VI AVANT-PROPOS
confiées à leur garde, leur ambition personnelle, ont rendu possibles pour la conscience publique les conditions rigoureuses faites à la presse.
Qu'on ne se méprenne donc pas a l'épigramme de mon personnage. Il n'est pas une injure pour le présent ; il est tout au plus une rancune du passé. Mettre en regard de Philippe Loignon un journaliste honnête, convaincu, loyal, m'eût semblé une précaution grossière. L'art ne s'accommode pas toujours de te symétrie des parallèles; et, d'ailleurs, entre l'inconvénient de mal réussir un personnage inventé, et celui de manquer ua portrait au bas duquel chacun eût cherché un nom, j'ai choisi le premier, qui m'a aemblé le moins grave.
Voilà la seule observation qui me tint au cœur. Quant au reste, je trouve la critique et lê public en si complet désaccord, et les goûts de chacun de ces deux juges si variables, que je ne sais en vérité comment j'aurais dû m'y prendre, pour m'excuser de ce que j'ai osé dans ce livre* ou pour obtenir mon pardon de ce que je n'ai pas voulu faire.
Louis ULBACH.
Paris, décembre 1858.