SCÈNE IX
PAULINE, DEVARENNES.
DE VARENNES
Je le vois, Madame, ma présence vousa contrariée tout à l’heure... Pardonnez, mais je n’avais pu résister à mon impatience... Plus heureuse que moi, vous savez attendre; vous aimez moins , et vous êtes plus calme ! ,
SCtSK ix,
* PAULINE
Pluscahue, lorsque tout repos est perdu pour moi ! mois n’avez-vous pas compris cet embarras, ce trouble que j’ai tlù éprouver, en présence de ceux qui étaient là tout à l’heure? De braves gens qui m'ont vue tout enfant , un digne prêtre , devant lequel je n’osais lever la tête , car il représente pour moi Dieu cl Dion père!.. Plus calme, avez-vous dit? non, plus inquiète, plus malheureuse I
DE VA BEN N ES
Malheureuse, Pauline !.. parce que vous avez écouté l’aveu de cet amour que vous m'avez inspiré ! Parce qn'unc parole est sortie de votre bourbe, pour aller à mon cœur ?
PAULINE
Eh bien ! n’y a-t-il pas là tout ce qu’il fallait pour troubler le repos (le ma vie?.. Je ne sais, je suis livrée à de cruelles anxiétés... 11 me semble à chaque instant qu'on va découvrir le secret quejc n’ai pas eu la forrede renfermer dans dans mon âme... Et vous trouvez qu'elle aime moins que vous, U femme qui, par amour, s’est dévouée à de pareils supplices?
DE YARENNES.
El moi , n'ai-je pas aussi mes chagrins et mes douleurs? N’y a-t-il pas dans cette passion que vous in’avez inspirée, mille causes de tristesse, de ressentiment ?.. Je vous aime à fuir le momie qui me charmait, à me consacrer à vous tont entier, et tandis que je m'exile dans ma solitude, un autre est là , toujours là , près de vous !
PAULINE
Oh ! ne prononcez pas sou nom !.. Cet homme est bon , généreux , dévoué !
DE VARENNES
Ne m'en parlez pas. si vous voulez que je renferme dans mon âme , tout ce que je ressens contre lui, pour m’avoir devancé auprès de vous.
PAULINE
Oui , pourquoi nous sommes-nous rencontrés trop lard ?
DEVARENNES.
Qu'importe, après tout, Pauline, puisque nous pouvons nous aimer encore!...
PAULINE
Nous aimer! quand je ne puis sans frime, entendre cette parole!.. Et, tenez, l’heure avance , ne restez pas pins long temps... s'il revenait , s’il vous trouvait ici , comment expliqueriez-vous votre présence?.. Éloignez-vous...
DE VARENNES
C’est cela , nous voir toujours à la dérobée... céder la place à cet homme, qui a le droit, lui, de vous voir à toute heure !..
PAULINE
Entendez-vous ?
DE VARENNES
Eh bien ?
PAULINE
C'est sa voix , c’est lui ! (Elle court à une fenêtre. Après «voir regardé.) C’est Debray !.. je suis perdue!
DE VARENNES
Rassurez-vous... je trouverai un prétexte, une raison à ma présence, calmez- vous !
PAULINE
PAULINE
Oli î je ne pourrais cacher mon trouble ! (Désignant le cabinet.) Entrez là. Entrez! (De baronnes entre dans le cabinet.) Mon Dieu ! mon Dieu!
(Elle entre dans sa chambre.)