‹ Pauvre aveugle drame en trois actes et en proseChapitre 31 sur 34 · RAIMBAULT. CÉLINE · texte numérisé non relu

RAIMBAULT. CÉLINE

raimbault. Eli! quoi ! c'est vous, madame...

devais-je m’attendre à tant de bonheur?...

dtlU, à part, Inspirez -moi , mon Dieu!

Haut et avec un dtpit feint méli ite coquetterie ) Vous avouerez, monsieur, qu après avoir sollicité de moi une entrevue .. ce qui pouvait gravement me compromettre, j’ai dû trouver singulier... inconvenant même, de vous voir manquer au rendez-vous que vous navra pas rraint de m'assigner.

raimbault. Est-il possible! je serais assez heureux. . . mais cependant je vous jure.

céline... Il est vrai de dire que, retenue au. salon plus tard que je devais le penser, je ne suis rentrée chez moi au après l'heure indiquée, mais monsieur n'a probablement pas cru devoir attendre

raimbault. Oh ! mais res reproches me rendront fou de bonheur... Si vous saviez, si vous pouviez comprendre combien peu ....

céline. Ils sont mérités.

RAIMBAULT. Croyez qu'un obstacle insurmontable.

céli.ne. Un obstacle ! devait-il en exister pour vous, lorsqu'il s'agissait de me rendre la tranquillité que vous veniez de me ravir quelques heures auparavant, lorsqu'il s'agissait, dis-je, de l'honneur de mon pore .... de voire meilleur ami?..

baimbal'lt, à part. Je ne sais plus que croire maintenant, liant' Eh bien! oui, j'avoue mes torts ; mais , de grâce , madame , cessez ce persiflage qui vous va à ravir, mais qui me désespéré, et daignez me panlonner.

Céline. Vous pardonner!...

baimbaiilt. Oui, charmante Céline... pardonnez-moi de vous avoir ainsi alarmée... pardon-

nee-moi, car. il faut enfin l'avouer, celte entrevue , sollicitée avec tant d'ardeur d'audace

peut-être; eh bien! elle n'avait d’autre but quo celui de vous déclarer mon amour.

céli.ne. Monsieur! vous oubliez !

RAIMBAULT. Que vous appartenez à un autre.

Eli ! que m'miporle! je n'écoule que mon amour, que mou amour, qui est mille fois plus fort que ma raison... Oui, par lui, je me sens capable de lotit, des plus grands sacrifices, ou de l'action la plus basse , de tout, vous dis-je; et, si vous le méprisiez, cet amour... alors, dussé-je me perdre ainsi que vous...

céli.ne. Grand Dieu !

raimbaclt. Uh ! rassure z-vous. . . je suis un fou, un insensé que la passion égare. .. Oh! mais c'est quo je vous aime tant, voyez-vous... c'est que cette passion est si violente .. oui, vous êtes mon seul bien, mon unique amour... vous voir, c’est le bonheur , vous posséder, tel est mon vœu le plus ardent...

Céline. Assez, monsieur, assez. (A part . ) Qu'ai-je fait, mon Dieu !...

RAIMBAULT. Céline... an nom de cet amour si tendre, entends-moi.

céline. C'en est trop... Éloignez-vous, monsieur, éloignez-vous!...

RAIMBAULT. Au nom du riel, ècoulez-moi.

Céline. Encore une fois, éloignez-vous... vous me faites horreur!

RAIMBAULT. Vous me repoussez... eh bien!

soit!... Mais vous avez donc oublié ce quejo vous ai dit? Vous ignorez donc que d'un mot je puis faire voire malheur à tous en portant le trouble, le déshonneur dans voire famille?

Céline. Mensonge! ... Voulez-vous donc encore ajouter à mou mépris ?

RAIMBAULT. Eh bien ! puisqu’il fan; employer lu violence ..

“ di yehnat, en dehors. J'entrerai, vous dis-je, j'entrerai malgré vousl céli.ne. Ciel!

raimrault, à ;>arl. Duvernav ! malédiction, je ne l’attendais pas sitôt.

céline. Cette voix que je viens d'entendre... c’est celle de mon mari !... Mais s’il me voit ici, je suis perdue, monsieur.

RAIMBAULT. Un mot, madame, et votre esclave obéit.

Céline. Oh ! laisez-vons, monsieur, taisezvous!

raimbault. Tant de cruauté... [A part.) Eli bien! c'est une idée de l’enfer, mais elle l'aura voulu.

DcvBHNAY, toujours en dehors. Encore une fois, j'entrerai.

céline. S'il vous reste quelques sentiments d'honneur, sauvez-moi. monsieur.

raimbault. Vous l'exigez.. . j’obéis, madame... mais d’après ce qui s'esl passé cnlre nous, d'après voire cruel dédain, je dois renoncer au bonheur île vous v oir, je dois renoncer à fréqticnler voire famille... je nu m on consolerai jamais , mais il le faut. Soy ez doue assez bonne pour remettre à votre |)ére ces papiers, qui re-

gtent définitivement ne» comptes. (/( fui donne le paguel de lettres.)

Céline, avec inquiétude. Donnez, monsieur, donnez...

n ci u rm lt , ouvrant la porte S un cabinet Là, vous serez en sûreté... Adieu, madame, adieu pour jamais! (Elle entre dans le cabinet. Raimbaull sonne.) Avant de nous séparer, je veux, monsieur Duvernay, vous faire un présent qui vous sera funeste, et ce présentes sera le doute et la jalousie.

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