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DÉSIR DE SOLEIL

Frileuse, à l'orée du bois, sous la cépée mouillée de brume, la violette s'éveille au premier souffle du matin, frileuse, frissonnante.

La rosée pleure aux branches sans feuilles ; des vapeurs d'un lilas tendre flottent à la pointe de l'herbe ; la violette frissonne... Oh! ce souffle glacé d'avril! ce matin si pâle qui tremble, nové dans les rosées blanches !

La violette frissonne ; elle ose à peine déplier ses pétales : « Soleil, oh! viens! soupire-t-elle ; viens ! chéri, bien-aimé soleil ! »

Il vient, le soleil printanier, il monte, il éclate, il jette à poignées ses flèches d'or sur la violette et sur le bois et sur la prairie ; et le bois se met à reverdir, et la prairie s'émaille de fleurs, et la violette, pâmée, boit à plein calice la pluie, l'ardente pluie d'or.

La lumière croît, la lumière flambe. Déjà, à l'orée du bois, les fleurs, les douces fleurs de l'ombre se penchent fatiguées. Comme un troupeau de vierges cloîtrées qu'a surprises l'irruption du plein jour, les stellaires inclinent leur tête pudique, et, timide amoureuse, la pervenche, trop tendre, cache dans l'herbe le regard de ses yeux bleus.

Et la violette aussi se penche accablée ; sa tige fléchit, ses couleurs se fanent. Oh! l'heureuse morte d'amour ! Il ne reste d'elle que le parfum, une âme odorante qui monte vers le soleil.

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