DEMI A Y
Vous le pouviez, cependant... En nous séparant , nous avons pris rengagement de couvrir par le silence ce qui s'était passé, voila tout!.. Vous avez voulu revoir votre enfan^..
PAULINE
Oui , Monsieur . et j'avais craint que ce désir fût repoussé... Merci d’avoir cédé à ma prière, merci !..
DEBRAY
Je ne veux pas vous séparer tic votre enfant sans vous laisser quelquefois , au moins , arriver jusqu'à elle... je sais combien vous l'aimez!.. Mais notre situation est difficile... nous ne pouvons habiter sous le même toit , et il faut user de misérables mensonges pour justifier aux yeux du monde cet éloignement de l’un à l'autre... Nous nous entendrons pour cela, je l’espère...
PAULINE
Je ferai ce que vous voudrez...
DEBRAY
Retournerez vous en Touraine ?..
PAULINE
Oui.
DEBRAY
Alors, tous partirez avec M. Hébrard... Quant à notre enfant , mon projet est de la conduire dans la pension où est la fille de Frémont... les portes vous en seront toujours ouvertes quand vous voudrez...
PAULINE
. Elle est bien jeune encore...
DEBRAY
C'est vrai... mais je ne puis l’emmener avec moi, je vais entreprendre un voyage. ,.
PAUUI.1NE , tombant assise et accablée.
Ah ! j'oubliais que je ne compte plus pour elle!..
DEliRAY , courant à elle.
Qu'avez- vous , Pauline , qu’avez- vous ?..
PAULINE
bien !.. rien!..
DEBRAY
Qui nous aurait dit que nous serions si malheureux, un joui ?.. Oh ! ce n’est pas un reproche, c’est un regret vers le passé !
PAULINE
Regrets pour vous , remords pour moi oui ai tout détruit , votre bonheur, le mien !.. Ah! que vous êtes vengé, et que je me sens cruellement punie à vous voir si bon , si généreux!..
DF.BnAY.
N’est-ce donc pas ainsi que vous m’aviez jugé autrefois?
PAULINE
Toujours!., vous voyez bien qu’il y a eu fatalité !.. Ah !.. que je suis coupable , puisque je ne puis me dire que je vous aie méconnu un instant!..
DEBRAY
Mais... tu ne m’aimais pas ! .. mais tu croyais que mon cœur était froid... que mon âme était fermée à de chaleureux sentiments!.. Oh! que tu te trompais , Pauline , et tu vois bien que tu m'avais méconnu!..
PAULINE
Oui, j’étais insensée !.. oui j'aurais dû tomber à vos genoux , et vous dire : Prenez pitié de folles et malheureuses pensées qui peu à peu me détournent de vous!.. Protégez -moi de votre affection, d^fotre bonté, de votre indulgence !.. Et vous m’auriez sauvée ! et je serais heureuse encore !..
DEBRAY
Et depuis notre séparation, vous ne l’avez jamais rencontré, cet homme ?
PAULINE
Jamais.
DEBRAY
11 ne vous a pas suivie ?
Je vous le jure!..
DEBHAY.
Pauline!.. ( Il lui prend la main.)