‹ Pays et paysagesChapitre 47 sur 58 · ARRIERE-SAISON · texte numérisé non relu

ARRIERE-SAISON

La douceur humide de cette fin d'automne a trompé les arbres. Quelques-uns se mettent à refleurir. Un prunier, dans l'allée de la vigne, s'est habillé de blanc depuis hier , et , sur l'aubépine, à côté des baies rouges, du « pain d'oiseau» déjà mûr, un bouquet blanc a éclaté ce matin. L'effet en est inquiétant, presque douloureux, à côté de la décomposition déjà avancée des feuil-

lages et des herbes. L'impression de décadence s'aggrave presque, à regarder ces fleurs condamnées à mourir de mort violente, demain, cette nuit peut-être, à la première gelée.

Ce sont, paraît-il, des arbres atteints déjà, déséquilibrés par la maladie , qui se laissent aller ainsi à la douceur de vivre un second printemps. Les autres se ferment prudemment, se réservent; eux n'ont pas le temps d'attendre. Tant pis si cette revie d'une heure épuise leur sève, hâteleur fin de quelques jours... Ils mourront couronnés, parés deleui livrée d'amour...

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