‹ Pauvre aveugle drame en trois actes et en proseChapitre 32 sur 34 · SCÈNE VH · texte numérisé non relu

SCÈNE VH

RAIMBAULT, DDVERNAY , une boite de pistolets à la main.

duvernay. Ceal fort heureux...

baimbaclt. Je vous attendais, monsieur.

duvkbnay, regardant de tous cités. J'en douterais. si je n'avais rencontré votre messager... à double titre, vous pouviez compter sur nia visite. (Il dépose sa boile sur une labié.) Mais avant de vous expliquer sur les motifs qui ont déterminé de votre part celle mission, écoutez tnoi.

hais huit Ce ton... celte manière de vous présenter en employant presque la violence. .

duvernay. Ce ton convient parfaitement à la circonslam-e, vous en conviendrez vous-même.

RAIMBAULT. Expliquez-vous.

duvernay. Grand merci. . voici le fait, j'irai droit au but. A la suite du bal que donnait mon beau-pere, un homme s'est introduit chez moi cette nuit

BAJMRAULT. Ah!

dcvermav. El cet homme, c'est vou- !

BAIMHAl'LT. Moill

DIVERS AV. Oui, vous... En agissant ainsi, quel était votre but?... Ou celui de voler... raimsault. Monsieur!

duvernay . Oh 1 point d'interruption. Vous vous êtes introduit chez moi. . je vous ai vu... (Mouvement de joie de la part de Haimbault ) et cela dans le but de voler... ou parce que vous vous y étiez ménagé un rendez-vous d'amour... Admettant celte dernière supposition, je suis venu vous demander raison de votre conduite.

raimbault. Si vous m'avez .vu, vous savez alors la personne que je cherchais.

duvernay. Oui... Mais, avantde nous battre, comme dans ce combat l'un de nous deux doit succomber, et que je veux bien vous supposer encore assez homme d'honneur pour ne point chercher à compromettre une femme que . . . vous dites avoir aimée, vous allez brûler à l’instant même, et devant moi, les lettres qui vous furent adressées jadis par mademoiselle Amélie DarbeHe, aujourd’hui madame Morin. Est-ce clair ? bajmbaclt. Parfaitement. (A pari.) Il sait

tout, à mon lour maintenant. ( Haut , et feignant une grande surprise.) Mademoiselle Amélie...

madame Morin... d'honneur, monsieur, je comprends le sentiment qui vous anime. Cependant le motif qui vous a conduit ici est moins grave que je, l’aurais cru d’abord. Oui, j’avais supposé, j'avais pensé (Il regarde du cdli du cabinet avec intention ) qu’une injure personnelle devait , avant toute autre considération...

DüvEBNAï. Je vous ai fait connaître, monsieur, ce que j'exige de vous avant de venger celte injure à laquelle vous faites allusion... Répondez- moi.

BAiMBACLT. Vous le voulez... soit... Je vous dirai donc que ces lellres ne sont plus en ma possession.

duvernay. Malheureux !...

haimbault. Oh! j'ai tenu ma promesse... je suis esclave de ma parole. J'ajouterai un conseil. Croyez-moi. avant de vous faire le chevalier des belles, vous feriez mieux, mettant de côté un vain prétexte, d'ouvrir les yeux sur la conduite de celle...

dcvbrnat. Insolent!... (Prenant scs pistolets.) Oh! que ce soit entre nous un duel à mort.

baimsault. Allonc donc... oui, un duel à mort, car ce duel, je le désire autant que lu peux le vouloir, Duvernay, toi que j’ai constamment rencontré sur mon passage... toi pour qui j'ai toujours eu l'aversion la plus vive et la plus profonde... par cela seul que tu es l'époux d’une femme que j'aime et que je voulais le ravir... tu l as dit. entre nous ce doit èire un duel à mort ; mais un mol avant, et dans l'instant lo sort décidera entre nous qui doit vivre ou mourir.

Ecoule donc. A ce duel il faut un motil plus plausible que cette rencontre de celte nuit ; or, ce motif, je veux le le fournir.. . je veux que le monde entier puisse dire : L'un de ces deux hommes devait mourir de la maiu de l'autre; et tu l'apprécieras, ce molif, lorsque tu auras vu quelle est la personne qui se cache dans ce cabinet.

(UiiTrfiirf fait un pat vert te cabinet. Céline te persente à la porte.)

duvernay. Céline I!

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