmpreinte^juno taçiae ipeffaçable^ Elle ,sodén;ienaitr elle s' agitait. dans sa solitvide, a'osant pas. a^pi*rer à la libertés qt ne troi^yant autour d'^m rien, qui Tatta*chât, qpi rofifiupât, qui pû^ lui suggérer un .plaisir ow. ne^p un«e dçulqii^r réelle et cuisante* ■ > ,..,■,. .,
*-, C'était Lien, la peine de m'évciller! disait^^lle. parfois, en se rappcjlant, la torpejarcquitre laquelle Hector avait \-ouJlu réagir. ..,..■•.,. ... ,...;., ...
Un jour, elle trouva sur sa table un journal sous :baad<e^ à son adresse. Une émotiçin Binguliôre lui agita le^^ mains, .quand elle, déplia cette feuille^ ElUe coijLrut à sQ^imari ; - .. — yoiçi up ojyet do contç^ande; J6 to le déaonoej , . 77 C'est îpoi quU'ai intro(}uit> dit Hector. en aouFia»t.;J'ai deviné xjue. tu i^'opai^ pas me d^emander un.iabonaeaaît^, ^l je.«,'.aitQrc0e.àrQmpretqn.ieûni^, ,:,,,; ' . -. ..
,;-;-,7;u,me t,i|ef^^. àifo^Tce.^e j3pi?té»,.pçppUiPftuline>en<seï:irant avec force les mains de son mari. Tu, weiunei laisses^rie»* ^uiu^^ter,; jfi, flairai; pai^ ^v;qir.,ljftntjB. de ceî.sftDrifice,,sans rcpo^ ^t sana pp^vre, et. j^ demanderai, à. Dieu /de me .É^ire mq\^rir poAT .^ r<^cqmpe»3e, ; . . :.:.., , i ,. ,i . -. ;. ,^ — Je.n'^i peuti-ôtre pa^ bien phoisi^ ydit<,HectQr^(en<pr6^ nantie, jpurna^,.qui ^'é^?it p^vC^i^i dftpfr .Philippe. ^teit.ixV
Pauline le regarda avec une admiratijOili doiillonne^se^ EUe lisai,t sjl çlj?tine|Lem(^nt ,ef^, l\ii^.q}i'(eUc.}ie,v0^ait..pi:ôt à tous les dévouements pour qu'elle fût ou pour qu'elle se orût l^pure^^ç.i,^ifl'0W P43 r-oniigi, de, .lui,:fajr^. lir« ioaiaitioUs de M.iLoi^pçiji, s/ il n'eût 4Hçai^ pour,iPaPline :oUer-méine lïeaur coup plus que pour son bonheur domestique l'influence de ces ôophisnxes violents- ; i ' '
Mme de Villemoran put dès lors s' associer,. par l'imagiiia*
PAULTNE FOUCAULT 377
tiomv'âux sdèttcà plariemétiUtî^es, art mouvetnéhttiies esprits. ;■' Pendant tout l'InTer, eïle gnettail rarrivde du journal oi 4^M s'etifertriait' pôtar le" li^e, comth<î une pensrdnh'aife qtri
^mptoPtè; dans ' âà celliilé le premiei^ iivre de pbéôîiè qui Itii tôrtibe m\}^)k nfiato. Elle trouvait dies beautés aux moihdf es lntei*lruptions. Qu&nd son jout*nal r<:^poindàil, pour F'atlaquer ou pour l'approuver, à un arttde' qu'elle' pènsiait être de Phî- :Hppe Loignon, elle rougissait, comme s'il se fût agi cl'ëîleïAéWe^ -et- elle- seni'ait iau battement de âbn' eœtir'dans'ëâ poitrine qu'elle n'avait pas fini de s'intéresser à ce ïiitleùr pteitt de colôfe-cff'dd'méprlé. • ; • • . « i • î
,-.LLi^iQaevà^4r' répliquer? se'dettlanda'rt-èlle.'' ' '"'" ' Alof^, ^dâttsr 6a 'tête, elle* arrangeaîé eîle-tnémé c^elté Réplique;' elVeïa faisiait iuiplacàMè et fdriêUôe; èft sî, "f^artiaeàkl,''é^lô avait utoe oètâstoa d'atppt^tldre <(u'éd' était* à"peu prôè^^awsk sens 'imaginé par elle que Phîïijipé àvafît' répliqué, elle était troublée jusi^'âd'plus* profond dfe' feôh étire;' ^à't<>ie»<i<^ s^tt^i*'t^iiti<)n,'la''peur'dë si bien cônipt-endr'c lui <i«irtHaiem'la'fiêtrè.'^ '•• ' '■ ■•'•'••''■'■' -^
-:' Ve-rsia'fifr de rhlver^,' une nuit qu'èllie ne dôt^iait pas' (ë't diôpuis queflqtf e '• tfert^ps ' ses insomnies- étaient ttéve'nûè^ ' f réîquentes), elle crut entendre du f6tfd 'de la VàlMè iih' "bnilt t|«i so 'muUiplJait'en' se "brïéâttt mt l'écho. Elle Se 'dressa toul à coup sur sonilité! écoutai; puis elle se leva tout à'fait-, courut à la fenêtre, l'ouvrit, et, à demi nue, *mil^é Ibft'oîd, «llité se^0ûeha:alï de^biisii ■'■ '"'" " "" ':'':-•-, -i •■= "''' ■'••'' V ; ,^ Ê'ést la ftiéî>Hade ;* ê'eëf \é caiicyn \ ^dlt^Mîe ; ' on ié hx â Paris»" ' ■■ •> ..'■'■ ,"■■■■ •■ -' ■ -
• Uiie fenêtre s'Ouvrît à eôt^d'-eKè; ïïecÉOr ku^i- é'cbtitàit. Pauline se coFflvrïtâ la' ^liâliô' d'H»'* eMle et alh fraijipeï''à la jiorte.de 'Son'raari. - ■• ■'"' -" '''■■ -•' '■ ■ "■':' '' ' ■
— Tu as entendu? lui dit-elle avec agitation; onf 'âe iiàl éaas le» rues'de Papisv . - •■'*'
— J'ai entendu, répondit Hector avec tristesse.
— C'est la réTolution qui commence, s'écrift Pauliae ; que va-t-il se passer? quelle impuissance que d'être femme!
Hector la regarda et fut étonné, malgré la connaissance qu'il avait du caractère de Pauline, de l'éclat sauvage de ses yeux, de l'émotion qui la faisait trembler. Toute la colère^ tout le mépris, tout ce qui fermentait en elle de dédain, de rancune, de déceptions, de rêves estropiés, d'enthousiasmes flétris, se remuait, se révoltait, cherchait une issue; elle se sentait du peuple à la chaleur de son sang. Plus que jamais Hector fut convaincu que c'en était fait de leur destinée à tous les deux.
— Nous irons demain à Paris, lui dit-il gravement et sans lui adresser d'autre reproche.
Pauline fit un effort pour se calmer.
— Je suis folle, n'est-ce pas, mon ami? lui dit-elle. Mais que veux-tu ? la bataille, c'était ma vocation ; je me bats depuis si longtemps contre moi-môme, que je me sens heureuse d'une diversion.
— Heureuse de ce bruit, répéta Hector, de ce bruit qui foudroie et qui tue I
— Tu fais attention aux mots, tu n'es pas indulgent pwir l'idée, reprit Pauline. Je ne me réjouis pas de cette nuit sanglante, mais de l'aurore qu'elle amènera.
—Les aurores ne durent guère ^ n'amènent pas toujours le soleil qu'on attendait, continua M. de Yillemûran. Le silence parut succéder au bruit.
— C'est fini, murmura Pauline.
— Ce n'était qu'une émeute, ou bien l'explosion d'une fête, dit Hector.
— Il me tarde d'avoir des nouvelles, repartit sa femme Précisément, l'abbé Legros doit venir.
— Mais si c'est une bataille, l'abbé ne viendra pas»
PAULINE FOtCAULT 379
— Pourquoi? Est-ce qu'il irait aux barricades?
— Non, dit Hector ; mais il aura des secours à porter et des prières à dire. Tout le monde ne cherclic pas dans la guerre civile une diversion à ses tristesses.
' Pauline alla encore à la fenêtre, n'entendit plus rien et se disposa à sortir.
— Je voudrais bien savoir quel rôle M. Despre,ts jouera, si c'est une révolution? dit^elle.
Hector sourit silencieusement; il pensa peut-être que sa femme évoquait le nom de M. Desprets ainsi qu'un masque, pour couvrir un autre nom et dissimuler un autre souvenir* Comme il ne répondait rien, Pauline jugea à propos de no pas prolonger cette visite :
— Adieu, dit-elle.
— Adieu, répéta Hector.
Quand elle fat rentrée dans sa chambre, M™* de Villemoran prêta l'oreille pendant une heure encore. Mais tout semblait assoupi du côté de Paris. Le vent mugissait dans les arbres, ce grand vent de février 1848 qui fut un symbole ; il se lamentait côtnme une plainte, il faisait craquer les branches.
*— Contre qui donc le ciel se met-il en fureur? dit Pauline en regardant à travers ses vitres la vallée, que le vent faisait onduler, £st*ce contre ceux qui attaquent ou contre ceux qui se défendent? Ah t pourquoi suÎA-je ici? Pourquoi ai-je quitté Paris? Mais cfUe ferais-je là-bas que jô ne puisse faire ici ? Attendre, soupirer, faire des vœux, murmurerdes prières!... Prier I Eh bieni oui, je prierai parce que j'ai peur I Mon Dieu ! dit*olle en se jetant à genoux, vous qui voyez le fond des âmes et qui démêlez m)s pensives pures de nos instincts impurs; vous qui voyez le trouble, le désordre, le remords où je suis, calmez-moi, dirigez-moiy ou épargnea-moi I Je suis une créature destinée à souffrir. J'ai
voulu IHionneur,- j'ûii rêvé l'ampur'; ^fc.san8im*'ëcarler>de la HgB6, .inflexible 1 qui me ^sonduisait à ee& deux sonunete;,' jo suis .arrivée àj se plus. senlipien'Tnoijâeifonrce.que'pôunri/la haine^ à «e rôjomr i^ement et mieêrablemeiLtidui maUien^ qnijisatisfoil mies ran«u»èis^ etià rougir 'devant^rnoniman^ patoo que j'éiprouve au<dicdansidciimoi des; angoisses et idqs terreur]s pour un autre. -Hecior' l'a dovini^^îHeeter'Mïeîjugô etjne méiMriae ; il s^it hxex^ que. je soluffre doi^que-iè meurs; pareiQ queijei Latite • contre une i. voix qui -erie, qui>iinfapf>el>é lèirboBi : dans . ce > ^uiiiïilloi) 1 Parnf i ; ces . eombc^tanlisv U ; \Ma un homme que je n'estime pas, mais vers lequel' un ipsiiiiiet i^atidit itï& pousse^ >uùé Maiiiité miéi coaduU.i Donnez r^df la fairco, moaiDiefiilide iiia ipascéden ài<cct(tie iv«)iix Catal&Jq veux, ssourir^ .m3i$> je vouk mourin hbmsête^' eothm&" j'^ yét}U;;njeiUô'<véux paa.qu'on)0fn^acmi8e dte^ n'avoir ipçsîmdiittf le nom d'ain^bbnkiôte^bonupe)4)ÂidezMiioi^ moû'Jïim\'4twxfféz d^ mon ' cmiTi, danâ i vttb itôtef j dans imeis iveinps-, ) cetl^yÀix qui in'fétûundif^ieti que Ij'qqteitdB,: jusque isur ileseoibde .moeif mf^dy ijttsqpei idôvant lui 9 ne> permeiteai pas' iqne 'je> «n'avilisse etquj^.joidéâbonere: oetite mkiaoni sainteté «ce iJiari.sQbUhie^ mOfïi.ftiçvi^ teatmoii^-ipar «pitié J-! ■:;!' ■•'.-.• Ni )-.< m; •.:;,i.,. 'i .., j ,P»uliae ipr4ai lôngtempë'ainaii ateet-àé^ordre^ii épanchant ]>rc^(jae ;Â> demi^voix t;taQtôi'Boniânici<quiidéboêd;^it)j)QtiJindi ellaôut finiy elle sojneleva.ct.euftun ^stourive^ • u ' , ' j. -Ttr Ifii ViOula)s<. parient pour lesr.-gejQSiquiisoih etfiOBé8i4iil& guern^j dvil^, •<itHcI^iiDtije{]i'aLiprié)^ujë>pourinidii Je<suis uoei îiQUfpldcablei i(^ï6tei.>>Qu'aî;d6inofà faire^aina douleur iavee Iftvjpévoluùon qui se prépare ouiqui se liait là-^bas'?! 1/ ' . J^ejU^sr^éHait plus léiroit qu'elle, ne le; suppqsai^oiii jqnVjUe ne voulait le supposer entre sa to^rtureet les inqiHétude& apportées f, par. ce Joruit de. fusillade* Si ses remords. étaient pJvis .. impc^rieux cette »uit-là ,1 cfest qu'elle avait peur pour PhiJippe, et que son <l$voir luttait contre. la violence de sa
passion ; c'est qu'i\ mesure qu'elle s'étudiait et quo le»ëvi1nemefiits eKtérieurs dogagoaiont ses id(^'es;da gIkios dcysoii cspritv elle armait à saisir distinctement la pente . horrible q.vi rcatrafnait et lai donnait le vertige. Ou* s'arracher yio^ lemment par un crimO' contre elle*méme à k tentation de quitter la vie du devoir^- pour Fagitation bruyante et los émotions suspectes qui Tattcndaierit auprès de Philippe; ovi fermer les yeux et se laisser emporter par le tourbillon att ktui du|>ouffre; *^ telle était l'alternatiTe qui rdponvaiHatl et la -jetait à genoux, aox pïeài d'an Dixm qu'elle reoonnab«^ mii à peine. .
/Mais, nous l'ayons dit et nous le répéterons à satidté, pour empêcher qu'on ne méconnaisse l'héro^ikme de cette nafure, Pauline arait horreur d'une chute; c'était im cœur taillant -qui avait tout seolfert pour parrenir à son mariage/ et qui voulait tout souffrir plutôt que de s'abaietser. /.Les bruits qui étaient venus larévviUer l'avaient faât paU piter, comme & un signal ; eet appel révolutionnaire avait roia on branle un loesin dans sa poitrine. U n'était pins temps do languir, de soupirer. Il lallait lutter, se vainereou périr. Pauline acceptait le dilemme et consentait à y répohdre.
•Le matin, an point du jour, elle fit .seller son cheval 'et panit au galopu Hector l'entendit et la suivit du regard. Lui non plus n'avait pas dormi. Il était pMe, il avait méditélanguemenl^' H dos angoisses de toutes sortes se mêlaient au ^déchincment.de son bonheur intime. Il fit venir un do« aiesliqne et l'envova en tonte h&te à Paris, avec no mot pour M. Desprets : il veulait être rassuré sur le sort de son Gousin; désir qui irapli(piait« bien entendu, des inquiétudes sur le sort de sa cousine.
A midi, Pauline n'était pas rentrée. On entendait la fu* sillade et le canon. Hector monta à cheval à son tour et (mrcourut toute la vallée sans trouver les traces de sa femme.