‹ Pauline FoucaultChapitre 4 sur 47 · AVANT-PROPOS V · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS V

faisais une préface; mais je n'en fais pas une, et Ton sait pourquoi.

Un mot pourtant, avant de finir.

J'ai introduit dans ce roman un journaliste ; et pour qu'il méritât la curiosité d'uner femme gâtée par l'ironie, j'ai eu besoin d'en faire un intrigant cynique, à bout de convictions. Ce portrait a-t-il maintenant un modèle ? Non. Les explications données dans le cours de ce récit suffiraient peut-être pour rassurer à cet égard. Mais je tiens trop à ne laisser aucun doute, pour ne pas insister.

Je m'honore d'avoir appartenu à la presse militante; j'espère lui appartenir encore. J'estime la fonction de journaliste à l'égal des plus hautes fonctions littéraires. Mais, c'est précisément parce que j'aime cet état difficile qui impose toutes les probités, en exposant à toutes les polémiques et à toutes les tentations, que je me suis cru le droit et le devoir d'imaginer un de ces écrivains suspects, disparus depuis que la signature enlève les masques, et qui mettaient autrefois à l'encan, avec leur conscience, l'honneur de leur parti. Ces * hommes pratiques, assez nombreux avant 1848, ont renoncé au journalisme, depuis que l'anonyme n'est plus complice de leur ambition. Ceux qui ne sont pas morts ont changé de tripot ; ils ont fait fortune à la Bourse.

Aujourd'hui, le journalisme est une fonction dangereuse, qui donne, d'ailleurs, peu de gloire et peu de profit. L'attaquer, serait une faute de goût et une faute de cœur. Mais les intrigants d'autrefois m'appartiennent ; et je leur en veux d'autant plus , que leurs palinodies , leurs trafics , leur insouciance des idées

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