TENU
Et pourquoi pus? Panvre Pauline, va!., je l'aine mieux que jamais , puisque in souffles !.. PAULINE.
Mois si quelqu’un venait?..
nORTENSE.
Sois tranquille... Debray et Frémont ne sortiront pas de sitôt ; quant altv gens de liiotel , eli bien ! qu’y aurait-il de surprenant pour eux à voir deux femmes causer ensemble?..
PAULINE
Tu as donc reçu ma lettre ?
DOBTENSE.
El Ut n’as pas attendu ma réponse pour te mettre eu route...
PAll.l.XE.
Non, non!., je n’ai pu maîtriser uton impatience... j’ai voulu revoir mon enfant, la revoir à tout prix, et je suis partie... Réside seule , depuis ce moment fatal où Debray s'éloigna de moi , j’ai vécu dans les larmes et le désespoir... J’ai voulu retourner en Touraine et je n’osais m’y montrer , car il inc semblait que chacun savait... Non, j’ai été accueillie avec amitié, avec respect, et j’ai songé it toute la générosité de Debray... 11 ne m’a pas accusée... Oh ! j’ai bien appris tout ce que vaut son cœur ; et dans le mien l’amour ! oui l’amour s’est éveillé pour lui... J’ai su que vous étiez à Dieppe... Chaque jour, à chaque instant , j’avais à lutter contre un désir impérieux de courir auprès de ma lille, et je n’ai pas eu la force de combattre plus longtemps... Je suis venue! Que je la voie , que je la presse dans mes bras! ah ! il me faut ce moment de bonheur maternel pour me faire supporter mon existence désormais condamnée!..
HORTENSE
F.b bien! Pauline, calme-loi, tu la verras... mais, il faut agir avec prudence...
PAULINE
Oui , je comprends ; Debray ne veut pas , ne ronseulirait point... inflexible, inflexible! H0ATEN8E.
Qui sait , Pauline, peut-être l’avenir...
PAULINE
Ab! je n’ai pas le droit de me plaindre...
mais le châtiment est bien terrible, mon Dieu! il me croit plus coupable que je ne le suis.
HO&TKNSE.
Il te plaint, Pauline, mais...
PAULINE
Croit-il donc que j’aie profilé de cette triste liberté qu’il m’a faite pour me livrer à ce fatal amour ’.’.. Non , Hortenac , j’ai vu de VaronneS à mes pieds, me suppliant de l’écouter, et j’ai pris la fuite, et j’ai juré qu’entre nous, tout était lini !.. tout !.. Oui , je l’ai fui pour toujours, et, depuis, le souvenir du passé, du temps où j’étais heureuse près de Debray, près de mon enfnut , de vous tous enfin , m’a livrée à des regrets bien amers!.. Faudra-t-il donc vivre toujours ainsi, mon Dien?.. Tu es mère comme moi , Horiense , et si on te privait de ton enfant... Ah! r’rst affreux!..
IIOUTENSE.
Courage, Pauline; In sais cunthieii je t’aime, combien je voudrais le voirhctirense!.. Allons, lu verras ta lille, j’obliendrai cela... je le veux!
£ l it ! mou Dieu ! il ne laut pas se désespérer!.. Quand Debray saura que tu as lui de Varcnnes... Ecoule moi. ce matin même, je commencerai . l'attaque... Ne sors pas de ta chambre sans que | je faieavertie, je le ferai voir la petite Louise. ..
! de loin, d’abord... Surtout qu’on ne resache pas ; ici , jusqu'à un moment plus favorable.
PAULINE
' Oui ! oui!., l'hôtesse même m’a à peine vue , et je prendrai toutes les précautions possibles. . . i IIOUTENSE.
Ilien! bien !.. et maintenant, rentre dans ta chambre , et bon espoir ! . .
PAULINE
Ab ! que je l’aime !
ÎIORTENSE,
El moi . Pauline !
' (Elles s'embrassent. Pauline rentre dans sa chambre.’
SCENIC IV.
IIOUTENSE, DRI1RAY , FRf-MONT, LOUISE.
. DCBIiiï , enlrc ti islement , et l'air soulfrant ; il tient son enfant par la main.
M. Hébrard ne sort pas avec nous, Frémont?
Non... et d'ailleurs, s'il sort, ce sera pour ! aller à l’église : nous attires , nous allons sur tes
galets.
DEHBAY.
J’ai été bien aise de le voir venir nous retrou- ! ver à Dieppe , ce bon curé : 11 v a dans la sérénité de son visage , dans sa bonté si affectueuse , quelque chose qui vous repose et vous fait du bien... Que faisiez-vous donc là, madame Frémont?
. IIOUTENSE.
Moi? rien... je vous attendais... Eh bien !
i Louise, viens donc m’embrasser!.. Chère pe- - tite !..
LOUISE , bas à Horiense.
Demandez donc à papa, quand maman viendra.
IIORTE.NSE.
Pourquoi ne lui demandes-tu pas?
LOUISE
C’est que la dernière fois , il ne m’a pas répondu ; et puis, il avait l’air tout chagrin...
DEBRAY
Qu’est-ce qu'elle vous dit donc, M*' Frémoul ?
IIOUTENSE, bas à Louise.
Dis-lui.
LOUISE
' t Je demandais quand maman viendrait?
DEMAT.
Mon enfant, ta sais bien qu’elle est en Touraine... elle ne pont venir encore... plus tard... (L’enfant va dans les bras d’Hortense, et pleure.) Frémont, voilà ce qui nie tue... 11 faut mentir à cette pauvre enfant, tromper son cœur! c’est horrible!.. Oh! si cette malheureuse femme avait voulu , si elle avait su résister...
FRÉMONT
[ Lit bien! mon .uni, puisqu'elle ne pouvait qj. être pardonner , suuvcncz-vous que vous vies
AUI il . SCENE VI. la
père... reprenez-vous donc a la vie... Vous vous d laissez dominer par le chagrin...
DEBRAY
Et croyez-vous donc que je vais ine poser en héros , lorsque mon cœur est brisé ? pourquoi? pour aller au barreau, parler, discuter, plaider, que m’importe?.. Tôt ou tard, d'ailleurs, tout sera connu... j'ai pris l'avance... Quand le ridicnle de mari trompé me viendra publiquement , je serai caché dans nia solitude , et nnl n’aura le plaisir de me regarder avec ironie !..
HOKTENSK , qui u*csl approchée.
Vous avez dit que tout serait conun... Mais vous avez caché ce secret qui n’est connu que de nous... Et Pauline a su se mettre à l'abri des accusations du monde...
DEBRAY
Et lui !.. lui !.. n'a-t-il pas une bonne fortune à publier... bonne fortune, eu effet!.. Trois existences flétries, foulées aux pieds!.. Ab! sans cette enfant qui est là, je l'aurais tué, ou il m'aurait tué, cet homme!.. Pardon, mes amis, yous avez voulu m’accompagner, et je vous prouve ma reconnaissance, par cette tristesse que je vous fais partager!.. Pardon ! C’est maintenant que je sais combien elle était aimée. Allons, venez-vous?.. Viens, mon enfant!..
{U embrasse sa tille avec transport.) Vous ne sortez pas de si bonne heure , n'est-ce pas . madame Fréroont?
HORTENSE
Je vous rejoindrai.. .je vous rejoindrai.
FRÉMONT , bas a Hortense.
Je ne veux plus, je ne dois plus le quitter !.. Pauvre Debray !..
(Au moment où Debray , Frémont et l'enfaut vont sortir, Darbelle entre brusquement.)
DARBELLE.
Alte-là !
DEBRAY, FRÉMONT et IIORTENSE.
Darbelle !