II
138 PAL LA. MON ri.
— MaintciKinf, ad eu.
— Déjà?
— Il le faut. ]\ 'est-il pas bien imprudent que je sois ici?
— Adieu, Paula. Votre main... un baiser... un seul.
— Et votre serment ! — dit Paula en remettant son masque et refusant de se déganter.
Elle sortit de la loge, traversa la foule et quitta le théâtre.
Iris l'attendait dans le fiacre comme la dernière fois.
Pendant tout le temps du trajet, madame de Hansfcld fut sombre et taciturne; elle revint à l'iiôlcl Lambert par la petite porte secrète, elle motita chez elle accompagnée d'Iris.
L'amour passionné de Paula pour M. de Morville était arrivé à son paroxysme ; elle se sentait capable des déterminations les plus funestes ; sa raison était presque égarée ; elle craignait surtout que M. de Morville, malgré sa répugnance pour le mariage qu'on lui proposait, ne s'y décidât, vaincu par les sollicitations de sa mère mourante. Il pourrait peut-être gagner quelque temps ; mais avant huit jours tout devait être décidé pour Paula.
Iris, voyant la sombre préoccupation de sa maîtresse, en devina la cause et lui dit, après un assez long silence, en lui montrant une épingle à tète d'or constellée de turquoises , et fichée a une pelott' recouverte de dentelle :
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— Marraine, souvenez-vous de mes paroles... Lorsque vous voudrez que la pensée que vous n'osez vous avouer se réalise sans que vous ou moi prenions la moindre part à son exécution, remeltezmoi cette épingle, peu de jours après, vous n'aurez plus rien à désirer... Depuis que je vous ai parlé, l'idée a germé dans le cœur où je l'avais semée ; elle a grandi, elle sera bienlôt miire. Encore une fois, cette épingle, et vous pourrez épouser M. de Morville.
— Cette épingle ? — dit madame de Hansfeid en pâlissant et en prenant sur la pelote le bijou et le contemplant pendant quelques moments avec une effrayante anxiété.
— Cette épingle — dit Iris en avançant la main pour la saisir, le regard brillant d'un éclat sauvHge.
Madame de Hansfeid, sans lever les yeux, dit d'une voix basse et tremblante :
— Ce que vous dites, Iris, est une sinistre plaisanterie, n'est-ce pas? Cela est impossible... Comment pourrez- vous?...
— Donnez-moi l'épingle... ne vous inquiétez pas du reste.
— Je serais folle de vous croire. Par quel miracle ?■••
En parlant ainsi, Paula, accoudée sur la clieminée et tenant toujours l'épingle, l'avait macbinalement et comme en se jouant approchée de la main d'Iris, étendue sur le marijrc.
La bohcminine saisit vivement l'cpinplc.
La princesse, épouvantée, la lui relira des mains avec force en s'écriant :
— INou, non; ce serait horrible... Oh! jamais, jamais!... meurent plutôt toutes mes espérances.