‹ Paupa MontiChapitre 32 sur 90 · LE BEAU-PERE ET LE GENDRE · texte numérisé non relu

LE BEAU-PERE ET LE GENDRE

— Ah! Charles... est-ce à vous de rappeler celte scène...

— Je ne suis pas dupe, madame, de votre feinte délicatesse... de vos beaux scrupules... Il y a là-dessous... quelque intrigue... je la pénétrerai...

— De grâce, Charles, ne parlons pas de cela ici... Adieu, mon père.

Après un moment de silence, Pierre R.aimond dit à sa fille :

— Berthe... méritez-vous ce reproclie?

— Non, mon père... — répondit Berthe avec dignité.

— Je vous crois, mon enfant... Maintenant, monsieur, écoutez-moi. Pendant quatre ans j'ai été votre dupe, j'ai cru ma fille heureuse ; aujourd'hui je sais la vérité... Berthe n'a pas au monde d'autre appui que moi... je suis iniirme, pauvre, vieux... il n'importe, prenez garde...

— Des menaces, monsieur...

— Oui, notre position sera nette... Dès aujourd'hui... je renonce aux secours que j'avais acceptés à la seule instance de ma fille...

— Il vous est plus commode d'être ingrat...

— Ingrat... parce que j'ai bien voulu ménager votre orgueil...

— Mon père...

— Ainsi, monsieur — dit Pierre Rairaond — c'est de vous à moi, d'homuie à homme, que vous me rendrez compte du bonheur de ma fille... Je

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VOUS lionne quinze jours pour abjurer vos lorli...

— Quinze jours ? Pas davantage ?...

— Et si au bout de quinze jours vous n'êtes pas pour Bertlie ce que vous devez être...

— Eli bien ! monsieur, que ferez-vous?

— Vous le verrez.

— Venez, madame — dit M. de Brévannes en prenant Berthe par le bras.

— Mon père, adieu... Je reviendrai; de grâce, calmez-vous.

— Vous reviendrez si je vous le permets — dit M. de Brévannes avec ironie.

— Sois tranquille, mon enfant, je veillerai sur toi — dit Pierre Raimond.

Berthe suivit son mari en pleurant.

Le vieillard resta seul.

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