MAURICE, HA1MI1AÜLT
raimraclT, arec aisance. Soyez le bienvenu, monsieur... A l'instant même je me disposais à vous écrire... Nous nous sommes quilles il y a peu d’heures, et cependant f ai à vous transmettre quelques renseignements... je les dois à un de mes clients, homme fort répandu et dont la connaissance est précieuse en semblable circonstance.
matrice. C'«t trop de complaisance, en vérité.
haimratlt. V pensez-vous ? Ce sont de ces services qu'entre honnêtes gens on se doit. J'aurais désiré que ces renseignements fussent de nature plus favorable à vos projets.
mai lies, à part. Le fourbe! [Haut.) le n’en serai pas moins reconnaissant, je vous le jure.
r aimbatlt. Il parait que votre homme... votre M. Dnpont... Simon.
matrice. Dumont...
RAmeiTLT. Ah! oui , Dumont... J’avais oublié ee nom. Eh bien!... il semblerait, dis-je, que re Dumont serait effectivement rentré en France sous un nom snpposé; mais que, loin <T avoir fait fortune... comme vous le présumiez. . . il serait, au contraire, dans nn état voisin de la misère.
matrice . le regardant et a\;ee calme. Ah!... vous croyez’?... Eh bien! mon cher monsieur, votre renseignement est inexact...
raimuaclt. Cependant...
^airice. Veuillez continuer.
luiMfiAci.T, après s' (Ire regardé. U- habiterait. . toujours d'après mon client.!, il habiterait , dis-jè, une petite ville du Midi.
mai nicK. Votre client n> pas le sens commun et vous a fait un conte de- bonne femme...
Je sijis où est Dumond.
nAMRATLï. Il se pourrait? ( A pari.) Ah!
diable I
matrice , à part. C'est lui... [Haut.) yuand je dis que je sais où il est... je veux dire que je crois connaître Le lieu de sa retraite. Et, comme je vous sais fort habile en affaires et surtout nomme de bons conseils... je suis venu prendre les v Ainsi... Voyons, ditps-moi ce que je dois faire dans cette circonstance.
raimbaolt , atiec t'mharras. Cotte confiance m’honore.. [A i>ort.) Où veut-il on venir?...
matrice. Comme j’ai eu l'honneur de vous le dire, je crois tenir mon homme... surtout lorsque certain document, que j'atteuds aujourd’hui même de Lyon, me sera parvenu...
r aimbatlt. Ah!
Maurice. J'en suis certain... Eh bien! le croirez-vous... co résultat que j'ap|*lnis, quejedé- , sirals de toutes les puissances de mon àme, ce I résultat auquel , si je l’obtiens, j'aurai travaillé I (tendant dix années... eh bien! j’en redoute les l conséquences...
RAiMB.wLT. Se pourrait-il?
matrice. Je suis avocat , monsieur, et je bais les procès... Cela vous surprend... Un procès criminel... c'est une honte pour une famille; et le nom que porte ma pupille n'en serait-il |ias entarhér... Les fautes son! personnelles, me direz-vous... mai», mon Dieu!... si nous ne partageons les préjugés de ce monde, sachons an moins les respecter. En un mot, le retentissement qu'aura celle malheureuse affaire doit nuire à l'établissement de mon enfant... voilà mou inquiétude.
raimkai lt, à part. Il me rassure. (Haut.) En effet...
matrice. Ne pensez-vous pas que, si. à laide d'une transaction amiable... Dumond consentait à restituer, n aimbatlt, virement. Il n'acceptera pas.
matrice. Ab^ vous croyez... Cependant, à sa place, lorsqiW s'agit d’une condamnation...
r aimbatlt. Eh 1 monsieur, à sa place, je vous demanderais l'exhibition de ces preuves dont vous parlez et que vous ne possédez pas... je vous dirais... je ne suis pas ce Dumont que vous cherchez; et, eu admettant que vous par a criiez à prouver que tel esl mon véritable nom...
matrice. Eh bien?
RAiuRAULT. Eh bien ! je nierais formellement avoir commis le crime qu'il vous prend fantaisie de m’imputer.,. Voilà, monsieur... voila coque je fgrais.
matrice, a part. Le misérable! ( Haut et avec calme.) C'est ainsi que vous agiriez?... Kh bién! franchement, vous auriez tort.
rmmuaclt. Peut-être... (Jli'aql.jHais, leue»-,puisque, tout en plaidant, nous eu sommus venus à jeter , sans nous en douter, les bases d'une transaction , il me semble qu'il y aufiùt moyen de concilier tous les intérêts... 4R># voyez que je m’identifie avec le personnage... Mac rh.k. C'est une justice à vous rendre:. . raimmatlt. ta- chose est sftnple. et je suis
dans I étonnement de me voir obligé do vous y faire penser... Mais, parbleol un mariage.
h u hilv.. atrc indignation. Un mariage!!...
Oh! assez, assez, monsieur; ce dernier trait vous peint admirablement.
raimbault. (Ju'avcz-vous donc?
Maurice. Ce que j’ai !... j’ai, monsieur, que ce cynisme que vous affectez de montrer me fait horreur ; j'ai que cette indifférence que vous feignez d’avoir, lorsqu'inlérieurcment vous êtes rongé d'inquiétude, ne vous sauvera pas: j'ai cnlin que le temps est venu où je dois vous dire : Adolphe Dumont, il te faut enBn rendre compte aujourd'hui de la conduite passée!
raimbault. Taisez-vous, laisez-vou*.„ C’est la mort de l’un de nous que vous venez de prononcer.
Maurice. Me battre avec vous... vous me faites pitié.
raimbault. Oui , vous avez raison... on ne se bat pus avec un insensé... car, à vos paroles d'insulte, je répondrai avec audace et devant tous : Pitié pour cet homme... car cet homme est fou.
■uiiiucB. Infâme!... Oh! je saurai bien te contraindre à un aveu.
rvimbaut-t. Vous êtes chez moi, monsieur.
Maurice. C'est me dire que je dois en sortir. raim bai lt. llàtcz-vous, je vous en prie.
(liant ce moment Geftrgo, parait à une porte de côté à laquelle tlanoii u.it tourne le dos.)
Maurice. Oui... je sortirai... mois pour bientôt revenir, monsieur Adolphe Dumont.
(Mouvement de George». Maurice sorl.j
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