‹ Pauline, ou le Châtiment d'une mère, drame en trois actesChapitre 42 sur 78 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

Les Mêmes, DARBELLE.

DARBELLE.

Ah! me voilà!..

Au diable ! si nous vous attendions !

DARBELLE.

J’ai voulu vous faire une surprise.

PRÉMONT

Nous voilà bien agréablement surpris.

HORTENSE

Vous êtes toujours le même, M. Darbelle.

DARBELLE.

Ah ! vous me flattez, M*' Frémont.

frémont , à part.

Il prend ça pour un compliment.

DARBELLE, a Debrav.

Et ta femme?

hortense, vivement.

Elle est en Touraine.

DARBELLE.

En Touraine?.. Sais-tu bien, Debray, qne nous sommes faits pour mois rencontrer en

tout!.. Ma femme est à Paris , moi , je suis à Dieppe; tu es à Dieppe, ta femme est en Touraine... Eb ! eh ! ch ! nous rirons de ça, quand nous serons tous réunis... Savez-vousqueje m'ennuyais de ne pas vous voir ! ah ! mais, j'en dépérissais... J'aime tant ce cher Debray ! si bien que mon cousin l’oflieier, ce pauvre garçon, a fini par me dire ; Mais aller donc vous promener... vous distraire.

FRÉMONT

En voilà un qui prend soin de votre santé...

il vous envoie promener.

DARBELLE, riant.

C’est vrai. Mais où donc voulez-vous que j'aille? lui répondis-je, à mon cousin l'officier; si encore je pouvais découvrir Debray... On ne sait pas rc qu'il est devenu . depuis cette affaire d'indisripline , qu’il est allé plaider victorieusement à Rouen. Tout Paris ne comprend rien à son absence mystérieuse. Il a si bien fait, mon cousin l’officier , qu’il a découvert que tu étais à Dieppe , et je suis parti malgré les larmes de ma bonne petite femme.

FRÉMONT . riant.

Vraiment , elle a pleuré ?

DARBELLE.

Elle est très sensible , Eupliémie. 'A Debray, Comme tu as l'air triste?

DEBRAY

Non, non...

HORTENSE . A part.

Nous avions bien besoin de ce bavard.

DARBELLE.

Ah ça! est-ce qu'on s'ennuie à Dieppe, par hasard? au bord de la mer, sur le rivage de l’Océan!. . mais je prétends m'amuser beaucoup.. . J’ai bien fait de venir, à ce que je vois , pour vous égayer un peu... Ce cher Debray, ce brave Frémont , cette charmante M“* Frémont! mais pourquoi donc M** Debray n'est-ellc pas ici?..

HORTENSE

Parce qn'elle est en Touraine . M. Darbelle.

FRÉMONT

Elle ne peut pas être ici et en Touraine.

DARBELLE.

C’est une excellente raison , je comprends.

FBÉMONT, à part.

C’est heureux. (Haut.) Partons-nous?

DEBRAT.

Partons !

DARBELLE.

Où allez-vous donc?

FRÉMONT

Nous promener sur les galets.

DARBELLE.

J'en suis, pardieu! j'en suis... j'ai soif de la mer... j'ai soif des galets... (A Hortense.) Qu'a donc Debray ? Ah ! j’y songe . l'absence rie sa femme ! Excellente idée ! je vais lui en parler, moi, de sa femme, ça lui fera plaisir... (H sort en fredonnant.) Eh bien! ils sont partis.

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