II
lOfi PAULA MONTI.
— Mais prenez garde, si je ne suis pas satisfaite des profilés de votre indifférence, vous n'obliondrez pas une seule entrevue de moi.
— Je crois pouvoir vous promettre, madame, que vous n'aurez pas à regretter la grâce que vous m'accordez...
Après un moment de silence, Paula reprit :
— Vous devez trouver surprenant, monsieur, qu'après ce qui s'est autrefois passé entre nous...
— ^Madame...
— Je n'en veux pas dire davantage... Un jour vous saurez le motif de ma conduite et de ma générosité-. Mais il se fait lard, je dois rentrer... Dites-moi quelle est la personne qui me présentera madame de Brévannes?
— Madame de Sdint-Pierre, cousine de M. de Luceval. Elle avait bien voulu m'ofifrir ses bons offices.
— Je la rencontre, en effet, assez souvent dans le monde. Rappelez-lui donc cette promesse, monsieur... et j'accueillerai sa demande...
— Vous vous retirez déjà ?.■■ MonDieu! j'aurais tant de choses à vous dire... Encore un mot, encore-., de grâce !-. .
— Impossible... Iris, venez...
La jeune fille revint auprès de sa maîtresse, et descendit les rampes du labyrinthe après avoir échangé un regard d'intelligence avec M. de Erevan nés -
Le mari de Bcrlhe devait être d'autant plus dupe
LE BÊNDEZ-VOUS. 107
du stratagème d'Iris au sujet du lirro noir^ que, par suite des révélations de la boliéuiienne au sujet de l'inlidélité de Raphaël, Paula n'avait pas témoigné l'horreur qu'elle aurait dii ressentir à la vue du meurtrier de son fiancé.
Cette circonstance donnait une nouvelle autor'té au recueil des pensées intimes de madame de Hansfeld
M. de Brévannes, aussi glorieux que ravi de l'empressement de madame de Hansfeld à se rapprocher de Berthe, se crut le seul et véritable motif de cette liaison, qui devait sans doute, plus tard, assurer et faciliter ses relations journalières avec Paula.
En attendant avec une vive et confiante impatience le moment de connaître par le livre noir l'impression vraie que cette entrevue avait causée à madame de Hansfeld, M- de Brévannes rentra donc chez lui le cœur léger et content.
— Peu de temps auparavant, Berthe était revenue de chez son père triste et accablée ; elle venait de voir M. de Hansfeld, sans doute pour la dernière fois ; il lui fallait à tout jamais renoncer aux doux et beaux rêves dont elle s'était bercée- Apprenant que sa femme était chez elle, M. de Brévannes s'y rendit à l'instant même.
108 PAILA MONTT.