LE BE41 -PEBE ET LE GENDRE. 1 I
— Mon père... — s'écria Berlhe.
— Je n'ai, monsieur Raimoud, de compte à rendre à personne... Si je soupçonne ma femme de mensonge, c'est que...
— Si elle a menli... ce n'est pas à vous, c'est à moi — s'écria Pierre Raimond en interrompant son gendre.
— Comment cela, monsieur? — dit celui-ci en regardant Berthe avec étonuement.
— Charles, je vous en conjure... Et vous^ mou père...
— Elle m'a menti — reprit le vieillard d'une voix forte ; — tout à l'heure encore, elle se disait heureuse...
— Ah ! j'y suis — reprit froidement M. de Brévannes — madame est venue parkr ici de son bonheur avec des gémissemeuls hypocrites... C'est fort adroit...
— Monsieur de Brévannes — s'écria Pierre Raimond — il y a quatre ans, ma fîlle se mourait dans
celte chambre Je vous disais: J'aime mieux
perdre maintenant cette enfant... que la perdre un jour par suite des tortures que vous lui causerez... J'avais raison, vous Ja tuerez î
— Mon père — dit Berthe — je ne dois pas vous laisser dans une fâcheuse erreur... Il m'en coûte, mais je dirai la vérité ; je ne justiiierai pas par mon silence les reproches peu mérités, je vous l'assure, que vous adressez à mou mari... J'ai pu vous cacher quelques contrarIélé:> domestiques aux-
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quelles les meilleurs ménages n'échappent pas. A^ous étiez si content de me savoir complètement, absolument heureuse, que je voulais vous laisser cette illusion; elle ne nuisait à personne, et j'espérais vous rapprocher de celui que vous jugez trop sévèrement.
— Ma fille, je connais votre faiblesse ; c'est à moi d'être sévère...
— D'être sévère ! — s'écria M. de Brévannes avec un éclat de rire sardonique. . . — d'être sévère. . . Ah çà ! est-ce que je suis ici à l'école, monsieur Raimond ? A qui croyez-vous parler, s'il vous plaît?
— Au bourreau de ma fille...
— Ceci tombe dans l'exagération, monsieur
Raimond vos souvenirs révolutionnaires vous
égarent...
— Berthe... emmène cet homme... — dit froidement le graveur.
— Charles, je vous en prie, venez... venez. Mon père, à jeudi... pardonnez-moi de vous quitter sitôt... peut-être reviendrai-je demain, — dit Berthe en voulant à tout prix rompre cette fâcheuse conversation.
— Puisque vous êtes en train de donner des leçons, monsieur — dit M. de Brévannes — dites donc à votre fille qu'il est toujours maladroit de témoigner à sou mari de méprisantes froideurs lorsqu'il aurait peut-être le droit d'être jaloux...
— Berlhe, que veut-il dire ?