SCÈNE IX ET DERNIÈRE
LES MÊMES, MAURICE, un Commissaire.
LE commissaire, arrêtant Itaimbault au momml où il vite Duvrrnay. Malheureux ! voulezvous ajouler un crime à ceux dont vous avez déjà à rentlre compte ’
raimru'lt, à part. Maurice! [Il cache le pistolet dans une de ses poches. Avec sang-froid, haut.) Quo voulez-vous, monsieur, el qui vous amène en ces lieux ?
le commissaire. M. Adolphe Duinoul, il faut me suivre.
(Surprise de Céline et de Duvrrnay.)
RAiMBAiii.T. Il y a ici une erreur grave, monsieur; je ne suis pas l'homme que vous venez de nommer.
le commissaire. Quoi ! malgré cel écrit, malgré l'arreslalion de votre complice, nui a tout avoué, vous voudriez persister à nier?
raimbault. [Il regarde la lettre, puis se remet.) Malgré cet écrit.
le commissaire, à Maurice. Agissez donc, monsieur, puisque l'ordre de M. le procureur du roi m’enjoint d'èlre témoin de l'épreuve qu’il vous autorise de tenter. {A Itaimbault ) Quant à vous, monsieur, je vous ordonne, au nom de la loi, de garder le plus profond silence, quoi que vous voyiez, quoi que vous enlendiez.
raimbault, à part. Que veulent-ils faire?
(Maurice, «tir le* premières parole, du commissaire, s’est èloi(jnè ; il rentre bientôt avec Anna, qui donne le bris à Marie el à M. Morin. Anna a un bandeau snr les yeux. A son entrée il se fait un mouvement généré! de surprise.)
raimbault, à part. Oh I je comprends maintenant.
[Il veut parler au commissaire ; celui-ci lui impose silrnce du geste.)
marie. Venez, mademoiselle...
Morin, ri lui. Je ne suis pas fâché de savoir si mon gendre a réussi à lui rendre la vue... j'aime les surprises, moi... Mais quel est ce monsieur?., oh! on ami sans doute.
(Il fait des signes d'amitié à Raimbault.)
anna. Enfin, nous sommes chez Céline.
morin. Que dit-c!lo donc ? mais non.
(Ou lui impute silrnrr.)
anna. Si vous saviez combien j'ai désir de la voir... Elle doit être bien belle... Elle est si bonne... Vous êtes là, n'est-il pas vrai, monsieur Morin ?
morin. Oui, sans doute, mademoiselle. (A part.) Je n’y comprends rien ; mais c'est égal, attendons la surprise.
anna. Pourquoi mon bon ami nous a-t-il quittés?
marie. Rassurez-vous, mademoiselle, nous sommes arrivées. Vous allez voir madame Duvernay. car je l'entends.
(Lr comtnittaire dit un mut lins k l'oreille tic Céline qui «'avance auttitAi vert Auna.)
Céline. Chère Anna, c'est vous...
anna. Céline... Oli ! je suis bien heureuse, allez, j’v vois... Oui, oit I c'est incroyable, et cependant c'est la vérité. J'ai vu mon bon ami. Marie, M. Duvernay-, que ne lui dois-je pas !.. Combien vous devez l'aimer, l[ admirer, lui qui a tant de talenl!.. j'ai vu tout le monde, excepté voire bon père et vous.
Céline. Chère enfant !
anna. Mais je veux vous voir aussi , ma bonne Céline, vous t^ue j'aime tant, à qui j'ai tant de choses à dire , je veux vous voir , malgré la défense de voire mari. Écoulez . je vais éter un moment ce bandeau... rien qu'un moment , le temps de vous apercevoir, et vos traits se graveront là pour la vie. M Duvernay n'en saura rien : allons, ma bonne Marie, aidez -moi raimbault. a part. Malédiction! Que va-t-il se pusser?... Et ce Georges qui a élé assez lâche ..
anna , qui a entendu d'une manière confuse.
Céline, vous n'èles pas seule?
Céline, sur un geste de Maurice. Eh! bien , puisqu'il faut vous le dire , il y a près de nous une autre personne... tin ami... qui vous purte beaucoup d'intérêt.
anna. Mais qui donc?
Céline. Monsieur Raimbault.
anna, troublée. Monsieur Raimbault! Marie...
Marie, conduisez-moi. . ( Dans ce moment Anna se trouve vis-à-vis de Raimbault. Maurice /tasse vivement derrière elle et détache le bandeau.) Ah!... la lumière... Dieu! quelle vive clarté... J'y vois, j’y vois. . Oh! oui .. Céline,